Première étape pour une rédemption

Par Alexandre Philippon
Samedi 22 mai 2010 - 12:24
Sur ce Tour d’Italie 2010, il se passe tous les jours quelque chose. Des rebondissements, il y en a eu à la pelle, à part sur la seule et unique étape de montagne qui a été disputée jusqu’à maintenant. C’est ce que l’on appelle un beau paradoxe. Dimanche dernier, au Terminillo, les cadors s’étaient neutralisés, alors que la veille, ils s’étaient activement tirés la bourre à Montalcino. A l’heure où le peloton aborde la troisième semaine et le massif des Dolomites, la question est posée : la montagne va t-elle permettre au spectacle de continuer de plus belle, ou au contraire, est-ce le moment de faire des calculs et de rester sur la défensive ? La réponse coule de source …
Le coup de L’Aquila a rendu la course encore plus folle
C’était prévisible, et cela se vérifie : il y a un avant et un après L’Aquila sur ce Giro. Cette 11e étape a complètement bouleversé le classement général et le retard accumulé par les favoris pour la victoire finale fait que ces derniers sont maintenant forcés de durcir la course. Déjà, avant cette journée rocambolesque, l’épreuve avait un caractère particulier, avec pas mal d’événements importants. Surtout, en fait, des pertes de temps, que ce soit aux Pays-Bas, où Bradley Wiggins et Cadel Evans avaient perdu leur maillot rose, et sur les strade bianche, où c’est Vincenzo Nibali qui avait été poussé à la faute, tout comme Ivan Basso et Carlos Sastre.
Depuis cette journée de mercredi, ce ne sont plus les chutes qui marquent la course, mais les attaques, et sur des terrains qui a priori ne s’y prêtent pas. Jeudi, la plupart des battus de la veille ont attaqué sur une bosse plutôt facile, et repris 10 secondes au peloton. Vendredi, Vladimir Karpets a démontré que désormais, tout était possible, en récupérant 2’25 » par rapport à ses rivaux sur un tracé de plaine.
Cette étape aurait pu être calme…
Les craintes qu’ont suscité l’étape du Terminillo sont donc à présent évaporées. Dimanche dernier, pour la première arrivée en altitude depuis le départ d’Amsterdam, les favoris du Giro s’étaient regardés. Fatigués par leurs efforts de la veille, ils avaient patienté jusqu’à la deuxième moitié de l’ascension pour se mesurer, à l’initiative de Michele Scarponi, mais tous étaient rapidement rentrés dans le rang. Cela n’empêche qu’une sélection s’est opérée, mais ce n’était pas la journée des grandes manœuvres. Sera-ce le cas les jours à venir ? Sans doute. Alexandre Vinokourov compte près de 10 minutes de retard sur Richie Porte : si lui et tant d’autres ont voulu grignoter quelques secondes il y a deux jours, sur une étape de transition, il est difficile d’imaginer que l’attentisme sera le maître mot sur le Monte Grappa. Ce col redoutable sera le principal obstacle de la 14e étape, avec 19 kilomètres d’escalade à 8% de moyenne.
A huit étapes de la fin de la course, il ne faudra pas penser que le retard pourra être remonté en un jour. L’attaque au quotidien, ce sera la meilleure façon de rectifier le tir, pour ceux qui étaient les favoris initiaux pour ramener le maillot rose à Vérone. Cette 14e étape aurait pu être calme, car étant disputée la veille de celle du Monte Zoncolan, une arrivée en altitude. Vu la configuration actuelle, elle devrait donner lieu à des offensives, et cela dès le pied du Grappa. La Liquigas semble la plus disposée à imprimer un tempo élevé sur les premières rampes, avec pour objectif d’éliminer le plus de coureurs possible autour d’Ivan Basso et Vincenzo Nibali. Il y a de fortes chances qu’Alexandre Vinokourov et Cadel Evans tiennent bon, et il ne serait pas étonnant que l’un ou l’autre accélère pour encore plus mettre en danger les éléments les plus fragiles.
Plus de battus que de bénéficiaires de l’étape de mercredi
Dans de telles conditions, qui pourrait résister ? Les Italiens Stefano Garzelli, Damiano Cunego et Michele Scarponi en sont capables, comme ils l’avaient déjà fait au Terminillo. Mais sur la longueur, il va falloir s’accrocher. Garzelli doit composer avec le poids des années, Cunego affiche une certaine fébrilité en haute montagne ces dernières années. Scarponi paraît vraiment être en excellente condition, mais va t-il parvenir à suivre des coureurs de premier plan mondial ? Pas sûr, en montée. Par contre, en descente, tout ce petit monde peut espérer revenir après avoir limité les dégats. Si regroupement un peu plus massif, on pourrait voir aussi rentrer des gars comme John Gadret, Bauke Mollema. Parmi les coureurs ayant profité de l’étape de L’Aquila pour se repositionner au général, il y en a quelques uns qui peuvent tirer leur épingle du jour : bien sûr, Xavier Tondo et Carlos Sastre pour la Cervélo, mais aussi David Arroyo, Bradley Wiggins ou Jan Bakelants.
Il y a tellement de coureurs amenés à se mêler à la bataille – puisque chez les leaders, il y a plus de battus que de bénéficiaires de l’échappée de mercredi – que l’ascension du Monte Grappa devrait se faire à allure très élevée. S’ils se tirent dans les pattes dès le début de l’escalade, celle-ci durant 19 kilomètres, l’échappée du jour sera contrainte de se présenter au pied avec une très grosse avance. Traumatisé par les récents évènements, le peloton évitera cela. On devrait donc voir un grand nom gagner à Asolo. En 40 kilomètres, du sommet à la ligne, il y a suffisamment de temps pour retrouver de l’énergie et en remettre une couche dans le final. Si les différences ne se font pas à cet endroit, un sprint devra départager tout ce petit monde. Stefano Garzelli et Damiano Cunego feront alors office de favoris.
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Ferrara – Asolo, 205 km
A une semaine de la fin du Tour d’Italie, la quatorzième étape n’est que la deuxième de haute montagne depuis le départ d’Amsterdam, il y a quinze jours. Mais c’est la première d’une belle série, et un apéritif avant le programme chargé de la dernière semaine ! D’ailleurs, l’étape du jour n’aurait pu être qu’une longue procession sur la plaine, car entre Ferrare et Asolo, en passant par Padoue, il y a 120 kilomètres à travers la plaine du Po, fleuve que le peloton longera d’ailleurs plusieurs kilomètres en début d’étape. Lire la suite …
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Photo : gazzetta.it







#1 
Une descente de 25 kms, à priori plutôt technique, c’est de bon augure pour Vincenzo Nibali.