La Corse relance l’intérêt du Critérium

Par Baptiste Bouthier
Samedi 27 mars 2010 - 10:53
Cap corse pour le Critérium international en cette année 2010 ! L’île de beauté renoue avec le cyclisme professionnel et le Critérium international sort lui d’un enlisement qui se faisait sentir ces dernières années. Neuf années à Charleville-Mézières, c’est bien assez, et la course avait bien besoin d’un gros changement pour redevenir attractive et spectaculaire. Attractive, elle le sera au moins pour les médias, avec probablement le seul affrontement entre Armstrong et Contador avant le Tour. Spectaculaire, elle devrait l’être par son parcours. Cette édition 2010 propose en effet quelques retouches au menu devenu ardennais devenu indigeste, et nous remet en appétit.
Un parcours qui en jette
On verra bien ce qu’il en aura été dimanche soir, mais c’est vrai que pour le moment, le parcours est alléchant. L’épreuve propose, au lieu de la courte et timide étape de côtes du dimanche matin, une vraie, belle et longue étape de montagne le samedi. Le reste de la formule ne change pas, et l’essence même du Critérium, qui fait son charme, est bien la même : une étape plate, une étape accidentée, un chrono. Pour un coureur complet.
Alors que l’étape du samedi s’est presque toujours résumée à une procession ces dernières années, et que celle du dimanche matin manquait souvent de vraies difficultés pour bousculer suffisamment le peloton, le relifting 2010 est prometteur. L’étape difficile passe donc au samedi, ce qui déjà double son kilométrage ; et qui plus est, elle troque ses courtes côtes ardennaises contre des cols de moyenne montagne typiquement corses ! On ne va jamais dépasser les 1 000 mètres d’altitude, mais sachant que l’on va régulièrement redescendre au niveau de la mer, ça vous laisse imaginer le dénivelé…
Cette étape propose cinq côtes ou cols, et les trois dernières sont particulièrement notoires. Elles se situent en effet dans les 70 derniers kilomètres et devraient faire la décision. Si certains coureurs ont envie de tout faire péter assez tôt, l’enchaînement col de Mela – col de Bacinu devrait le leur permettre. Ces deux cols d’une dizaine de kilomètres, seulement séparés par un peu moins de dix bornes de descente, présentent des pentes moyennes de respectivement 7 et 6 pour cent avec, à chaque fois, de longs passages à 8 ou 9 %. Au sommet du Bacinu, il reste 41 kilomètres. Si le peloton s’est montré frileux, c’est donc dans la montée finale, le col de l’Ospedale, que se fera la décision. Ses 14 bornes à 6 % de pente moyenne, avec un long passage intermédiaire de 7 bornes à près de 8 %, en font une arrivée très spectaculaire, digne d’une arrivée au sommet de première catégorie sur le Tour de France. L’arrivée est jugée après un court replat. Et des écarts décisifs seront déjà faits.
Du coup, l’étape du lendemain matin, réputée « plate » et pour les sprinters, pourrait être l’occasion de coups de trafalgar. Les 75 kilomètres du parcours ne s’éloignent jamais trop de la mer, ce qui pourrait pourquoi pas permettre des coups de bordure. L’arrivée, dans Porto-Vecchio, est une ligne droite d’un kilomètre avec un fort faux-plat montant dans les 500 derniers mètres. Le sprint est donc probable, mais ce sera un sprint difficile, pour costauds. Enfin, le dimanche après-midi, le contre-la-montre dans les rues de Porto-Vecchio sera long de 7 700 mètres. L’occasion d’une petite balade touristique dans les rues étroites de la vieille-ville… et de faire d’ultimes écarts au classement général.
Une participation… impériale
Changement de parcours, changement de registre. Le Critérium international a toujours attiré de grands coureurs, mais ces dernières années, il y avait comme un relâchement. L’arrivée en Corse a redonné des couleurs au triptyque, malgré la concurrence accrue cette année par les changements de date du Tour de Catalogne ou de Gand-Wevelgem. L’événement (surtout médiatique) majeur est bien sûr le duel Armstrong-Contador. L’Espagnol a décidé de s’aligner en Corse plutôt qu’en Catalogne afin de défier l’Américain, qui semblait fuir l’affrontement. Ce duel sera sans doute le seul avant le Tour, et même si la forme des deux coureurs est à l’heure actuelle incomparable, cela ne devrait pas manquer de faire couler de l’encre.
En dehors de ces superstars, le monde réel du cyclisme a également répondu présent. De gros poissons mondiaux seront au rendez-vous, comme le champion du monde Cadel Evans, qui sera d’ailleurs à surveiller de très près vu sa forme sur Tirreno-Adriatico ; mais aussi Michael Rogers, Alexandre Vinokourov, Samuel Sanchez, Thomas Lövkvist, David Millar, Juan Mauricio Soler, Rigoberto Uran, Jussi Veikkanen, Michael Albasini ou encore Maxime Monfort. Le seul absent marquant, finalement, c’est le triple vainqueur en titre, l’Allemand Jens Voigt. L’Ospedale lui convient certes moins que les courtes montées ardennaises.
Côté français, on retrouve aussi pas mal leaders, comme Thomas Voeckler, David Moncoutié, Pierrick Fédrigo, ou même Christophe Moreau. On retrouvera de nombreux grimpeurs : John Gadret, Amaël Moinard, Rémi Pauriol, Pierre Rolland, David Le Lay, Dimitri Champion, Brice Feillu. Et de jeunes pousses prometteuses : Julien El Farès, Benoît Vaugrenard (quand même plus si jeune), Jérôme Coppel, Jonathan Hivert, Clément Lhotellerie, ou le plus jeune de tous, Johan Le Bon.

2009 -
VOIGT Jens
2008 -
VOIGT Jens
2007 -
VOIGT Jens
2006 -
BASSO Ivan
2005 -
JULICH Bobby
2004 -
VOIGT Jens
2003 -
BROCHARD Laurent
2002 -
MARTINEZ Alberto
2001 -
VERBRUGGHE Rik
2000 -
OLANO Abraham
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Samedi 27 mars : 1e étape, Porto Vecchio – Col de l’Ospedale (175,5 km)
Dimanche 28 mars (matin) : 2e étape, Porto Vecchio – Porto Vecchio (75 km)
Dimanche 28 mars (après-midi) : 3e étape, Porto Vecchio (7,7 km, CLM individuel)
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Crédit infographies : letour.fr / Crédit photo : Georges Luechinger








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