Pas encore de podium, mais des progrès

Par Alexandre Philippon
Mardi 27 juillet 2010 - 15:00
Sur ce Tour de France 2010, il y avait un duo Contador-Schleck au dessus du lot, un Denis Menchov plein d’assurance pour monter sur la troisième marche du podium. Et derrière, une flopée de très bons coureurs qui doivent se contenter des places d’honneur. Du 4e au 10e, on ne trouve que des hommes qui ont réalisé sur cette Grande Boucle la meilleure performance de leur carrière. Les positions pourraient donc se resserrer dès l’année prochaine…
Sanchez, au pied du podium
Il avait fait du Tour de France la priorité de sa saison, allant même jusqu’à sacrifier des classiques ardennaises qu’il abordait chaque année avec ambition. Samuel Sanchez aura pleinement justifié cette focalisation sur l’épreuve de juillet en terminant 4e de cette édition 2010. Pour Euskaltel-Euskadi, c’est le meilleur classement général obtenu en 10 participations. Deuxième du Tour d’Espagne 2009 derrière un Alejandro Valverde aujourd’hui suspendu, le champion olympique est désormais un coureur de Grand Tour à part entière et sera l’un des probables favoris de la prochaine Vuelta, s’il confirme sa présence au départ de Séville.
Van Den Broeck, 14 ans après Criquielion
Cela faisait plusieurs années que la Belgique n’avait plus le même intérêt pour le classement général du Tour de France, se concentrant essentiellement sur les exploits de Tom Boonen depuis quelques saisons. En prenant la 5e place cette année, Jurgen Van Den Broeck a clairement changé la donne. Il est le premier coureur du plat pays à entrer dans le top 5 depuis Claude Criquielion en 1986 et désormais, c’est tout un peuple qui se prend à rêver d’un podium. Lucien Van Impe, en 1981, avait été le dernier à réussir pareille performance. Pour 2011 ?
Gesink, sans faire de bruit
Il n’avait pas terminé le Tour de France 2009 et avant le départ de cette édition 2010, il ne souhaitait pas se mettre de pression, même après sa démonstration sur l’Albula lors du Tour de Suisse. Le grimpeur néerlandais n’aura pas fait mieux que son coéquipier Denis Menchov, mais en terminant 6e du Tour de France, il démontre que l’épreuve hexagonale peut lui convenir. 7e et 6e des deux dernières Vueltas, il peut se targuer d’avoir à son actif – et à seulement 24 ans – déjà trois top 10 de Grands Tours. L’an prochain, il pourrait occuper le leadership chez Rabobank et briguer un podium s’il passe un nouveau palier en montagne. 20 ans que les Pays-Bas attendent cela.
Hesjedal, l’exploit de Garmin
Troisième fois que Jonathan Vaughters aligne une équipe sur le Tour de France. Troisième fois qu’il place au moins un coureur dans le top 10. Et à chaque fois, c’est un coureur différent : Christian Vande Velde en 2008, à nouveau l’Américain, mais aussi et surtout Bradley Wiggins en 2009, et à présent Ryder Hesjedal. Le Canadien avait terminé 2e de l’Amstel Gold Race puis remporté une étape du Tour de Californie, pour un printemps concluant. Il confirme en ce mois de juillet, le tout en affichant un état d’esprit conquérant, et ce dès la première semaine. Frais sur le chrono final, il semble taillé pour les courses de trois semaines. C’est indéniablement le successeur de Steve Bauer.
Rodriguez, pourquoi si tard ?
Terminer 7e du Tour de France et gagner une étape après avoir également brillé dès le début de saison, c’est une performance qui n’est pas donnée à tout le monde. Joaquin Rodriguez avait animé Paris-Nice, avant de remporter le Tour de Catalogne pour un mois de mars chargé, qui lui avait permis de prendre les commandes du classement mondial. Mais il a ensuite su souffler et affronter la Grande Boucle pour la première fois de sa carrière sans faire de complexe. Âgé de 31 ans, l’ancien coureur de la Caisse d’Epargne y reproduit ce qu’il n’avait jusqu’alors fait que sur la Vuelta, course où il terminait 6e en 2008 et 7e en 2009. Enfin, Purito a franchi le pas et il s’est montré à la hauteur. Encourageant.
Kreuziger, à nouveau 9e
Il est encore un cran en dessous des tous meilleurs, mais à 24 ans, il a encore largement le temps et prouve qu’il a de l’avenir sur le Tour de France. Partageant le leadership de la Liquigas avec Ivan Basso au départ de Rotterdam, Roman Kreuziger était plus frais que l’Italien et a su terminer pour la deuxième année consécutive à la 9e place. En trois participations à la Grande Boucle, jamais il n’a conclu plus loin que la 13e place. Bref, le Tchèque est très solide et cette année, c’est sur un parcours très difficile – et peu fourni en contre-la-montre, sa spécialité – qu’il a donné satisfaction. On devrait vite le retrouver dans le top 5, peut-être dès l’année prochaine.
Horner, tout neuf
Âgé de 39 ans, Christopher Horner est pourtant un coureur frais, physiquement comme mentalement. Passé pro en 1997 chez Française des Jeux, il avait alors déjà 26 ans. Puis pendant cinq saisons, jusqu’en 2005, il évolue sur le continent nord-américain, avant de véritablement débuter sa carrière chez Saunier Duval à 33 printemps. Le voir terminer 10e du Tour de France à son âge n’est donc pas une anomalie. Ce qui l’est plus, c’est qu’il soit le coureur de Radio Shack le mieux classé à Paris, alors qu’il partait en tant 5e homme derrière Lance Armstrong, Levi Leipheimer, Andreas Klöden et Janez Brajkovic.
photo : garmin






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