Long transfert mais repos bienvenu

Par Jeremy Proux
Mardi 11 mai 2010 - 10:29
Le volcan islandais qui a paralysé le ciel européen pendant une bonne semaine a bien failli créer un nouveau capharnaüm aérien dont les coureurs du Giro auraient été les victimes. Fort heureusement, les coureurs ont pu rejoindre l’Italie par la voie des airs, lundi soir, avant une journée de repos placée après seulement trois étapes, départ d’Amsterdam oblige. Presque paradoxalement, cette journée de repos arrive à point nommé pour quelques-uns des 196 coureurs encore en course, au lendemain d’une bagarre éreintante contre le vent et les chutes.
Un cas de figure presque fréquent
Les longs transferts ne sont pas rares sur le Tour d’Italie. Cette fréquence s’explique en partie par la volonté des organisateurs de conférer au Giro une dimension plus internationale, en tout cas pas seulement exclusivement ancrée dans les mentalités des Italiens. De ce fait, depuis 1996, quatre départs ont été données hors de la célèbre botte.
En 1996 tout d’abord, avec un grand départ donné d’Athènes. Grandiose d’un point de vue historique ! Un peu moins en terme de logistique et de crédibilité de la course. Un transfert en bateau vers l’Italie avait été organisé dès le terme du troisième jour de course, comme cette année. Après Nice deux ans plus tard, c’est Groningen, en Hollande, qui est choisie par Carmine Castellano pour accueillir le départ d’un Giro 2002 qui ne fût de retour sur ses terres transalpines qu’après cinq jours de course et la traversée de la Belgique, du Luxembourg et une escapade en France, et après un transfert organisée entre Strasbourg et Fossano.
Le dernier souvenir d’une journée de repos institué après trois jours de course date de 2007, et un départ de Seraing en Belgique. Déjà, les critiques affluaient, dénonçant l’inutilité d’un jour de repos placé si tôt et donc, d’un départ à l’étranger. Cette année, le déroulement des trois premiers jours de course, marqués par les chutes et les premiers coups de blues pour certains leaders distancés au général, fait que cette première journée de repos n’est pas si malvenue. Alors que bon nombre d’acteurs de ce Giro se sont exprimés sur les dangers omniprésents sur les routes hollandaises, ils sont en tout cas rares à dénoncer la précocité de ce premier entracte. Celui-ci a au moins le mérite de mieux digérer une premiere transition au cours de ce Giro. Mercredi, le contre-la-montre par équipes est considéré par beaucoup comme le premier grand rendez-vous à ne pas manquer.
Aux Pays-Bas, une pluie de chutes
Les premiers coups de pédale de ce Giro 2010 ne se distinguent pas beaucoup de ceux des années précédentes. Les chutes, qui résultent de la nervosité d’un peloton affamé, sont nombreuses. Sur des routes bataves réputées scabreuses car jalonnées d’obstacles en tout genre (îlots directionnels simple ou doubles, routes étroites), ils sont nombreux, parmi les coureurs de ce 93eme Tour d’Italie, a être allés au tapis. Martin Kohler (BMC) n’aura même pas l’occasion de contempler les paysages transalpins. Le Suisse est la première victime de cette nervosité traditionnellement observée lors des premiers jours des grands tours.
Parmi ceux qui ont également chuté également, des favoris, dont Bradley Wiggins et Cadel Evans, qui y ont laissé de précieuses secondes-respectivement 43 secondes et 4’28. Pour ces ceux-là, comme pour Carlos Sastre (à 1’40’’), Damiano Cunego (à 2’07’’) ou Gilberto Simoni (à 9’24’’), déjà piégés, la journée de repos de ce mardi apparaît comme une occasion de panser les plaies d’une part, et d’autre part, de se refaire une santé afin d’appréhender au mieux les premières cimes. Alexandre Vinokourov ne s’y trompe pas : le Kazakh est le grand vainqueur de l’épisode néerlandais de ce Tour d’Italie 2010. Derrière lui, Vincenzo Nibali (4eme à 5’), Stefano Garzelli (9eme à 15’) ou Ivan Basso (14eme à 18’) tiennent le choc, avant un contre-la-montre par équipes, mercredi, qui viendra confirmer les premières tendances ou à l’inverse, les remettre en cause.
photo liquigas






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