Il y a un peu moins d’un an, la fratrie des Meyer se démenait sur le premier Tour Down Under de leur carrière. L’aîné, Cameron, alors néo-pro chez Garmin, est l’un des initiateurs de l’échappée principale de la troisième étape, entraînant dans son sillage plusieurs coureurs dont un illustre ex-retraité, Lance Armstrong. Le peloton aura raison de cette escapade mais l’Australien sera nommé most agressive rider de la journée. Comme pour répondre au frangin, Travis, qui porte lui le maillot local d’UniSA Australia, fera de même le lendemain. Il se fait la belle avec Alexander Efimkin et Andoni Lafuente, sans connaître meilleure fortune que Cameron. Les deux hommes se tirent la bourre et ont un objectif commun pendant cette semaine de dépucelage Pro Tour que Travis annonce sans complexes : « faire forte impression ». Marquer les esprits, c’était pourtant déjà chose faite en janvier 2009, mais sur la piste. Ce n’est pas un secret, bon nombre de routiers australiens ont fait leurs gammes sur les anneaux. Et ces deux là ont carrément fait mieux que cela : ce sont devenu de vraies terreurs dès leur plus jeune âge.
Cameron aura été le plus précoce. En 2007, il est triple champion du monde juniors quand il s’adjuge à 18 ans sa première victoire en Coupe du Monde à Los Angeles, remportant la course aux points. Il est également champion d’Australie juniors sur route et va mener de front deux apprentissages réussis. Et c’est avec un bon petit palmarès sur l’asphalte, notamment une troisième place aux mondiaux espoirs de contre-la-montre, qu’il obtient son sésame professionnel chez Garmin. L’équipe américaine lui accorde un petit crochet par la piste en mars dernier pour obtenir ses premières récompenses chez les séniors, et le prodige récolte trois breloques. L’or à la course aux points, l’argent sur l’américaine et lors de la poursuite par équipes. D’un an son cadet, Travis n’est pas aligné à ces championnats du monde de Pruszkow. Mais il sait pertinemment qu’il ne tardera pas à imiter le frérot dans sa quête. Cinq fois titré chez les juniors, il affiche le même potentiel sur route où il termine en 2007 dauphin de son frère sur le Tour de Tasmanie, avant de confirmer en 2008 en gagnant le Tour de Wellington et le Tour de Berlin. A eux deux, Cam et Travis ont un palmarès juniors et espoirs énormissime. Une fratrie de surdoués qui est alors amenée à faire parler d’elle dans les rangs pros.
2010, c’est justement l’année où les Bros vont pouvoir se mesurer parmi l’élite. Travis a rejoint son aîné chez Garmin, avec la ferme intention de rivaliser avec lui d’entrée, malgré une année de différence. Jonathan Vaughters le sait bien, il en est capable. « Travis a un talent incroyable. Comme son frère, il excelle tant sur la route que sur la piste. Nous disons toujours que notre équipe vit comme une famille, et avec ces deux-là avec nous, ce sera d’autant plus le cas. » Surpuissants rouleurs – rapides de surcroit – les deux monstres de potentiel sont attendus. En juin dernier, Cameron concourrait pour son premier Grand Tour, le Giro, qu’il n’a pas réussi à terminer. Profitant de son état de forme, il signe ensuite une remarquable sixième place sur le chrono long du Tour de Suisse. A 21 ans, la performance est digne de nombreuses marques d’attention. Le gamin est à 1’50’’ d’un Fabian Cancellara au top de sa forme sur 39 kilomètres. En l’espace d’une journée, il montre que son passage dans l’élite est réussi. Si Travis parvient à l’imiter, les deux Meyer seront rapidement reconnus dans le peloton comme deux futurs grands.
C’est donc dès maintenant que l’on va attendre d’eux des résultats. Cam n’était pas loin de devancer Rogers l’an passé aux championnats d’Australie de contre-la-montre. N’être battu que de six secondes lui a « donné faim ». Il visera ainsi l’or dans la nuit de mardi à mercredi pour l’édition 2010. Travis sera également présent et il est tout à fait possible que les frères fassent 1 et 2. Avec l’impasse de vieux briscards comme le tenant du titre Michael Rogers et le forfait probable de Jack Bobridge – encore diminué par une tendinite au genou – il n’y aura guère d’opposition. En bonne condition après avoir remporté la course aux points et la poursuite par équipes sur la piste de Melbourne en novembre, pour le compte de la coupe du monde, Cameron a tout pour endosser le maillot blanc, jaune et vert de champion national. Avec le Tour Down Under qui débutera le 19 janvier, c’est le « premier de deux gros évènements au cours desquels je veux vraiment bien faire », déclarait l’Aussie il y a quelques semaines. Mais méfie-toi de ton frère, Cam …
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Crédits photo : cameronandtravismeyer.com.au



