Nibali : « Basso, c’est mon grand frère »
Troisième d’un Tour d’Italie auquel il ne devait pas participer, Vincenzo Nibali est forcément heureux, d’autant qu’il s’agit là de son premier podium sur un grand tour. Le coureur de la Liquigas a qui plus est contribué au succès final de son leader, Ivan Basso, dont il a un temps pu contester le leadership. « Basso, c’est mon grand frère, assure Nibali, qui ne veut pas polémiquer. Je lui dois beaucoup dans ma troisième place, mais dans sa victoire, il y a aussi un peu de mon travail. »
Pourtant, c’est bien Nibali qui le premier a revêtu le maillot rose, pendant la première semaine. Avant qu’une chute sur la terrible étape des strade bianche ne l’en dépossède. « Cette chute a tout changé, reconnait l’Italien, mais je ne sais pas dans quelle sens. Je n’aurais pas perdu le maillot rose, et il n’y aurait sans doute pas eu l’échappée de L’Aquila. Mais peut-être que je n’aurais pas gagné à Asolo non plus, ni pris la troisième place finale. »
Au cours des trois semaines, Nibali aura confirmé ses capacités de grimpeur et de rouleur. Mais il a aussi fait étalage de son immense talent de descendeur, sans comparaison dans le peloton mondial actuel. « Ces qualités peuvent beaucoup m’aider, admet Nibali. Si je ne suis légèrement lâché en montée, elles me permettent de refaire mon retard. Si je suis avec les meilleurs au sommet, alors je peux les attaquer, comme dans la descente du Monte Grappa. A condition que l’arrivée ne soit pas trop éloignée du pied du col. »
Ce podium final, à domicile, révèle définitivement Nibali aux yeux des Italiens, lui qui se tournait plutôt vers le Tour que le Giro depuis le début de sa carrière, et qui devait encore en faire de même cette saison jusqu’à la mise à l’écart de Franco Pellizotti. « Je pense que le Tour est quand même plus adapté à mes caractéristiques, continue de penser le coureur de la Liquigas. Quand les purs grimpeurs comme Scarponi démarrent en haute montagne, je souffre vraiment. Mais cette fois, j’ai quand moins souffert : je progresse. C’est bon signe. »
Du coup, fera-t-il le Tour ? « Je ne me suis pas encore décidé. Si je le fais, je devrais ensuite arrêter ma saison. A l’inverse, si je ne le fais pas, je me reposerai afin de courir tout l’automne. »






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