Pour sa 60e édition, le Tour de Reggio-Calabria fait peau neuve, stoppant sa formule “course d’un jour” pour revenir à une véritable épreuve par étapes. Quatre journées de course qui lanceront la saison transalpine, avec samedi le premier départ de 2010 sur le sol européen. La succession de Fortunato Baliani, vainqueur en 2009 devant Fabio Taborre et Francesco Failli, se joue donc sur un nouveau format, fort d’un parcours plus sélectif, propice à des scenarii moins aléatoires. De quoi favoriser la victoire d’un coureur de renom, et ainsi offrir un peu plus de standing au palmarès récent de l’épreuve, réapparue au calendrier mondial en 2008 après une décennie de difficultés d’organisation.
Lauréat en 1950 – il y a pile 60 ans -, Fausto Coppi est à l’honneur sur cette compétition, qui fait office de mémorial pour le champion cycliste le plus marquant de toute l’histoire de la Botte. Il n’est pas le seul grand nom à avoir gagné dans le sud de l’Italie. Gino Bartali s’y imposait en 1952, Francesco Moser en 1974, Moreno Argentin en 1988. Michele Bartoli, déjà sacré en 1996, avait gagné la dernière édition d’avant-pause, en 1998. Le dernier étranger à avoir conquis la victoire ici est Suisse et se nomme Pascal Richard. L’ancien champion olympique a ainsi imité son compatriote Tony Rominger, premier en 1987. Le Norvégien Knut Knudsen (1978) et le Belge Walter Godefroot (1970) sont les deux autres non-italiens à apparaitre dans le palmarès d’une course qui sourit presque systématiquement à un élément local.
Tout ça pour dire qu’une fois de plus, les Tricolori devraient se tailler la part du lion sur les routes avoisinantes du détroit de Messine. Avec la présence de dix formations presque totalement composées de coureurs du pays, difficile de remettre en cause cette hégémonie. Au départ, on retrouvera Daniele Pietropolli, qui est avec Baliani le seul ancien vainqueur – c’était en 2008 – à participer à cette édition 2010. Désormais chez Lampre, il roulera avec Alessandro Petacchi, qui lui aussi a quitté Team LPR cet hiver. Ale Jet fera sa première apparition chez les bleu-et-fuchsia. Il s’est semble t-il efficacement préparé et prétend à au moins un succès d’étape, tandis que sa formation attend également beaucoup de Simone Ponzi. En sursis vis-à -vis de l’UCI quant à sa situation statutaire, l’équipe de Damiano Cunego, absent ici, voudra certainement faire parler d’elle pour cette entrée en matière.
La rivale Liquigas, structure la plus performante du pays sur le plan international, se déplace sans aucune de ses stars. Ivan Basso, Franco Pellizotti, Roman Kreuziger et Vincenzo Nibali - vainqueur récent du Tour de San Luis – ne sont pas présents, tout comme Daniele Bennati. L’expérimenté Manuel Quinziato mènera la troupe, entouré de deux coureurs qui ont participé au Tour Down Under, le puncheur Mauro Finetto et le sprinteur Jacopo Guarnieri. Peut-être un peu juste pour prétendre à la victoire ici, ce dernier devra composer d’une part avec Alessandro Petacchi, mais aussi avec le rapide Mattia Gavazzi (Colnago). Deux coureurs de deux générations différentes : le duel les opposant devrait animer les deuxième et quatrième étapes, promises à un sprint massif. Mais les deux autres jours, museler les attaquants risque d’être une affaire compliquée.
L’arrivée de samedi à Cosenza est rendue compliquée par la présence d’une sérieuse montée dans la dernière heure de course. Avec seulement 23 kilomètres roulants pour rallier la ville-arrivée, une bataille entre peloton et fuyards s’annonce déjà décisive pour le classement général. Puis le lundi, c’est une arrivée en côte qui devrait finir d’éliminer les plus piètres grimpeurs. Un final pentu à Catanzaro, que le Tour d’Italie 2008 n’avait pas voulu emprunter, sur lequel la course va se jouer. Ce terrain risque d’avantager des spécialistes des semi-classiques transalpines, comme Giovanni Visconti, l’ancien champion d’Italie, ou Santo Anza, le leader de l’équipe Ceramica Flaminia. Deux coureurs seront également observés de près : Emanuele Sella, de retour de suspension, reprend la compétition sous les couleurs de Carmiooro, tandis que Michael Rasmussen, lui aussi ex-banni, enchaîne après un Tour de San Luis qui l’a vu terminer dans le top 10.
L’épreuve a eu lieu en 2003, 2004 et 2005 mais l’organisation actuelle ne comptabilise pas ces éditions dans le palmarès officiel de l’épreuve.
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Crédits photo : Lampre Farnese







