Paris-Nice, qui démarre dimanche, est la première grande course par étapes de la saison. Et comme elle a lieu en France, c’est souvent l’occasion pour les Bleus de se montrer, même si la dernière victoire française dans l’épreuve remonte à 1997 et la troisième victoire de rang de Laurent Jalabert. Ces dernières années, néanmoins, les Français se remettent à briller régulièrement sur la Course au soleil, que ce soit au sprint, en montagne, ou ailleurs. Cette année encore, ils seront quelques-uns à vouloir tout particulièrement se montrer, et ils ont des raisons d’y croire.
Le rêve de Chavanel
En janvier, Sylvain Chavanel le claironnait haut et fort : “Je vais essayer de gagner Paris-Nice“. Rien que ça. Sur le papier, ce n’est pas si impossible. L’an passé, le coureur de l’équipe Quick Step a pris la 3e place, son meilleur résultat sur la course au soleil, où il a toujours brillé. Paris-Nice est parfaitement située pour lui, juste à l’aube de la période des classiques, pendant laquelle il rêve de remporter un grand succès. Enfin, surtout, ses caractéristiques sont celles d’un vainqueur de la course au soleil : bon partout, dur au mal, capable de courir par 0° le lundi et 25° le mardi. Son seul point faible, la haute montagne : ça tombe bien, pas de Ventoux ou autre au programme cette année. Le problème (ou l’enfer), finalement, c’est les autres : ces Contador, Sanchez, qui grimpent et qui roulent un tout petit peu mieux. Chavanel doit compter sur sa vista, sa malice pour les devancer. L’an dernier, seuls Luis Leon Sanchez et Frank Schleck l’avaient précédé à Nice. Chavanel devançait lui des Contador, des Colom, des Monfort. Alors pourquoi pas ?
Fédrigo veut réussir son début de saison
Pierrick Fédrigo est plutôt un homme de l’été. Ses meilleurs résultats, il les a plutôt obtenu en mai, juin et juillet. En tout cas, pas sur Paris-Nice, où il n’a jamais brillé. Mais cette saison, les choses semblent différentes. Bbox a des ambitions sur ce Paris-Nice, et Fédrigo fait partie du plan. L’idée est aussi d’aller, ensuite, se mesurer aux meilleurs punchers sur les ardennaises, ces courses qui semblent dessinées pour l’ancien champion de France mais où il n’a jamais marché non plus. Pour la première fois depuis longtemps, Fédrigo a fait un mois de février prometteur : 5e du Tour du Haut Var après sa 2e place le deuxième jour, sur le terrible mur de Montauroux, il vient de terminer 2e des Boucles du Sud Ardèche, derrière Riblon. 18e de Paris-Nice en 2007, Fédrigo a deux objectifs : faire mieux, et remporter une étape. Avec Rolland, il devrait former un duo français à suivre au sein de l’équipe de Jean-René Bernaudeau.
Dumoulin pète le feu !
C’est l’homme en forme du moment. D’ailleurs, notre rédaction l’a élu coureur français de février. Quatre victoires en deux mois : à 29 ans, et pour sa neuvième saison pro, Samuel Dumoulin a déjà égalé son record de victoires en une saison, qui remontait à 2008. Il lui reste dix mois pour le dépasser… Mais Sam ne veut pas attendre aussi longtemps : quel meilleur endroit que Paris-Nice pour passer la cinquième ? Depuis début 2010, le lutin – il fait 1 m 59 – exploite à merveille sa pointe de vitesse dans les sprints, lui qui possède la faculté de bien passer les bosses également, comme sa 2e place sur la première étape du Tour du Haut Var est venue le rappeler. C’est sûr, les sprinters seront légion sur la course au soleil, et soyons honnêtes, Dumoulin ne peut pas rivaliser avec Greipel and co. Mais il y a des étapes accidentées sur lesquelles le coureur de la Cofidis sera un des seuls sprinters à suivre la cadence et à rester accroché au bon wagon. Il pourrait se faire un malin plaisir de tous les coiffer sur la ligne d’arrivée.
Le nouveau statut de Le Mével
2009 aura été l’année de la révélation pour Christophe Le Mével : 10e de Paris-Nice en mars, du Dauphiné Libéré en juin puis du Tour en juillet, il a gravi les échelons au fur et à mesure du temps, confirmant sur la durée sa progression. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il à bien fait de signer à la Française des Jeux. Libéré de ses contraintes d’équipier, il s’est mué en leader efficace. Le voilà de retour sur le lieu de son éclosion, Paris-Nice, avec un objectif : un nouveau top 10. L’année 2010 a redémarré de la meilleure des façons, avec une démonstration sur la deuxième étape du Tour du Haut Var (plus le général final), son premier succès depuis cinq ans et une étape du Giro, qui était jusque là sa seule victoire pro. Le Costarmoricain aborde donc cette course au soleil en confiance et franchement, vu ce qu’est devenu Christophe Le Mével depuis début 2009, il y a de l’argent à gagner en pariant sur un nouveau top 10 !
El Fares monte en puissance
L’an dernier, à 23 ans, Julien El Fares explosait sur les routes de Tirreno-Adriatico. En remportant la première étape échappé, d’abord. Mais surtout, en défendant par la suite de la plus belle des manières son maillot de leader, prenant notamment une incroyable 6e place au sommet du terrifiant mur de Montelupone. Finalement 14e de la course aux deux mers, El Fares a par la suite plutôt confirmé, prenant la 4e place du Circuit de la Sarthe et remportant le Tour de Wallonie. Pour sa troisième saison chez Cofidis, le natif de Manosque est désormais attendu. A défaut de pouvoir revenir sur la terre de ses exploits, Cofidis n’ayant pas été invitée sur Tirreno, le voilà aligné sur Paris-Nice. Où il sera une des pointes de la formation nordiste, avec Pauriol et Taaramae. Le Provençal a sa carte à jouer ; son début d’année est très prometteur. 10e du Tour Méd, où il a remporté une étape tronquée et terminé 7e au Faron, puis 3e du Tour du Haut Var après avoir termine dans les 10 les deux jours de course, 10e enfin le week-end dernier sur le GP Insubria, ses premiers résultats donnent une impression de montée en puissance. A suivre.
Casper veut confirmer
Jimmy Casper tient sa revanche. A 31 ans, après six saisons à la Françaises des Jeux et trois chez Cofidis, le sprinter a dû se contenter d’équipes de rang inférieur : Unibet, puis Agritubel, puis Besson Chaussures. Devenue Saur, cette dernière porte chance à Casper. La saison 2009 a été riche en succès pour le Picard, vainqueur de quatre manches de la Coupe de France et de son classement final. Casper rêve de retourner sur le Tour, se frotter aux meilleurs sprinters mondiaux, lui qui avait levé les bras à Strasbourg, en 2006. Il faut pour cela que Saur-Sojasun soit invitée sur la grande boucle, ce qui passe par un Paris-Nice réussi. Quoi de mieux qu’un succès de Casper pour mettre l’équipe sur les bons rails ? Jamais vainqueur sur la course au soleil, le Français a sa carte à jouer. Il a prouvé, en remportant la première étape du Tour d’Oman devant Boasson Hagen, Chicchi ou encore Farrar qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs sprinters du monde. Briller en Oman, c’est bien ; mais en France, c’est encore mieux.



