Etoile de Bessèges, mode d’emploi

Par Alexandre Philippon
Mercredi 3 février 2010 - 12:47
C’est une édition 2010 de l’Etoile de Bessèges plutôt pâle qui se profile en termes de plateau : pas de grosses têtes d’affiche à déclarer. Les noms du peloton vont à Majorque, au Qatar, ou reviennent d’Australie. Et le tout frais label Coupe de France du Grand Prix La Marseillaise a poussé plusieurs équipes à user quelques cartouches dimanche, et attaquent l’autre épreuve du coin avec une compo moins relevée. Reste qu’une formation semble en mesure de dominer les débats : Bbox Bouygues Telecom. Pour la bonne et simple raison que les hommes de Jean-René Bernaudeau ont toujours su briller sur l’épreuve sudiste. Quatre coureurs sur les deux derniers podiums, dont les deux vainqueurs, Thomas Voeckler et Yury Trofimov : c’est un ratio solide, qui atteste de la motivation affichée par l’armada vendéenne sur l’Etoile. Un état d’esprit qui risque d’être une fois de plus d’actualité cette semaine.
Bessèges, ce sera l’occasion pour le peloton de participants d’aligner les kilomètres de course, d’enchaîner les étapes afin d’affiner sa condition physique. Ce sera surtout une opportunité de démarrer l’année avec un succès : cinq occasions de lever les bras sur des tracés certes pas assez difficiles pour éliminer les moins bons grimpeurs, mais suffisamment sélectifs pour tailler la part belle aux plus offensifs. Tout coureur bien décidé à aller de l’avant peut terminer la semaine avec une victoire. Alors plateau de renom ou pas, Bessèges restera Bessèges : une course animée et révélatrice de talents intéressants. Et mine de rien, elle sacre toujours un coureur de qualité. Depuis 10 ans, neuf vainqueurs de l’épreuve par étape ont ensuite à nouveau gagné durant la saison. Seul Freddy Bichot, en 2005, n’avait pas réussi à connaître le succès dans les 11 mois suivants son triomphe du Gard.
Chaque jour, une opportunité
Petit zoom sur le tracé de cette compétition. Malheureusement, l’organisation est l’une des rares à notre époque à ne pas avoir de site internet, ni de profils d’étapes. Mais il est néanmoins aisé de présenter en diagonale le parcours de ces cinq journées de course. Mercredi, un circuit taillé pour les sprinteurs, long de 19,5 kilomètres sera emprunté 7 fois entre Aigues-Mortes et le Grau-du-Roi, sur des routes qu’avait visité le Tour de France l’an passé. Jeudi, c’est à nouveau un circuit qui sera proposé au peloton, après une portion en ligne en provenance de Nîmes. Une arrivée à Saint-Ambroix qui pourrait sourire aux audacieux. Vendredi, encore une conclusion en circuit, autour de Bagnols-sur-Cèze. Cette fois-ci bien plus aléatoire, il donnera lieu à une traditionnelle bataille entre peloton et attaquants, le succès devant se jouer aux secondes.
Samedi, on hausse le ton, et là, on peut avoir des écarts plus conséquents. Autour d’Alès, en passant tout près de Bessèges, des routes avec pas mal de relief viendront durcir la course. Les principales difficultés ne seront pas forcément placées de la plus redoutable des manières, mais la sélection pourra se faire, surtout dans la Forêt de Rouvergue. C’est sur cette journée que la course s’était jouée en 2009. Et le dimanche, ce sera la ville de Bessèges qui sera mise à l’honneur avec une boucle finale pas vraiment sélective, mais qui fera office de dernière chance pour briguer un succès ou aller bouleverser le classement général. Toute la semaine, il faudra faire preuve d’attention, d’opportunisme, et le coureur qui saura faire la différence sur l’une ou l’autre des étapes devra compter sur une équipe solide pour contrôler un peloton toujours hyperactif sur cette épreuve. Tout le monde aura des fourmis dans les jambes, alors il ne faudra pas chômer à Bessèges.
Hivert sur sa lancée ?
Ce sont donc les équipes françaises qui arrivent les mieux armées. Avec Voeckler – qui se dit en retard dans sa préparation -, Fédrigo et Rolland, la BBox a de quoi faire sauter le verrou plus d’une fois ; ajoutez-y Bonnet pour les sprints, et vous avez une équipe capable de tout rafler. Même constat à la Française des Jeux : Casar, Geslin et Vaugrenard dans le rôle des fauteurs de troubles, Sébastien Chavanel dans celui du sprinter. Le Lay et Roche formeront également une paire de choc du côté d’AG2R. Dans les autres formations tricolores, Samuel Dumoulin (Cofidis) a fait état de sa forme sur le GP la Marseillaise et pourrait trouver un terrain à son goût cette semaine ; idem, évidemment, pour Jonathan Hivert (Saur-Sojasun), vainqueur dimanche ; idem aussi pour Clément Lhotellerie, qui commence sa deuxième carrière chez Roubaix.
Dans les équipes étrangères, c’est souvent le désert. Chez Astana, Gasparotto et Grivko (13e sur le Down Under) seront présents, mais avec quelle motivation ? Chez Sky, Calzati sera le petit frenchie qui voudra se montrer. Chez Vacansoleil, Hoogerland pourrait confirmer son très bon GP la Marseillaise, et Bozic survoler les sprints. Enfin, chez Cervelo, le Canadien Dominique Rollin sera leader pour une des rares fois de la saison, avant de faire l’équipier sur beaucoup de courses.
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Mercredi 3 février – 1er étape
Aigues Mortes – Le Grau du Roi : 146 km
Jeudi 4 février – 2ème étape
Nîmes – Saint Ambroix : 141 km
Vendredi 5 février – 3ème étape
Grand Prix du CC Rhône – Cèze-Languedoc : 148 km
Samedi 6 février – 4ème étape
Grand Prix d’Alès en Cévennes : 140 km
Dimanche 7 Février – 5ème étape
Grand Prix de Bessèges : 145 km
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Crédits photo : Flickr – Bouncysteve






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