Mende rime avec Jalabert

Ce jeudi 11 mars 2010, le peloton de Paris-Nice se rendra à Mende pour la quatrième étape de la Course au Soleil. Les coureurs iront en découdre au terme de la Côte de la Croix-Neuve, rebaptisée Montée Jalabert, en hommage à l’ancien champion Français. Le Mazamétain y réalisa en effet un des plus grands exploits tricolores sur la Grande Boucle et assurément la performance la plus retentissante de sa carrière sur cette épreuve, un certain 14 juillet 1995.

L’étape menant de Saint-Etienne à Mende, la 12e du programme, était censée être une simple journée de transition située entre le massif Alpin et les Pyrénées. Laurent Jalabert avait réalisé un très bon début de Tour en goûtant au maillot jaune, les troisième et quatrième jours. Mais il était rapidement revenu à la réalité, constatant la supériorité de Miguel Indurain, quadruple vainqueur du Tour, qui prend les commandes de la course après la huitième étape, un contre-la-montre à Seraing qu’il domine de la tête et des épaules. Avant de prendre le départ de l’étape du 14 juillet, Jaja est neuf minutes derrière le coureur de Banesto.

Mais en ce jour de fête nationale, le Panda a à cœur de refaire une partie de son retard. A peine après avoir quitté Saint-Etienne, son équipe Once multiplie les offensives. La formation du maillot jaune semble fébrile dans la côte de Saint-Maurice-en-Gourgois : Indurain n’a plus que trois équipiers à ses côtés, il est alors contraint de laisser partir Laurent Jalabert avec l’Italien Dario Bottero. Le duo ne parvenait à prendre le large, alors le Transalpin pense alors à stopper son effort, mais Jaja lui répond plein de détermination : « Je fonce », dans un raid qui parait alors interminable. Derrière, les équipiers du Français continuent d’harceler le maillot jaune. Tactique payante. Melchor Mauri puis Neil Stephens, deux équipiers de Jalabert, reviennent, en compagnie des Italiens Massimo Podenzana et Andrea Peron.

Une démonstration collective

L’écart dépasse alors les 10 minutes sous l’impulsion des six hommes. Le Français, le maillot vert du Tour, est alors maillot jaune virtuel. Mais curieusement, plus personne ne vient en aide aux trois coureurs de la Once dans l’échappée. Derrière, Banesto se restructure et bénéficie du soutien d’autres formations, pour faire baisser l’écart alors jugé trop important. A l’avant de la course, Neil Stephens réalise un travail extraordinaire sur les portions planes, l’Australien n’a plus de réserve au pied de la montée du Causse. C’est alors que l’ancien vainqueur de la Vuelta, Melchor Mauri, poursuit l’effort de son équipier. L’Espagnol emmène son leader sur la voie royale au pied de la dernière difficulté, effrayante, avec des passages à 13%.

Jalabert attaque dès les premières rampes. Ses adversaires pourtant plus frais ne verront bientôt plus la silhouette du champion Français. Totalement survolté, il s’en va cueillir sa deuxième victoire d’étape sur le Tour un 14 juillet, devant un public en liesse. Dans un Tour de France sous l’emprise de Miguel Indurain, marqué par les exploits de Marco Pantani et Alex Zulle, Laurent Jalabert restaure la fierté Française le jour de la fête nationale. Derrière, son coéquipier Alex Zülle tente d’apporter la touche finale au chef d’œuvre des Once en attaquant Miguel Indurain dès le pied de la montée. Mais l’Espagnol a encore de la réserve et parvient à reprendre puis lâcher le Suisse. Alex Zülle laisse alors 17 secondes en chemin. La seule satisfaction pour le roi Miguel au cours d’une journée sans fin.


| Plus