Mol à trois heures du bonheur

Par Alexandre Philippon
Vendredi 12 février 2010 - 12:20
Le peloton du Tour du Qatar s’élance d’Al Wakra à 12h00 – heure locale – pour ses trois dernières heures d’efforts sur les routes de l’Emirat. Pour les sprinteurs, l’objectif sera de se mesurer une dernière fois avant de remettre cela, pour certains, sur le Tour d’Oman à partir de dimanche. Pour les autres, le but est d’arriver entier sur la Corniche de Doha, après avoir vu bon nombre d’adversaires chuter cette semaine. Et pour Wouter Mol, il n’y aura qu’une seule issue envisagée : s’adjuger le classement général. Le coureur de Vacansoleil n’a que 9 secondes d’avance sur Geert Steurs (Topsport), et devra donc tout faire pour éviter d’être pris dans une cassure. Trois heures à tenir, pour un succès de prestige …
Après tout, le plus dur est sans doute fait. Pas ou peu de dégâts depuis lundi et la prise de pouvoir du Batave : le peloton n’a pas réussi à renouveler son remue-ménage de la première étape en ligne. Et quand cela a failli être le cas, Mol était là, sans paniquer, dans les roues des meilleurs. Il aurait pu se faire piéger jeudi, quand le peloton a rejoint ce groupe de 14, partis nez au vent, dans lequel le maillot jaune faisait donc partie. Au moment de la jonction, les jambes devaient être lourdes, et vu l’allure menée dans les 10 derniers kilomètres de chaque étape, il fallait rester concentré. Mais il restait alors trop peu de distance pour placer Mol dans une situation délicate. Ce dernier n’a même pas semblé être inquiété et ne devrait pas l’être ce vendredi.
Si le classement général venait à rester inchangé, c’est que l’étape de lundi aura donc été décisive. De quoi enrager les grosses équipes du peloton, qui ne l’avaient pas jouée fine ce jour là. Le duo Mol-Steurs avait su profiter d’un matelas confortable accordé par les diverses armadas présentes. On contrôlant davantage cette fuite, il y aurait eu un sprint ce jour là, dans l’avant-garde d’un peloton décimé par les bordures, mais qui aurait dû néanmoins se montrer plus cruel. Depuis ce jour, aucune équipe n’a vraiment tenté de grandes manœuvres avec conviction. A croire que la cause leur semblait entendue, vu l’avance du duo, de presque deux minutes. Et à eux de se reporter sur les sprints.
Ce sera à nouveau le cas ce vendredi. Aux deux tiers du parcours, les coureurs attaqueront un circuit final dans Doha, qui sera donc urbain. Une boucle dans la capitale, avec passage sur la Corniche, le long du Golfe Persique. Cela changera des paysages désertiques des journées précédentes. Et donc, les conditions seront changées. Moins d’exposition au vent, pour une étape qui risque d’être davantage proche de ce que l’on avait vu sur le Tour Down Under, tout du moins pour ce qui est de sa dernière heure. Tom Boonen, deux fois vainqueur cette semaine et spécialiste incontesté de l’épreuve, sera office de favori, mais Francesco Chicchi, s’il est protégé chez Liquigas aux dépens de Daniele Bennati, a de quoi lui causer du souci. Placés mais jamais vainqueurs, Danilo Napolitano et Heinrich Haussler voudront quitter l’Emirat avec un bouquet. Et Edvald Boasson Hagen, troisième la veille, voudrait – comme en Australie avec CJ Sutton – permettre à Sky de terminer en beauté.






