Quatre jours de rattrapage pour les flandriens

Par Fabien Rideau
Mardi 4 mai 2010 - 16:04
Configuration inédite pour cette 56e édition des Quatre jours de Dunkerque : malgré un positionnement défavorable dans le calendrier – coincée entre le Tour de Romandie et le Giro, et située à une période où les spécialistes des flandriennes préfèrent récupérer de leurs campagnes – elle présente un parcours très attrayant. Fini le contre-la-montre décisif, réduction du nombre de jours de course (de six à cinq) et des étapes aux difficultés plus équilibrées et aux pièges plus denses que les précédentes éditions.
Parcours : un danger de tous les instants
Pas de répit pour les prétendants à la victoire finale : aucune étape ne présente un profil où le peloton pourra musarder. Les coureurs rentreront toutefois crescendo dans le vif du sujet par une traversée des Fandres françaises pour revenir sur Bray Dunes, théâtre de la première arrivée qui pourrait sacrer le sprinteur qui aura su se jouer d’éventuelles bordures créées par le vent à l’approche du littoral.
Méfiance également entre Coulogne et Auby, le lendemain, avec un circuit final éprouvant proposant la côte de Mons en Pevele à deux reprises dans les trente derniers kilomètres. Un final pour puncheur pour ce qui constituera l’étape la plus longue de la semaine et de quoi, déjà, réaliser quelques écarts…
Vendredi, étape inédite exclusivement dessinée sur le territoire belge entre Ménin et Ypres, qui présentera la particularité de proposer à trois reprises l’ascension du Mont Kemmel par sa voie Ouest (passages à près de 19% dans les 300 derniers mètres). Là encore, de quoi écrémer le peloton et produire des écarts ; les vingt derniers kilomètres rejoignant Ypres seront certainement l’occasion de poursuites entre ceux qui se seront fait la belle et les équipes (ou ce qu’il en restera…) de sprinters survivants.
Traditionnelle étape du Mont Cassel samedi où le dénouement de l’épreuve se jouera. Les organisateurs ont poussé la difficulté jusqu’à ajouter aux six ascensions habituelles 24 bornes de secteurs pavés… Autant dire que le tracé promet une course très spectaculaire avant l’arrivée habituelle des Quatre jours le dimanche, à Dunkerque, sur un circuit dévolu aux sprinteurs.
L’expérience ou la fougue ?
Qui pour succéder à Rui Costa, la révélation portugaise de 2009 qui avait construit sa victoire sur le chrono ? Inscrite à l’Europe Tour, l’épreuve réunit cette année dix formations Pro Tour (ce qui en dit long sur l’attachement des staff à ce monument sous-côté du cyclisme français), sept équipes Continental Pro et nos trois Continentales nationales.
Pour le général, il parait hasardeux de s’en remettre aux performances des éditions précédentes tant le parcours de cette année est bien plus piège et sans effort solitaire. Tout ce que l’on peut dire, c’est que lauréat final devra être vigilant, constant et soutenu sans failles par ses coéquipiers, notamment sur l’étape du Kemmel.
Dans ces conditions, certaines équipes semblent bien plus homogènes que d’autres. Les Omega Pharma par exemple, qui auront à choisir entre Jurgen Roelandts et Greg Van Avermaet, plutôt discrets lors des flandriennes. La française des Jeux dispose elle d’une armada de spécialistes des courses du nord : l’expérimenté Frédéric Guesdon, le bouillonant Johann Offredo ou Matthieu Ladagnous, vainqueur en 2007 en plus des « ardennais » Benoît Vaugrenard ou Anthony Roux. Stijn Devolder sera le leader désigné de la Quick Step, mais peut être un peu seul pour se racheter auprès de Patrick Lefevère de sa décevante campagne des Flandriennes. Pierrick Fedrigo, qui a toujours affectionné cette épreuve, l’emportant en 2005 et prenant la troisième place en 2008, sera protégé par ses coéquipiers de la Bbox Bouygues Telecom. Enfin, les représentants de Saur tenteront de décrocher la victoire de prestige qu’il leur manque en 2010 en comptant sur Jérôme Coppel, Cyril Lemoine ou Laurent Mangel.
Les surprises pourraient bien provenir des Chambériens d’AG2R La Mondiale qui, avec David Le Lay, dauphin de Rui Costa l’an dernier, Lloyd Mondory, un des meilleurs français lors des grandes classiques d’avril et le jeune sprinter belge Kristof Goddaert, tenteront de faire oublier les affaires qui touchent la formation de Vincent Lavenu. Attention également aux révélations de ce début de saison comme Alex Rasmussen (Saxo Bank) ou Robert Kluge (Milram), aux espoirs de la formation HTC-Columbia comme Jan Ghyselinck ou Rasmus Guldhammer et aux locaux Kevyn Ista (Cofidis), Stijn Vandenbergh (Katusha), Sep Vanmarcke et Kris Boeckmans (Topsport Vlaanderen) ainsi que les français Cédric Pineau et Florian Vachon.
S’agissant enfin des sprinteurs, ils pourraient bien ramasser les miettes laissées par les puncheurs. On surveillera lors des première et dernière étape José Joaquin Rojas (Caisse d’Epargne), Leigh Howard (HTC), Juan José Haedo (Saxo Bank), un Gerald Ciolek (Milram) en convalescence, Danilo Napolitano (Katusha), Koldo Fernandez (Euskaltel). Mais aussi la crême des finisseurs français comme Sébastien Chavanel (Française des Jeux), Saïd Haddou (Bbox Bouygues Telecom), Romain Feillu (Vacansoleil), Jimmy Casper (Saur-Sojasun), Stéphane Bonsergent et Lilian Jegou pour Bretagne-Schuller, Arnaud Molmy, le redoutable Benoît Daeninck pour les Roubaix – Lille Métropole et enfin Fabien Bacquet chez Big Mat – Auber 93.

2009 –
DA COSTA Rui Alberto
2008 –
AUGE Stéphane
2007 –
LADAGNOUS Mathieu
2006 –
PETITO Roberto
2005 –
FEDRIGO Pierrick
2004 –
CHAVANEL Sylvain
2003 –
MOREAU Christophe
2002 –
CHAVANEL Sylvain
2001 –
ROUS Didier
2000 –
RITTSEL Martin

Mercredi 5 mai : 1e étape, Dunkerque – Bray-Dunes, 144 km
Jeudi 6 mai : 2e étape, Coulogne – Auby, 196 km
Vendredi 7 mai : 3e étape, Menin – Ypres, 189 km
Samedi 8 mai : 4e étape, Merville – Cassel, 181 km
Dimanche 9 mai : 5e étape, Ardres – Dunkerque, 179,5 km
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Photo : 4joursdedunkerque.com







