Mathieu Perget a atterri en Australie avec ses coéquipiers de la formation Caisse d’Epargne, pour sa troisième participation au Tour Down Under. Bien au-delà de l’aspect sportif, s’aligner sur cette épreuve est une véritable chance pour les coureurs, qui peuvent voir cela comme un cadeau de début de saison. 38 degrés en moyenne sont prévus autour d’Adélaïde : une température de rêve en cette période de l’année froide et hostile. Le Montalbanais apprécie cette escapade et l’attend chaque mois de janvier avec plus d’impatience : « De nombreux coureurs de mon équipe souhaitent aller en Australie car c’est idéal pour lancer sa saison. Surtout que chez Caisse d’Epargne, il n’y a pas de stage en janvier, alors l’hiver est long. En France, il commence à être rude, donc retrouver du soleil fait plaisir.»
« Qui a 25 ans est déjà allé trois fois en Australie ? Peu de personnes. Pour moi c’est une vraie chance. J’espère aussi aller au Tour de Californie et participer aux deux courses au Québec. Et le Japon en fin d’année si cela tourne bien. Avant, avec le cyclisme, j’ai fait la Réunion, Québec, Moscou et toute l’Europe. » Car à l’heure où le cyclisme s’internationalise, les compétitions hors d’Europe se multiplient et le peloton va de plus en plus être amené à visiter les quatre coins du globe. Mettons-nous à la place des coureurs : c’est une situation de privilégiés. L’un des très bons côtés de leur métier exigeant physiquement et mentalement. En plus de cela, le Tour Down Under est une épreuve qui gagne en crédibilité sportive, depuis son intégration dans le Pro Tour en 2008. Perget juge que l’épreuve « progresse au niveau de sa renommée et de la qualité du peloton. Et Armstrong y fait beaucoup aussi. »
D’un Å“il d’observateur passionné, nous pourrions penser que la compétition australienne manque d’un petit quelque chose : des montagnes. La région d’Adélaïde est loin d’être totalement plate, mais le TDU ne risque pas de changer de formule. Ce qui n’est pas pour déplaire aux coureurs : « On ne peut pas non plus commencer la saison par un gros chantier. Il faut néanmoins savoir que s’il n’y a pas énormément de relief, cela roule quand même à plus de 50 km/h et c’est tout aussi dur. » Le Tour Down Under permet également au calendrier mondial UCI – qui regroupe les courses Pro Tour et celles du circuit historique – de disposer d’une course par étapes taillées pour les sprinteurs, leur donnant une chance réelle de prétendre à un bon classement en fin de saison grâce aux points potentiellement glanés en Australie.
Mais laisser les bolides dominer les débuts, ce n’est pas de l’avis du coureur tricolore et de son équipe Caisse d’Epargne. « On va là bas pour du résultat. On tentera des échappées, des coups de force, surtout dans la montée de Willunga. » Une côte que les coureurs escaladeront deux fois dans le final de la 5e étape, dans la Jayco Bay, et qui devrait être le juge de paix de l’épreuve, puisqu’étant sa seule difficulté sélective. Avec trois coureurs de grand talent dans le roster, en la personne d’Alejandro Valverde, José Joaquin Rojas et Luis Leon Sanchez, la formation franco-espagnole aura de quoi faire pour dynamiter la course et tenter de décrocher la palme. Une mission dans laquelle Mathieu Perget voudra s’investir à fond.
Au sujet d’une quelconque concurrence entre les Australiens et le reste du monde, le vainqueur du Tour du Limousin 2009 déclare qu’elle est montée de toutes pièces. « Il n’y a pas du tout de rivalité. Tout le monde a choisi de faire cette course et est content d’y être. La mentalité des Australiens est vraiment bonne : on en est bien imprégné par notre directeur sportif, Neil Stephens. » L’ancien de la Festina encadrera les sept coureurs de la Caisse d’Epargne, dont Alejandro Valverde. Au départ d’Adélaïde, le Murcien pourrait avoir l’esprit libéré si, trois jours plus tôt, le CONI – qui l’a interdit de courir sur le sol italien – venait à changer sa décision quant à son implication dans l’affaire Puerto. Dans le cas contraire, il pourrait même se voir interdit de compétition à l’échelle mondiale. Le verdict sera donné courant mars.
Perget appréhende la chose sans sortir de son rôle d’équipier : « Si Alejandro Valverde est suspendu, je ne verrai pas cela comme une chance pour moi, mais au contraire, je serai triste et déçu. Côtoyer un coureur comme Valverde est un honneur. C’est un amoureux du vélo qui respecte et apprécie ses coéquipiers. » Un leader très solide pour gagner des courses de haut-niveau, comme il l’a fait la saison dernière en remportant son premier Tour d’Espagne. Son éventuelle absence poserait bien des problèmes à son équipe. « Le sponsor, s’il perdait son coureur numéro un, prendrait lui aussi une grosse claque », ajoute le coureur français, qui mine de rien commence à très bien connaître son leader.
Cela fait en effet cinq saisons que Mathieu Perget est un coureur de la Caisse d’Epargne. « Il y a eu des hauts et des bas, mais je me débrouille bien en espagnol, et je pense que sur le plan professionnel on ne peut pas me reprocher grand-chose, car j’ai souvent été un équipier totalement dévoué. J’ai aussi su saisir ma chance. Il est vrai que cinq ans dans cette prestigieuse équipe font que j’ai une belle carte de visite. » Et ont aidé ce pur grimpeur à progresser. « Avec l’expérience, on se prépare avec plus de rigueur, de charge de travail. On s’attache aussi à la perte de poids, mais sans tomber dans l’obsession. Si les jambes et la tête tournent bien rapidement, on se sent vite en confiance. C’est l’élément primordial dans le vélo. »
L’équipe Caisse d’Epargne au Tour Down Under : Alejandro Valverde, Luis Leon Sanchez, José Joaquin Rojas, Ivan Gutierrez, José Garcia Acosta, Mathieu Drujon, Mathieu Perget.
Vous pourrez retrouver Mathieu Perget durant l’ensemble de son séjour australien. Son aimable collaboration nous permettra de suivre chaque jour l’équipe Caisse d’Epargne de l’intérieur. Rendez-vous donc dès la fin de semaine prochaine pour en savoir plus l’armada espagnole, par l’intermédiaire de l’infatigable équipier.
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Crédits photo : mathieuperget.com.free.fr
N’hésitez pas à consulter le site officiel de Mathieu Perget




Très bon concept, bien joué les gars