La Panne #1 : Formidable Chainel !

Par Baptiste Bouthier
Mardi 30 mars 2010 - 16:41
Sensation sur les Trois jours de la Panne ! Le Français Steve Chainel a remporté la première étape, traditionnellement la plus difficile de l’épreuve, en dominant au sprint un petit groupe de sept coureurs à l’issue d’une journée animée. Le coureur de l’équipe Bbox Bouygues Télécom, échappé dès le kilomètre 80, est parvenu à rester au contact des Gasparotto, Millar et autres Paolini et les a tous alignés au sprint ! C’est la première victoire du Français sous ces couleurs, et une juste récompense pour son mois de mars brillant sur les flandriennes. Lui qui, il y a quelques jours à peine, nous confiait « faire du vélo pour gagner », peut jubiler !
L’échappée met du temps à se former
En début d’étape, plusieurs groupes tentent tour à tour de prendre la poudre d’escampette, sans réussite. Un premier groupe de 15 parvient à prendre une demi minute d’avance, avec notamment Roelandts, Farrar et Eeckhout en son sein. Mais 70 kilomètres après le départ, le peloton opérait la jonction. Un nouveau groupe sortait presque aussitôt, et parvenait lui à s’extirper durablement, comptant rapidement un peu plus d’une minute d’avance sur le peloton. En son sein, dix coureurs et pas mal de clients : Steve Chainel (Bbox Bouygues Télécom), Andrey Grivko (Astana), Romain Feillu (Vacansoleil), Lorenzo Bernucci (Lampre), Tiziano dall’Antonia (Liquigas), Leif Hoste (Omega Pharma), Bert Scheirlinckx (Landbouwkrediet), Aleksejs Saramontins (HTC-COlumbia), Floris Goesinen (Skil-Shimano), et Thomas de Gendt (Topsport Vlaanderen).
Le Leberg, premier détonateur
A un peu plus de 50 kilomètres de l’arrivée, c’est la Quick Step qui prenait les commandes du peloton, bientôt relayée par les Acqua e Sapone, à l’approche d’un enchaînement de quatre bergs en dix kilomètres qui allait tout décider. A l’avant, De Gendt et Hoste sont lâchés, bientôt repris par Fabio Sabatini (Liquigas) et Stijn Vandenbergh (Katusha), partis en contre.
C’est Enrico Gasparotto qui se décide à secouer le peloton dans un secteur pavé précédant la traversée du Leberg. Le coureur d’Astana y mène un train d’enfer et créé une vraie sélection. A l’avant aussi, l’écrémage se fait petit à petit. Vandenbergh et Feillu sont rapidement repris par ce qu’il reste du peloton, emmené par les Liquigas. Ils ne sont plus que six à l’avant à 42 kilomètres de l’arrivée, et même pas quarante coureurs dans le peloton. L’écart entre les deux groupes est d’un peu plus 30 secondes.
Le mouvement décisif sur le plat
Le mont suivant, le Berendries, ne change rien, si ce n’est l’écart entre les échappés et le peloton, malgré les efforts de Chainel, fatals à de Gendt. Dans le peloton, les trois Liquigas, qui travaillent pour Quinziato et Bennati, trouvent un soutien avec les BMC, qui semblent emmenés par un Ballan en forme. Sur le plat, à l’approche du Valkenberg, un groupe sort du peloton, avec notamment le décidément intenable Gasparotto. On y retrouve aussi Daniele Bennati (Liquigas), Luca Paolini (Acqua e Sapone), David Millar (Garmin), Marco Bandiera (Katusha), Lieuwe Westra (Vacansoleil) et Daniel Oss (Liquigas).
Sans trop le chercher au départ, ce groupe finit par dire adieu au reste du peloton. A 32 kilomètres de l’arrivée, tout ce petit monde rejoint les cinq survivants de l’échappée matinale, et après un gros effort, Simon Spilak (Lampre) parvient à les rejoindre à son tour. Ils sont donc douze en tête, à 30 kilomètres de l’arrivée, et il n’y a ni BMC, ni Quick Step, ni Omega Pharma à l’avant. Il ne reste plus que deux bergs, et l’écart avec le deuxième groupe est de 38 secondes.
Scheirlinckx anticipe les derniers bergs
L’absence de ces grosses écuries à l’avant conduit le peloton à rouler derrière ce groupe de douze, dans les 15 kilomètres de plat séparant le Valkenberg du Kruisberg, l’avant-dernier mont du jour, situé à 16 km de l’arrivée. Mais ce n’est pas le peloton qui pointe à 38 secondes. C’est un groupe de six coureurs, qui, à 25 kilomètres de l’arrivée, parvient à rejoindre la tête de la course. On y retrouve Nico Eeckhout (An post – Sean Kelly), Johan Coenen (Topsport Vlaanderen), Romain Zingle (Cofidis), Frédéric Amorison (Landbouwkrediet), Laurent Beuret (CarmioOro) et Adam Hansen (HTC-Columbia). Derrière, le peloton, emmené par les Quick Step, est à une minute mais semble incapable de revenir.
Dans le groupe de tête, Hansen chute et dit adieu au reste du groupe. C’est le moment que choisi Scheirlinckx pour fausser compagnie aux seize autres. Il prend rapidement une grosse quinzaine de secondes d’avance, forçant les Liquigas, en supériorité numérique avec trois coureurs (Bennati, dall’Antonia et Oss), à rouler. Au pied du Kruisberg, le coureur de l’équipe Landbouwkrediet compte presque 30 secondes d’avance sur ses poursuivants !
Un groupe de sept sort du Kortekeer
Le train infernal de Oss, dans le Kruisberg, fait exploser le groupe de contre. Ils ne sont que six à pouvoir le suivre : Gasparotto, Paolini, Westra, Bennati, Millar et Chainel, au courage. Mais les autres parviennent, quelques kilomètres plus loin, à revenir. Ils sont donc de nouveau seize en tête, à 12 kilomètres de l’arrivée, et il n’y a plus que le Kortekeer pour les départager. Alors c’est au tour d’Amorison de tenter sa chance en solitaire, imitant son coéquipier Scheirlinckx.
Il attaque le Kortekeer en tête, mais au sommet, plusieurs l’ont rejoint. Un groupe de sept coureurs s’est formé en tête : Millar, Gasparotto, Oss, Chainel, Paolini, Westra et donc Amorison. Derrière, Spilak, Bandiera et Grivko tentent de s’organiser pour revenir, et l’attentisme à l’avant leur est favorable. Car pas grand monde ne semble décider à emmener Gasparotto et Paolini dans un fauteuil. Chainel s’y met mais a déjà beaucoup donné ; seul Millar semble volontaire pour le relayer.
Quel sprint de Chainel !
Finalement, il ne reste plus que six kilomètres et chacun commence à comprendre l’intérêt qu’il a à ne pas laisser revenir le deuxième groupe. La raison s’appelle Daniele Bennati, qui a été piégé et tente de revenir. Gasparotto, Paolini et les autres se mettent donc à la planche et l’écart passe presque instantanément de 5 à 20 secondes. Les sept ne seront jamais revus.
Jusqu’aux 500 mètres, l’entente est parfaite. Millar roule comme un fou, afin de creuser l’écart, en vue du classement général : le CLM du dernier jour l’avantage. Oss lance le sprint, mais Chainel est énorme et le dépasse, puis résiste au retour de Paolini et de Gasparotto ! Grande victoire pour le coureur de l’équipe Bbox Bouygues Telecom, qui trouve là la récompense de ses bonnes performances récentes sur les courses pavées belges. Il devance, dans l’ordre, les trois italiens Paolini, Gasparotto et Oss. Un exploit pour celui qui était dans l’échappée matinale !

1.
Steve Chainel (Bbox Bouygues Telecom)
2.
Luca Paolini (Acqua & Sapone) m.t.
3.
Enrico Gasparotto (Astana) m.t.
4.
Daniel Oss (Liquigas) m.t.
5.
Frédéric Amorison (Landbouwkrediet) m.t.
6.
Lieuwe Westra (Acqua & Sapone) m.t.
7.
David Millar (Astana) +0’03″
8.
Nico Eeckhout (An Post – Sean Kelly) +0’45″
9.
Johan Coenen (Topsport Vlaanderen) m.t.
10.
Marco Bandiera (Katusha) m.t.
+ classement complet

1.
Steve Chainel (Bbox Bouygues Telecom)
2.
Luca Paolini (Acqua & Sapone) +0’04″
3.
Enrico Gasparotto (Astana) +0’06″
6.
Lieuwe Westra (Acqua & Sapone) +0’07″
4.
Daniel Oss (Liquigas) +0’10″
5.
Frédéric Amorison (Landbouwkrediet) m.t.
7.
David Millar (Astana) +0’13″
8.
Nico Eeckhout (An Post – Sean Kelly) +0’55″
9.
Johan Coenen (Topsport Vlaanderen) m.t.
10.
Marco Bandiera (Katusha) m.t.
+ classement complet
crédit photo : ispaphoto.com






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