Ricco : retour aux sources

Par Jeremy Proux
Lundi 22 mars 2010 - 20:16
Autorisé à recourir depuis le 17 Mars, Riccardo Ricco (Ceramica Flaminia) fera cette semaine son grand retour à la compétition après plus d’un an et demi d’absence, et son éviction du Tour de France 2008. A partir de mardi, le Cobra, 26 ans, retrouvera sa soif de victoire, lui qui a defrayé la chronique – même indirectement – ces dernières semaines, en raison du contrôle positif de sa compagne Vania Rossi. La Semaine Internationale Coppi et Bartali, en hommage aux deux anciens rivaux transalpins qui marquèrent, en Italie comme ailleurs, les années d’après-guerre, sera le théâtre de ce come back. Cette épreuve, qui l’a révélé à ses débuts chez les professionnels, présente déjà un avant-goût de ce que sera le Giro, en mai prochain. Mais pas pour Riccardo Ricco, l’organisation du Tour d’Italie venant de confirmer qu’une invitation ne lui sera pas délivrée.
Côté parcours, du classique
Après Sanremo et la Méditerranée, qui ont consacré, dimanche, l’Espagnol Oscar Freire, c’est au bord de l’Adriatique que débuteront mardi cinq jours de course qui comme de coutume, au regard des profils d’étapes tracées autour de Bologne, devraient sourire à un grimpeur. Seulement, pour pouvoir prétendre s’imposer, et ainsi succéder à Damiano Cunego, vainqueur l’an passé, mieux vaudra compter sur le soutien collectif. Car mardi, deux demi-étapes marqueront une copieuse entrée en matière. Le matin, autour de Riccione, les coureurs auront à gérer l’ascension répétée du Scacciano Via della Grotta, sur un parcours de 81km. L’après-midi, le traditionnel contre-la-montre par équipes de 15km, exercice tout à fait différent mais ô combien exigeant, devrait permettre de dresser une première hiérarchie au sein des principaux favoris.
L’étape du lendemain, en direction de Faenza (175,1 km), ne devrait que confirmer, ou à l’inverse, chambouler cette première approche. Le Monte Casale, associé au Monte Trebio, qui ne constituent pas de réelles difficultés, pourraient permettre aux quelques sprinteurs présents sur l’épreuve, comme Alberto Loddo, Mattia Gavazzi, Francesco Ginanni, Jacopo Guarnieri et Paride Grillo, de se distinguer, avant une étape de vendredi qui ne devrait quant à elle pas leur échapper. Auparavant, la journée de jeudi inaugurera sans aucun doute la grande bataille pour la victoire finale. La montée de Barigazzo, très souvent empruntée par les coureurs du Giro, pourrait ainsi faire office de juge de paix. Placée en fin d’étape, et suivie d’une longue descente vers Pavullo, elle mettra à contribution les coureurs, avec des pourcentages maximaux avoisinant les 11%. Quelques défaillances et autres coups de force ne sont néanmoins pas à exclure samedi, au terme d’une étape usante.
Au lendemain de l’annonce des invitations pour le Giro
En l’absence de Cadel Evans, ancien vainqueur de l’épreuve en 2008, et encore second l’an passé, les organisateurs ont dû miser sur la fidélité des formations italiennes, qui, pour certaines, viennent d’apprendre leur invitation ou non pour le Tour d’Italie. Si Lampre et Liquigas présentent un effectif réduit en qualité en Emilie-Romagne, d’autres ne veulent pas laisser leurs leaders au repos. Androni-Giocattoli, avec Leonardo Bertagnolli, voudra fêter l’obtention du sésame. A contrario, la formation italo-ukrainienne ISD-Neri, des pourtant ambitieux Giovanni Visconti et José Rujano, se présentera dans le but d’oublier sa surprenante non-invitation pour mai. Tous deux constituent les principales chances de victoire d’une équipe très en vue lors de la Primavera, samedi, et qui voudra prouver qu’elle méritait de faire partie du voyage pour Amsterdam. Les formations Carmiooro-NCG (Emmanuele Sella, Paride Grillo) et De Rosa-Stac Plastic (Damiano Caruso), qui étaient également candidates, mais moins médiatiques, entendent également réussir leur semaine pour remonter la barre. En revanche, l’équipe Colnago-CSF Inox de Domenico Pozzovivo sera bien de la partie sur le Giro.
Ricco à la reconquête de l’Italie
Secoué par des problèmes personnels rendus publics, sinon polémiques, par une presse transalpine qui ne lui a toujours pas pardonné ses dérives, Riccardo Ricco serait néanmoins bien inspiré de faire bonne figure, cette semaine. Son équipe Ceramica Flaminia ne sera pas sur le Tour d’Italie, alors toutes les courses de moindre importance sont maintenant décisives, car il est encore possible de se faire inviter en fin de saison sur le Tour de Lombardie. Voir briller le Cobra sur la Semaine Internationale Coppi et Bartali revêtirait un caractère symbolique, tant il entretient avec cette épreuve des rapports privilégiés. A l’orée d’une carrière que chacun lui prédisait glorieuse, il s’y était révélé en 2006, en y décrochant son premier succès chez les professionnels, au terme d’une ultime journée conclue par un succès dans sa ville natale, Sassuolo. Il avait alors devancé Paolo Bettini. L’année suivante, il récidivait, toujours sur ses terres.
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, et Ricco, en quête d’une seconde naissance, s’est vu refuser l’accès à son Tour national. Même si Angelo Zomegnan, organisateur du Giro, l’avouait presque explicitement, les probabilités de le voir évoluer en mai prochain avec sa formation Ceramica Flaminia, sur les routes transalpines s’amenuisaient de jour en jour : « Dans le passé, nous avons placé notre foi en des coureurs qui ne le méritait pas, comme cela a pu être révélé plus tard (en référence à Danilo Di Luca, entre autres). De cette expérience, nous avons appris que quiconque est appelé à être invité au Giro devra être patient pendant une certaine période ». L’allusion à l’ancien coureur de Saunier Duval prenait alors tout son sens.
L’intéressé, lui, s’en défend, en avançant que sa cote de popularité auprès des « vrais tifosi » est restée intacte. « Je pense qu’ils me voient comme un jeune coureur alors âgé de 23 ans qui avait commis une erreur, mais à qui ils souhaitent de pouvoir reprendre la compétition. Il y a bien sûr d’autres types de fans de cyclisme, mais c’est comme ça que je vois les choses », avouait-il à cyclingnews il y a quelques jours. Cette semaine consacrera en tout cas le retour des bannis. Car au détour d’un virage, l’Italien pourra croiser un certain Michael Rasmussen (Miche), revenu lui aussi à la compétition en début d’année.

2009 –
CUNEGO Damiano
2008 -
EVANS Cadel
2007 –
SCARPONI Michele
2006 –
CUNEGO Damiano
2005 –
PELLIZOTTI Franco
2004 –
FIGUERAS Giuliano
2003 –
CELESTINO Mirko
2002 –
CASAGRANDE Francesco
2001 –
IVANOV Ruslan
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crédit photo : teamflaminia












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