Milan-Sanremo : Freire au-dessus du lot

Par Baptiste Bouthier
Dimanche 21 mars 2010 - 0:08
Oscar Freire a remporté samedi son troisième Milan-Sanremo, après ses victoires en 2004 et 2007. Le coureur de la Rabobank, peu en vue sur Tirreno-Adriatico la semaine dernière, a couru dans les premières positions tout au long de la journée avant de régler Petacchi, Boonen ou encore Bennati sans aucune contestation possible au sprint. Pari tenu pour l’Espagnol, qui avait déclaré vouloir détenir autant de succès sur Milan-Sanremo que sur les Championnats du monde. Désormais, cela fait trois partout.
Caccia, Piemontesi et Ratti ouvrent la route
Milan-Sanremo a beau être la classique la plus longue de l’année, certains n’ont pas froid au yeux. Le peloton s’est élancé depuis seulement deux kilomètres quand trois hommes partent dans une vadrouille vouée à l’échec : Diego Caccia (ISD-Neri), Fabrice Piemontesi (Androni Giocatelli) et Aristide Ratti (CarmioOro-NGC). Tant de coureurs qui représentent des équipes invitées sur l’épreuve, et qui montrent donc le maillot dès la première opportunité. Conscient que la journée sera longue, le peloton ne chasse pas tout de suite et laisse les fuyards prendre jusqu’à 22’30 d’avance.
La première difficulté du jour, le Col du Turchino, est parcourue sous la pluie. Et dans la descente, il y a des dégats. Murilo Fischer chute et se fracture la clavicule. Egalement allé au tapis, Carlos Barredo (Quick Step) a plus de chance et peut repartir. Et devant, le peloton commence à bouger. Une scission s’opère et plusieurs favoris se retrouvent piégés. Parmi eux, Alessandro Petacchi, Damiano Cunego, Daniele Bennati, Andy schleck, Allan Davis, Yauheni Hutarovich, Greg Van Avermaet, et surtout, Mark Cavendish.
Le trio repris, Maxime Bouet tente sa chance
A l’approche de la Manie, l’avance des trois échappés commence à fondre comme neige au soleil. Le peloton finit par revenir à 3 minutes, à force de batailler pour éviter le retour du groupe Cavendish. L’équipe HTC-Columbia fait le travail et empêche le retard de dépasser la minute. Il baisse à 40 secondes, puis remonte à 1’10 », mais finalement, la tendance est à une jonction générale. Laquelle s’opère finalement à moins de 70 kilomètres du but : plus du tout d’attardés, puis d’échappés. Retour au calme, donc.
A quelques kilomètres de Laigueglia, Maxime Bouet veut affoler à nouveau la meute. Le peloton, qui a alors besoin de souffler et savoure son ravitaillement, le laisse partir. Le coureur d’AG2R-La Mondiale part sur une portion descendante et prend le large. Un peu à contretemps, sept hommes filent à sa poursuite : Manuele Mori (Lampre), Luca Mazzanti (Katusha), Maxime Monfort (HTC-Columbia), Frank Hoj (Saxo Bank), Dmytro Grabovskyy (ISD), Roy Sentjens (Milram) et Laurent Beuret (CarmioOro). Bouet finit par compter plus d’une minute d’avance sur le peloton à 50 kilomètres du but, mais le groupe de contre se montre de plus en plus pressant.
Ecrémage dans la Cipressa : Cavendish ne fera pas le doublé
Dans le Capo Berta, Dmytro Grabovsky tente sa chance en solitaire. Il fait l’effort et revient aisément sur Maxime Bouet, le dépasse et se retrouve seul en tête, avec près de 30 secondes d’avance sur ses anciens compaères de la contre-attaque. A l’attaque de la Cipressa, l’Ukrainien est le seul à rester à l’avant de la course, alors chassé par le peloton et les équipes de sprinteurs.
Dès que la route commence à monter, Alexander Kolobnev (Katusha) hausse le ton, et se fait suivre par Franco Pellizotti (Liquigas) et Stefano Garzelli (Acqua & Sapone). Mais le peloton veille au grain et le trio ne se détache pas. Néanmoins, pas mal de coureurs sont distancés à l’arrière, à commencer par Cavendish (HTC-Columbia), qui confirme sa méforme actuelle. Le tenant du titre ne pourra pas se succéder à lui-même.
Offredo tente sa chance avant le Poggio
Dans le descente de la Cipressa, Francesco Ginanni (Androni) ouvre la route, tellement bien qu’il creuse un sacré trou sur le reste du groupe. De retour sur le plat, il est accompagné de plusieurs autres coureurs, dont Sylvain Chavanel (Quick Step). Pellizotti et Pozzato en personne travaillent pour faire la jonction derrière, mais ils ne sont pas dans le peloton, qui a explosé dans la descente.
Finalement, un gros groupe d’une quarantaine se recompose entre la Cipressa et le Poggio, et Yoan Offredo (Française des Jeux) en profite pour partir. Il bénéficie d’un moment de flottement pour prendre vingt secondes d’avance très vite, et aborde le Poggio en tête. Derrière, ils ne sont plus que trente dans le premier peloton.
Dans le Poggio, la sélection se fait toujours par l’arrière
La Lampre attaque le pied du Poggio en tête du groupe, avec l’idée de contrôler le groupe pour emmener Petacchi au sprint, même si Hushovd, Freire, Boonen ou encore Bennati sont toujours là. Offredo est repris à mi-pente, grâce au gros travail de Garzelli, qui roule lui pour Paolini, le sprinter d’Acqua e Sapone.
Le récent vainqueur de Tirreno-Adriatico verrouille longtemps toute possibilité d’attaque par son rythme ultra soutenu, mais à un peu moins d’un kilomètre du sommet, Michael Rogers (HTC-Columbia) passe à l’attaque, bientôt contré par Philippe Gilbert (Omega Pharma) et Filippo Pozzato (Katusha). Les deux coureurs ne parviennent pas à faire le trou, puisque c’est Alessandro Petacchi en personne qui prend leur roue, mais derrière, ils ne sont pourtant qu’une vingtaine à avoir tenu les roues au sommet.
Pozzato tente la même qu’en 2006
Dans la descente, tout le monde est à fond, et comme précédemment sur la Cipressa, c’est Ginanni qui ouvre la voie, aidé par Gilbert. Vincenzo Nibali (Liquigas) tente de faire l’écart en descendeurs, et un groupe de cinq finit par prendre quelques dizaines de mètre d’avance. Mais à trois kilomètres de l’arrivée, de retour sur le plat, une dizaine de coureurs revient par l’arrière.
C’est le moment que choisit Nibali pour en remettre une, tout de suite contré par Pozzato. Les deux Italiens font le trou, le champion d’Italie est tellement fort qu’il lâche Nibali sur un relais seul. Une erreur tactique : seul face au peloton, Pozzato ne peut rien et se relève. A 1,5 km de l’arrivée, les trente sont de nouveau regroupés, la course va se jouer au sprint.
Freire met tout le monde d’accord au sprint
A la flamme rouge, c’est la Liquigas qui mène le groupe, pour Bennati. Freire et Boonen sont idéalement placés dans la roue de Bennati, qui lance le sprint à près de 300 mètres de l’arrivée. Mais l’Espagnol le remonte facilement et met deux vélos à tout le monde ! Tom Boonen, impuissant, prend la deuxième place, devant trois Italiens : Alessandro Petacchi, le surprenant Sacha Modolo, et Daniele Bennati. Thor Hushovd est sixième. Le premier français, Anthony Geslin, est 12e. Deux autres tricolores composent le groupe de 29 qui s’est joué la victoire : Geoffrey Lequatre (14e) et Sylvain Chavanel (21e).
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1.
Oscar Freire (Rabobank)
2.
Tom Boonen (Quick Step) m.t.
3.
Alessandro Petacchi (Lampre) m.t.
4.
Sacha Modolo (Colnago-CSF) m.t.
5.
Daniele Bennati (Liquigas) m.t.
6.
Thor Hushovd (Cervélo) m.t.
7.
Francesco Ginanni (Androni Giocattoli) m.t.
8.
Maxim Iglinskiy (Astana) m.t.
9.
Philippe Gilbert (Omega Phrma) m.t.
10.
Luca Paolini (Acqua e Sapone) m.t.
…
12.
Anthony Geslin (Fançaise des Jeux) m.t.
17.
Fabian Cancellara (Saxo Bank) m.t.
29.
Filippo Pozzato (Katusha) +0’19″
42.
Tyler Farrar (Garmin) +1’40″
64.
Alessandro Ballan (BMC) m.t.
89.
Mark Cavendish (HTC-Columbia) +6’12″
106.
Edvald Boasson Hagen (Team Sky) m.t.
126.
Allan Davis (Astana) +10’07″
Photo : Team Sky






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