Filippo Pozzato est l’un des favoris de Milan-Sanremo. Vainqueur en 2006, il adorerait y gagner à nouveau, bien que depuis son succès sur la Via Roma, le parcours ait été modifié. Le grand blond se sent prêt à bien courir ces prochaines semaines. ”J’espère pouvoir remporter une grande classique ce printemps, confie t-il sur le blog qu’il tient pour Cyclingnews. Je n’ai pas encore gagné de course cette saison, mais c’est surtout parce qu’elles ont été nombreuses à se terminer au sprint. Je ne suis pas lent mais je préfère me concentrer sur ma préparation. Après Tirreno-Adriatico, j’ai confiance et je ne serai pas loin d’être à 100% pour les classiques. Je suis là où je voulais en être.

Pour ce qui est de donner un favori, le champion d’Italie préfère rester prudent : ”Il n’est jamais facile de prédire ce qui va se passer, les résultats de Tirreno-Adriatico n’ont pas révélé toute la vérité.” Mais il se mouille néanmoins en indiquant quels coureurs il craint le moins. Par exemple, le Norvégien Edvald Boasson Hagen ne semble pas être l’un des principaux favoris dans l’esprit de Pippo : “Petacchi a perdu le dernier sprint face à Boasson Hagen, mais c’était après 160 km. Ce sera différent après 300 km, la Cipressa et le Poggio. Je ne doute pas que Boasson Hagen soit un coureur de classe, d’un énorme talent, mais pour gagner Milan-Sanremo, vous devez avoir 300 km dans les jambes et je ne suis pas sûr qu’il puisse déjà y arriver.”

L’objectif de Pozzato : durcir la course, et éviter de reproduire le même scénario que l’an passé. Pas dans le coup pour la gagne, le coureur du Team Katusha n’avait rien pu faire face à Mark Cavendish. “Nous l’avons amené dans un fauteuil“, regrette t-il. Alors il veut qu’une sélection s’opère. “Nous devons faire quelque chose pour nous débarrasser de nombreux sprinteurs, tout particulièrement Cavendish et Petacchi, et nous (les puncheurs, NDLR) pourrions alors batailler entre nous après la descente du Poggio.” Le bolide du Man, pas des plus en forme, le Transalpin ne le classe pas parmi ses opposants les plus dangereux, même s’il se veut prudent : “Vous n’avez pas besoin d’être à 100% pour gagner Milan-Sanremo, surtout si vous êtes aussi rapide que Cavendish, mais je crois tout de même qu’il ne sera pas une menace.”

Le coureur formé chez Mapei n’a pas été un protagoniste central de ces dernières semaines de course, mais il a pris le soin de bien regarder ce qu’on fait ses rivaux. “J’ai étudié le comportement de mes rivaux sur Tirreno-Adriatico, explique t-il, et j’ai été impressionné par la façon dont Boonen et Bennati ont grimpé et sprinté. Tom courait vraiment, vraiment bien. Je suis sûr qu’il sera bien sur la Cipressa et le Poggio cette année. Cancellara a également l’air d’arriver en bonne forme. Il s’est bien caché sur Tirreno mais il pourrait être là dans le final, prêt à tenter une attaque sur la portion plane avant l’arrivée. Cette fois-ci, je vais le surveiller s’il le fait, tout comme je surveillerai Philippe Gilbert et mon compatriote Alessandro Ballan.” Cela fait pas mal de monde.


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