Quick Step, objectifs inchangés

Par Alexandre Philippon
Jeudi 14 janvier 2010 - 7:59
La saison 2009 de la Quick Step aura été la première sans Paolo Bettini depuis 2002. Le Grillon, vainqueur pour l’équipe belge de 9 courses d’un jour majeures en six saisons, y compris deux championnats du monde, permettait par sa seule présence dans l’effectif de garantir une année réussie, avec au moins un succès de prestige dans la musette. Une fois l’Italien parti, il a fallu catapulter à un rôle de leader Stijn Devolder, fort de son succès sur le Tour des Flandres 2008. Mission accomplie : le Flahûte a gardé son dû, signant un fabuleux doublé dans l’épreuve qui fait office d’objectif majeur de l’année pour Quick Step. Le deuxième grand défi était de remporter à nouveau Paris-Roubaix avec Tom Boonen, et cela a été réalisé avec brio, le dimanche suivant l’exploit de Stijn. En l’espace d’une semaine, la formation de Lefévère était parvenue à réaliser pour la seconde année de rang le doublé sur les deux classiques du Nord. Le deuil de Bettini est définitivement fait : les deux Flamands ont assuré et aura été à la base d’une des saisons les plus réussies de leur sponsor, avec par ailleurs des victoires sur le Klasika San Sebastian (Carlos Barredo) et le Tour Down Under (Allan Davis). Mais 2009 aura également été l’exercice qui a vu Quick Step se cloisonner autour de deux courses. Depuis que le Transalpin n’est plus là, les arrivées de Meerbeke et Roubaix sont devenues clé. Deux juges de paix sur lesquels des échecs amèneraient à dresser un bilan négatif dès avril.
Alors en 2010, la pression sera immense. L’équipe Belge possède les deux coureurs les plus efficaces sur les courses pavées, qui totalisent à eux deux 3 Paris-Roubaix et 4 Tour des Flandres. Ne pas gagner ces deux courses serait faire moins bien que les deux saisons précédentes, alors ils n’auront pas le droit à l’erreur. Ces épreuves étant si aléatoires, il va falloir répondre présent non seulement le jour J, mais aussi à l’heure H, à la minute M. Un mauvais placement de Tom Boonen à l’entrée du Vélodrome pourrait gâcher la saison de son sponsor. Le genre de responsabilités qui peut détruire un coureur. Tout lien avec des évènements passés ne serait pas coïncidence : Quick Step attend tellement de ses têtes d’affiche que ces dernières ont pour obligation de tout maîtriser 365 jours par an pour être compétitif au moment important. Une telle situation n’existerait pas si l’effectif comptait également des chasseurs de classiques vallonnées ou des bêtes à Grands Tours. Mais ce n’est pas ou plus le cas. Alors l’objectif 2010 sera également de progresser nettement sur ces terrains-là. Des garçons comme Carlos Barredo, Sylvain Chavanel ou Jérôme Pineau, qui arrivent tous à maturité, vont devoir cette saison accrocher des podiums sur des courses de premier plan. Le succès du premier nommé à San Sebastian l’an passé était magnifique, mais n’aurait pas suffi à satisfaire l’employeur si Boonen et Devolder n’avaient pas dominé la semaine pavée. La question des épreuves de trois semaines est elle-aussi délicate. Quick Step n’a plus de leader pour ce type de joutes depuis un bail. L’ambition semble être de s’attacher les services d’Alberto Contador pour 2011, mais en attendant, sur qui compter ? Stijn Devolder ne peut pas être partout et risque de ne pas pouvoir décrocher un top 5 de « GT » tant qu’il devra également avoir les Flandriennes en tête.
Il va donc falloir miser sur des jeunes pour créer une émulation et arriver à ses fins. Ils sont heureusement nombreux. Ancien vainqueur de Liège-Bastogne-Liège chez les moins de 23 ans, Branislau Samoilau peut être le futur fer de lance de l’équipe pour les Ardennaises. Un rôle auquel prétend également Dries Devenyns, ultra offensif sur ces épreuves l’an passé et qui à 26 ans devrait passer un cap. Dans un autre style, Dario Cataldo a le talent pour rivaliser avec plus vieux, lui qui a 24 ans a déjà accumulé pas mal d’expérience. Sur le terrain des classiques pavées, Wouter Weylandt a encore du travail. Déjà très bon dans l’exercice du sprint, il doit encore développer son coffre pour tenir sur des courses comme le Ronde. Mais le vrai joyau à polir chez Quick Step, c’est Kevin Seeldraeyers. 7e de Paris-Nice et 14e du Tour d’Italie l’an passé, il a déjà des références sérieuses à faire valoir. Âgé de seulement 23 ans, on ne peut encore trop attendre de lui, mais le potentiel est plus que jamais présent. A terme, le natif de Boom pourra également prétendre à briller sur les Ardennaises. Tout le monde le voit, dans le plat pays, comme le prochain Belge à courir le Tour pour y briller au classement général. De bon augure pour Quick Step, qui admettons-le, est loin d’être en danger. Cette équipe est juste tellement ambitieuse et stricte dans ses objectifs qu’elle devient facilement critiquable. Mais elle a tout pour être l’une des écuries les plus couronnées de 2010.







Demain, présentation de l’équipe…