Le contre-la-montre de Bordeaux, ce samedi après-midi, a livré ses derniers enseignements. Le duel plus serré que prévu entre Schleck et Contador, les écarts immenses sur la ligne d’arrivée à Pauillac, les performances des gros rouleurs, le top 10 définitif et la sécurisation du top 20 de John Gadret : voilà les enseignements essentiels de ce chrono. Les dernières réponses de ce Tour de France 2010.
Schleck a-t-il inquiété Contador ?
OUI. C’était la grosse surprise du jour. Au premier intermédiaire du chrono, Schleck a devancé Contador de deux secondes. Presque rien, mais vu l’écart au général ce samedi matin et l’avantage supposé de l’Espagnol dans l’exercice chronométré, c’était déjà énorme. Revenu à six secondes au général virtuel après ce premier tiers de course, Schleck est même allé jusqu’à quatre secondes du maillot jaune, selon les écarts en temps réel de France Télévisions.
Par la suite, et logiquement, Contador a repris le dessus, mais au final, il ne devance par Schleck par un immense écart. 31 secondes, c’est probablement le plus faible écart que l’Espagnol a jamais eu sur le Luxembourgeois sur un chrono de cette longueur. Ce dernier a d’ailleurs sorti « le chrono de sa vie », selon son directeur sportif chez Saxo Bank, Bjarne Riis. 44e à l’arrivée, ce n’est pas une très belle place mais compte tenu des conditions, c’est énorme : cela vaut sans doute top 20 à conditions égales.
De tels écarts étaient-ils prévisibles ?
OUI et NON. La longueur du contre-la-montre (plus de 50 kilomètres) et sa platitude extrême en faisaient un exercice pour pur rouleur, ce que confirme d’ailleurs le top de l’étape (Cancellara-Martin-Grabsch-Konovalovas-Zabriskie). Ajoutez à cela la fatigue de trois semaines de course, et vous avez le cocktail parfait pour obtenir de très larges écarts.
Ceux constatés sur la ligne sont quand même énormes. Cancellara relègue le cinquième à 3 minutes, le 12e à 4, le 24e à 5, le cap des huit minutes est atteint aux alentours de la centième place, le dernier est à presque 12 minutes. Une vraie boucherie, surtout pour les premiers du général : ils sont partis dans des conditions assez défavorables, avec notamment beaucoup de vent. Le meilleur du top 10 est Menchov, excellent onzième à … 3’51″. Le suivant est Contador, 35e à 5’43″ !
Huit nationalités dans le top 10, c’est rare ?
OUI. Ca n’était plus arrivé depuis 1998. L’Espagne est la mieux représentée cette année, avec Contador, bien sûr, mais aussi Sanchez (4e) et Rodriguez (8e). Pour tous les autres coureurs du top 10, ils sont les seuls représentants de leur pays : Schleck (Luxembourg), Menchov (Russie), Van den Broeck (Belgique), Gesink (Pays-Bas), Hesjedal (Canada), Kreuziger (République tchèque) et Horner (Etats-Unis). A l’inverse, il n’y avait que cinq nationalités représentées dans le top 10 en 2007 : on y retrouvait six Espagnols…
Un seul Français dans les 20, c’est grave ?
NON. John Gadret, 19e, est bien seul. Et l’an dernier, Le Mével (10e), Casar (11e), Goubert (15e) et Chavanel (19e) avaient porté haut les couleurs de la France. Mais ces places ne veulent pas dire grand chose. Cette année, le Tour a été bien plus dense que l’an passé : les membres du top 10 de 2009 sont aux oubliettes cette année (Armstrong de 3e à 23e, Wiggins 4e à 24e, Klöden 6e à 14e, Le Mével 10e à 42e). Goubert, et surtout Chavanel, avaient obtenu leur meilleur classement final de leur carrière sans peser sur la course.
Cette année, à l’inverse, les Français ont brillé de mille feux. Même Gadret a réussi une performance bien plus encourageante, sur la route, que sa 19e place ne le laisse présager : il perd près d’un quart d’heure contre la montre et n’a pas récupéré de temps sur une seule échappée. Et bien sûr, ce que l’on retiendra du Tour 2010, ce sont les six victoires d’étape françaises. Un total que les Bleus n’avaient plus obtenu depuis le Tour de France 1997 et la razzia Festina. Une toute autre époque…
Photo : @Timo Klok – flickr



