Paris-Nice, qui démarre dimanche, a souvent été une course pour vieux briscards. Au cours de cette décennie, Davide Rebellin l’a gagnée à 37 ans, Bobby Julich à 34 ans. En 2007, Alberto Contador était le premier coureur depuis neuf ans et Franck Vandenbroucke à inscrire son nom au palmarès alors qu’il avait moins de 25 ans. Sicard, Boom, Sagan, Feillu, Rolland et Taaramae sont encore plus jeunes que cela : ils n’aspirent pas à gagner l’épreuve française, mais feront tout pour y briller et prouver que leur avenir est doré.
Sicard, pour apprendre
Il a beau être néo-professionnel, Romain Sicard suscite beaucoup d’attentes dès ce début de saison. Il faut dire qu’il sait s’y prendre pour faire parler de lui : à l’attaque le samedi comme le dimanche, sur le récent Tour du Haut-Var, il a terminé meilleur grimpeur de l’épreuve. Pour ses premières semaines à ce niveau, le champion du monde espoirs n’hésite pas à prendre les échappées, comme pour que le public s’habitue à sa silhouette, et lui, à l’adversité. Cependant, pour Paris-Nice, il sera très difficile de rester constant de la région parisienne à la Côte d’Azur. Le classement général se joue avec la régularité, et donc l’expérience. Et le Basque pourrait donc avoir plus de réussite s’il visait dans un premier temps des objectifs à sa portée : animer la course, et pourquoi pas gagner une étape. Le terrain lui correspond, et puisqu’il a participé au Tour Down Under, il ne vient pas ici dans l’inconnu. Il y aura forcément une journée sur laquelle il pourra jouer les premiers rôles.
Boom est obligé d’exploser
Attendu comme un cador depuis son double titre de champion des Pays-Bas en 2008, sur l’épreuve en ligne et le chrono, Lars Boom a maintenant 24 ans, et doit commencer à se faire une place dans une équipe Rabobank généralement peu patiente avec ses éléments formés dans l’équipe réserve. On l’a vu à l’attaque lors du Het Nieuwsblad, à un moment clé de la course : sorti en solo du groupe des favoris, il n’a pas réussi à tenir, mais a affiché toute son envie et une condition physique intéressante. Depuis sa victoire d’étape sur la dernière Vuelta, le Batave semble sur les rails d’une éclosion au plus haut niveau, perspective logique pour un potentiel énorme. Reste à cerner son profil. Quand on a été champion du monde de cyclocross, mais aussi champion du monde sur route, chez les espoirs, dans la spécialité du contre-la-montre, c’est que l’on est capable de briller sur de nombreux terrains : des prologues à la moyenne-montagne. Tenez donc, c’est exactement ce qu’il y a au menu de Paris-Nice …
Sagan, on va savoir
Parmi les meilleurs cycrossmen chez les juniors, et le meilleur vététiste dans cette catégorie d’âge, Peter Sagan a vite fait son choix : passer pro sur la route dans une grosse écurie, Liquigas, et ainsi sauter la case “espoirs”. Il nous a subjugué sur le Tour Down Under, sa première course au haut-niveau. On parle quand même d’un coureur qui a suivi Alejandro Valverde et Cadel Evans sur la montée de Willunga, en Australie, alors qu’il n’avait que 19 ans. Depuis, il s’est fait rare, mais après un bon Kuurne-Bruxelles-Kuurne, il est probable qu’il soit très actif lors de Paris-Nice. La Course au Soleil sera un révélateur pour le Slovaque, qui pourrait s’avérer être l’une des meilleures promesses du peloton s’il venait à rivaliser avec les meilleurs dans le Sud de la France. Les longs cols du parcours devraient l’empêcher d’être un acteur de la lutte pour le classement général, mais ses dispositions à l’attaque peuvent en faire l’un des coureurs les plus en vue des huit journées de compétition.
Feillu doit se muer en leader
Très populaire depuis son succès d’étape sur le Tour de France 2009, à Andorre-Arcalis, Brice Feillu a depuis – comme son frère – mis les voiles du côté des Pays-Bas et de Vacansoleil. L’objectif du jeune français a été déclaré fin janvier : viser “une place dans le top 10” du Tour de France. Encore faut-il y être invité, alors Paris-Nice devra être l’occasion de marquer des points. L’équipe batave manque d’un leader pour les Grands Tours, et Feillu peut être celui-ci. Mais dans combien de temps ? Peut-il y parvenir à court terme ? A lui de le prouver dès cette semaine. On l’a beaucoup vu échappé sur la Ruta del Sol, dans la lignée de débuts 2010 encourageants sur le Grand Prix La Marseillaise. Maintenant, il faut apprendre à jouer un général, à être régulier et concurrencer les meilleurs sans avoir à anticiper les débats. Et aider Vacansoleil – victorieuse au Tour du Qatar et sur Kuurne-Bruxelles-Kuurne – à continuer sur sa lancée.
Rolland, discrètement
Âgé de 23 ans, Pierre Rolland sera l’un des plus jeunes au départ de Paris-Nice. Et pourtant, il a déjà trouvé le temps d’y briller. En 2008, pour sa deuxième saison pro, il se classait trois fois dans le top 10 d’étapes de l’épreuve française, pour finalement terminer 13e du classement général. Certes, le natif de Gien n’a pas gagné le moindre succès en 2009, après son arrivée chez Bbox-Bouygues Telecom, et certains auront vite conclu que l’on l’avait trop vite étiqueté future fer de lance hexagonal dans les montagnes. Mais mine de rien, discrètement, il apprend : 12e du Critérium du Dauphiné Libéré l’an passé, il se rapproche du top niveau. Le déclic arrivera bien un jour pour ce qui est de gagner des courses, mais en attendant, la France se cherche un spécialiste des classements généraux, et Pierre Rolland fait son trou dans ce type de combats. De mieux en mieux après s’être montré à l’avant de la course sur le Tour de Sardaigne, il va constituer avec Pierrick Fédrigo, sur la prochaine Course au Soleil, un duo qui peut valoir le détour.
Taaramae, prêt à jouer le podium ?
Rein Taaramae est un monstre. Son ami et coéquipier, Kalle Kriit, nous disait début février qu’il était “motivé pour Paris-Nice“, le premier gros objectif de sa saison. Ce sera donc l’occasion de voir à quoi l’on peut s’attendre en 2010 pour l’Estonien. Pour lequel il n’est plus opportun de parler de potentiel : il est clair et net qu’il a les cannes pour gagner une course de ce niveau, dès cette année. Sur le Tour du Haut-Var, alors vouée à des tâches collectives, il avait condamné à lui seul l’échappée de Pierrick Fédrigo. Il n’est pas dit que l’on se sacrifie pour lui chez Cofidis, avec Julien El Farès et Rémi Pauriol également intéressés par le classement général, mais après l’étape de Mende, il pourrait bien avoir convaincu les siens de tout donner pour lui. Rein Taaramae n’est pas sans rappeler l’Alexandre Vinokourov de l’époque Casino, et le Kazakh avait à cette période une course fétiche : Paris-Nice.




Brice Feillu a aussi gagné les grimpeurs à ruta del sol
Bien vu ! S’il faisait la même chose sur Paris-Nice ce serait déjà pas mal !
Sicard n’est pas néo-pro
l’an dernier il était déjà professionnel chez Orbea (Continental).
C’est vrai ! Mais dans l’esprit, même s’il a déjà une victoire pro au compteur, son arrivée chez Euskaltel correspond à son vrai passage pro. Il a surtout couru à l’échelon inférieur l’an passé, il est champion du monde espoirs… Il passe la vitesse supérieure maintenant.
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