Jean-Christophe Péraud, coureur français d’avril

Par Velochrono
Mercredi 5 mai 2010 - 10:55
En ce début mai, il est temps pour la rédaction de Velochrono de décerner le prix du coureur français du mois d’avril. Et cette récompense revient à Jean-Christophe Péraud, qui tournait autour depuis déjà deux mois et qui se voit enfin récompensé de son spectaculaire début de saison. Le coureur d’Omega Pharma devance Florian Vachon (Bretagne-Schuller) et Jérémy Roy (Française des Jeux).
Péraud, le faux néo-pro
Ce qui est fou avec Jean-Christophe Péraud, c’est qu’il faut se rappeler que le vice-champion olympique de VTT de Pékin n’avait jamais couru dans un peloton professionnel sur route avant 2010. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’est très vite adapté ! Ce qui lui vaut cette récompense, pour son quatrième mois en tant que coureur professionnel seulement. « Ca fait toujours plaisir, commente Jean-Christophe Péraud auprès de Velochrono, mais je ne pense pas que tout le monde soit d’accord pour dire que je suis déjà parfaitement adapté au monde pro ! Certes, je n’ai pas le physique d’un néo-pro, mais sur le plan de la tactique de course et de la connaissance de mes adversaires, j’ai de grosses lacunes. » Décidément perfectionniste, Péraud estime même ne pas avoir fait « un super mois d’avril, en tout cas, je l’ai fini difficilement !«
Et pourtant, c’est bien en avril que Péraud a fait sa meilleure perf. Déjà bon sur le Tour d’Algarve, en février, le coureur de l’équipe belge Omega Pharma avait ensuite réalisé un Paris-Nice discret mais très solide, qui lui permettait de prendre la neuvième place finale, et la place symbolique de premier Français. Mais le grimpeur, également bon rouleur puisqu’il est champion de France de la spécialité, a définitivement confirmé début avril en prenant une excellente cinquième place au classement final du Tour du Pays basque, une performance qu’aucun Français n’avait réalisée depuis 1997. Et encore, sans un contre-temps dans le contre-la-montre final, il aurait pu monter sur le podium final de la course espagnole.
En revanche, la semaine ardennaise a été une petite déception pour le coureur d’Omega Pharma, puisqu’il n’a brillé sur aucune des trois courses, et qu’il n’a même pas été d’une très grande aide pour son leader Philippe Gilbert. « Sur le Tour du Pays basque, j’ai fait un très bon résultat. Avant la course, je ne savais pas à quoi m’attendre, mais je me savais en meilleure forme que sur Paris-Nice. Par contre, ensuite, ça s’est enchaîné trop vite. J’étais fatigué. Sur les Ardennaises, il n’y a guère que sur la Flèche wallonne que j’ai joué de malchance, puisque j’ai chuté sur un plot à trois kilomètres de l’arrivée. Mais j’avais déjà dans la tête de ne pas faire le mur de Huy à fond, juste de replacer Philippe au pied. » Avait-il trop couru avant cette semaine ardennaise ? « Non, ça s’est juste enchaîné trop vite. »
La semaine passée, Jean-Christophe Péraud a aussi fait illusion au début du Tour de Romandie. Onzième du général au matin du dernier week-end montagneux, il a fini par mettre pied à terre lors de la dernière étape. « Samedi, j’ai explosé ! Avec la fatigue, j’étais logiquement de moins en moins fort. » Le temps est donc venu de prendre une pause : « Je coupe enfin. Mon programme maintenant c’est : repos ! (rires) » On ne devrait pas donc beaucoup voir le coureur d’Omega Pharma en mai. Il a plutôt en tête le Dauphiné, le Championnat de France et le Tour, maintenant. Avec l’envie de garder son titre de champion de France du chrono. Mais pour la récompense de coureur français du mois de mai, Jean-Christophe Péraud vote David Moncoutié. « Par affinités, car c’est un très bon coureur que j’apprécie. On a un peu le même terrain de jeu finalement ! Sur le Tour d’Italie, avec la dernière semaine très montagneuse, je pense qu’il pourra être très fort. » Espérons au coureur de la Cofidis la même réussite que pour celui d’Omega Pharma !
Vachon, grâce à une semaine faste
Cela fait maintenant trois saisons que Florian Vachon est professionnel. Ses débuts, il les a signé, en 2008, au VC Roubaix, avec à la clé quelques résultats prometteurs, et notamment une victoire d’étape sur l’an passé sur le Tour du Gévaudan. Deuxième de Paris-Tours chez les espoirs, il présentait potentiel axé sur les courses d’un jour, qu’il n’avait pas encore confirmé pleinement jusqu’à son passage chez Bretagne-Schuller. Et en l’espace d’une semaine, c’est l’explosion. Victoire d’étape sur le relevé Circuit des Ardennes, il termine aussi deuxième au GP de Denain, derrière le sprinteur Denis Flahaut. Il enchaîne deux jours plus tard en remportant le Tour du Finistère, disposant de Leonardo Duque, puis se montre à nouveau actif sur le Tro Bro Leon, où il prend la 5e place. Résultat, le Breton hérite de la première place de la Coupe de France, et fait figure de candidat à la victoire finale, alors qu’il ne reste déjà plus que six manches. Âgé de 25 ans, il a montré en ce mois d’avril qu’il avait le niveau pour rapidement accéder à un échelon supérieur.
L’envol de Roy
En un mois, Jérémy Roy a véritablement passé un cap. La performance que l’on retiendra tout d’abord, c’est sa victoire sur le Tro Bro Leon, l’exigeante et spectaculaire course bretonne, rendue scabreuse par le franchissement de ses ribinous. Solide rouleur, il affiche aussi sa grinta en s’échappant en solitaire dans le final, pour s’adjuger la deuxième victoire pro de sa carrière. La première, c’était une étape du Paris-Nice 2009 ; un succès qui a peut-être constitué un déclic chez le Tourangeau. C’est alors sans surprise qu’il prend une nouvelle dimension un an plus tard, confirmant son succès breton par une très intéressante 21e place sur la Flèche wallonne, puis en réalisant un super Tour de Romandie. Il y prend la troisième place du prologue, face à une opposition très relevée, puis tient bon en montagne, où il termine 10e et 15e le week-end final. Il conclut ainsi l’épreuve suisse au 15e rang. Un résultat qui ponctue le meilleur mois de sa carrière.
>> Jérémy Roy réagit à sa troisième place
Ils ne nous ont pas échappé
Septième du Tour du Pays Basque et seizième du Tour de Romandie, Sandy Casar aurait très bien pu, avec un petit quelque chose en plus, être dans ce classement. Sa meilleure période approche, et il ne devrait pas tarder à récolter les honneurs. Vainqueur de Paris-Camembert, Sébastien Minard a confirmé avec une belle 19e place sur la Flèche wallonne. Egalement un gros mois de la part de Lloyd Mondory, qui n’a pas fait la moindre mauvaise course, terminant quatrième à Vitré, troisième du Tro Bro Leon, et surtout quatorzième du Tour des Flandres, neuvième du Grand Prix de l’Escaut et 17e de Paris-Roubaix. Christophe Le Mével fait, chaque mois, de belles performances, mais manque de régularité. Il a néanmoins une fois de plus montré qu’il n’avait aucun complexe en montagne en prenant la troisième place de la première étape au Pays basque, et s’est aussi distingué en étant quatorzième de la Flèche wallonne. On aurait également pu voir Jérôme Coppel plus haut, s’il avait davantage couru en avril. Quatre courses, trois places dans les six : au Tour du Finistère, puis deux fois en Espagne, au GP Llodio et au Tour de la Rioja.

Mars – FEDRIGO Pierrick
Février – DUMOULIN Samuel
Janvier – CHARTEAU Anthony






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