La Coupe de France peine à exister

Par Baptiste Bouthier
Samedi 30 janvier 2010 - 19:00
Dimanche, avec le Grand Prix la Marseillaise, la saison cycliste française va démarrer. Cette année, il s’agit également du lancement de la Coupe de France, que l’épreuve sudiste a rejoint cette saison. Une compétition créée en 1992 mais qui peine, malgré ses 19 éditions et ses quelques vainqueurs de prestige – Hushovd, Gilbert, Kirsipuu -, à s’affirmer et à exister dans le paysage cycliste professionnel. Les raisons de ce relatif échec sont multiples. Le peu de visibilité, le niveau des courses, le manque de liant entre les différentes épreuves, leur espacement dans le temps, la faiblesse et le manque d’homogénéité des start-lists sont autant d’explications plausibles.
La Coupe de France ne compte à son programme que des semi-classiques d’un niveau certes honorable mais quand même peu élevé. Aucune course Pro-Tour ou même Hors Catégorie (Paris-Roubaix, GP de Plouay ou Paris-Tours) ne figurait au calendrier de la Coupe de France jusqu’à cette année et la promotion du Tour de Vendée, promu au rang 1.HC à l’intersaison. Le Tro Bro Léon, le GP d’Isbergues ou Cholet – Pays de Loire sont de belles courses, mais au milieu de beaucoup d’autres dans le calendrier mondial. Le poids sportif de la Coupe de France est donc assez moyen.
Ce côté « noyé dans la masse » est accentué par la distance temporelle entre les différentes manches de la Coupe de France. En 2010, il y aura huit mois d’écart entre le GP la Marseillaise, 1e épreuve, et le Tour de Vendée, 13e et dernière épreuve, fin septembre. Ces huit mois rendent particulièrement difficile la création de liant entre les différentes manches. En dehors d’un regroupement intéressant en avril (quatre courses en six jours), la plupart des manches sont isolées les unes des autres.
Cette réalité contribue à désintéresser les coureurs à un certain suivi de la Coupe de France. Déjà peu intéressés, a priori, par le challenge, les coureurs sont encore un peu plus découragés par cet espacement dans le temps et ont tendance à prendre ces courses séparément plutôt que comme un tout. Du coup, on se retrouve avec des plateaux extrêmement disparates d’une course sur l’autre, la start-list du Tour de Vendée étant, par exemple, souvent bien plus sexy que celle du Trophée des grimpeurs.
Pour ne rien arranger, il est aujourd’hui très difficile de trouver des informations sur la Coupe de France. Pas de site officiel, peu de relais, il est globalement assez aisé de trouver le résultat des courses figurant à son calendrier mais beaucoup plus dur de connaître le classement provisoire après chaque manche. Idem pour les questions de règlement, de barème etc.
Pas de « course aux points »
Tous ces handicaps, superposés, font de la Coupe de France une compétition sans âme qui, année après année, n’est un objectif pour les coureurs qu’au bout de quelques courses. Aucun professionnel n’ambitionne, au début de la saison, de remporter le classement final de la Coupe de France ; ce genre d’objectif ne naît qu’en cours de saison, quand une bonne position à ce classement est à défendre voire améliorer. Il faut dire que le peu de reconnaissance liée à la victoire finale dans ce trophée (qui peut citer les vainqueurs des deux ou trois dernières années ?) n’incite pas à se battre outre-mesure.
Pour 2010, la Ligue Nationale de Cyclisme, qui organise la Coupe de France grâce, aussi, au sponsor Crédit Agricole, tente de rendre un peu plus intéressant le concept. Passée de 11 à 13 manches, la Coupe de France a donc pour la première fois une épreuve HC à son calendrier. Surtout, les deux nouvelles épreuves permettent de désenclaver géographiquement cette compétition, le Tour du Doubs et le GP la Marseillaise étant les seules courses à se situer en dehors du quart nord-ouest de la France (voir carte en bas).
Suffisant pour relancer l’intérêt sportif ? Pas sûr. Une fois de plus, chacune des manches de cette 20e édition de la Coupe de France devrait être considérée séparément par les coureurs les disputant, plutôt que comme partie d’un tout. Contrairement à la Coupe du monde, supprimée il y a quelques années, qui était parvenue, en quelques saisons d’existence seulement, a considérablement modifier le comportement des coureurs dans des courses comme les Ardennaises ou le Tour de Lombardie, la Coupe de France n’a pas réussi à donner aux coureurs l’envie de faire la « course aux points ». C’est peut-être un mal pour un bien, car sur la Coupe du monde, on assistait parfois à des marquages entre coureurs qui nuisaient à la course.
On en est encore loin sur la Coupe de France, et la première épreuve, ce week-end, dans les Bouches-du-Rhône, devraient une nouvelle fois donner lieu à une course débridée et agréable à suivre. Et c’est très bien comme ça.
Liste des manches
31 janvier : GP la Marseillaise
20 mars : Cholet – Pays de Loire
13 avril : Paris – Camembert
15 avril : GP de Denain
17 avril : Tour du Finistère
18 avril : Tro Bro Léon
2 mai : Trophée des grimpeurs
29 mai : GP de Plumelec
1er août : La Poly normande
29 août : Châteauroux classic de l’Indre
5 septembre : Tour du Doubs
19 septembre : GP d’Isbergues
4 octobre : Tour de Vendée
Retrouvez toute l’année ce calendrier à cette adresse
Classement final 2009
1. Jimmy Casper (Fra) Besson Chaussures 193 points
2. Romain Feillu (Fra) Agritubal 100
3. Anthony Geslin (Fra) Française des Jeux 96
4. Mathieu Ladagnous (Fra) Française des Jeux 90
5. Thomas Voecker (Fra) Bbox Bouygues Telecom 75
6. Lilian Jegou (Fra) Bretagne – Schuller 73
7. Dimitri Champion (Fra) Bretagne – Schuller 70
8. Stéphane Bonsergent (Fra) Bretagne – Schuller 69
9. Benoît Vaugrenard (Fra) Française des Jeux 58
10. Jérémy Galland (Fra) Besson Chaussures 56
Palmarès
2008 : Jérôme Pineau
2007 : Sébastien Chavanel
2006 : Lloyd Mondory
2005 : Philippe Gilbert
2004 : Thor Hushovd
2003 : Jaan Kirsipuu
2002 : Franck Bouyer
2001 : Laurent Brochard
2000 : Patrice Halgand
1999 : Jaan Kirsipuu
1998 : Pascal Lino
1997 : Nicolas Jalabert
1996 : Stéphane Heulot
1995 : Armand de Las Cuevas
1994 : Ronan Pensec
1993 : Thierry Claveyrolat
1992 : Jean-Cyril Robin
Carte de la Coupe de France
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