Sireau : « Je ne crains plus personne »

Par Adrien MATHIEU
Mercredi 24 mars 2010 - 19:59
Vainqueur de la coupe du monde de vitesse individuelle cette saison, Kevin Sireau aborde les championnats du monde 2010, qui débutent mercredi, avec une étiquette de favori. L’Issoldunois tentera de succéder à Grégory Baugé dans la discipline reine et de remporter pour la 3e fois de suite le titre par équipe. Pour Velochrono, il revient sur sa préparation, ses coéquipiers, ses adversaires.
Tu es l’un des nouveaux chefs de file du cyclisme sur piste français. Peux-tu te présenter à ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Pour commencer, je n’aime pas m’identifier comme un meneur de file. Je fais du vélo depuis l’âge de 12 ans, dans un club de l’Indre qui ce nomme l’AC Bas-Berry à Issoudun, dirigé par notre président Roger Hervouet. J’ai commencé par la route où je n’étais pas très remarquable. Puis est venu un stage de détection avec le CTR de la région, Philippe Bodier, qui se déroulait sur piste et de là, je suis tombé amoureux de la discipline. Cela ça fait 6 ans que je fais parti du pôle élite de Hyères, coaché par Benoît Vetu et 5 ans que j’ai signé dans l’équipe pro (piste) de Cofidis avec comme directeur sportif Arnaud Tournant.
Cette année, Teun Mulder et Maximilian Levy sont arrivés dans l’effectif Cofidis. Quelles relations entretenez-vous ?
J’ai une relation toute particulière avec Maximilian Levy car je courais avec lui lors des compétitions internationales en junior, c’était un peu mon grand rival. Mais depuis que nous avons rejoint le rang des élites nous sommes en relation très courtoise et amicale en dehors des compétitions. Teun Mulder, qui est plus vieux que moi, est un peu le doyen de l’équipe pro piste Cofidis. C’est une personne très relax et très appréciée. Pour résumer tout le monde s’entend très bien.
« On découvre comment fonctionnent les étrangers »
Qu’est ce que leur arrivée apporte au niveau des entraînements, une stimulation supplémentaire ? Un partage d’expérience ? Es-tu, des trois, celui qui tire le plus de bénéfices de cette collaboration ?
Pour ce qui est de l’entraînement, leur arrivée ne m’apporte rien du fait que je ne m’entraîne pas avec eux. Sur le plan du partage d’expérience, effectivement on découvre comment fonctionnent les étrangers. De leur coté, ils tirent également parti de cette expérience. En fin de compte, nous nous y retrouvons tous les trois sur cette collaboration.
Peux tu nous parler de ton coéquipier Quentin Lafargue, retenu sur le kilomètre ?
Quentin est un coureur de qualité qui peut prouver sa valeur quand il le veut. Le début de saison à été dur pour lui du fait que pour la vitesse par équipe (avec Cofidis), nous avons un très bon démarreur qui est Teun Mulder, mais il ne s’est pas laissé abattre et à obtenu sa place pour les championnat du monde.
L’an dernier, tu as battu le record du monde du 200m lancé, à Moscou, avec un temps de 9,572 secondes…soit 75,22 km/h ! Penses tu pouvoir aller plus encore vite ? De manière générale, dans quels domaines penses-tu pouvoir t’améliorer ?
Je pense, et c’est un avis partagé avec mon entraîneur Benoit Vetu, que si nous étions restés plus longtemps sur Moscou, nous aurions pu faire descendre le chrono d’encore quelques millièmes. D’un point de vue général, j’ai encore beaucoup acquis cette année et maintenant c’est vraiment du peaufinement.
En cyclisme sur piste, arrives t-on à maturé beaucoup plus tôt que sur route ? On voit par exemple en poursuite individuelle des coureurs de même pas 20 ans être les favoris pour le titre mondial … Et toi, tu n’as que 22 ans et a déjà un palmarès bien fourni !
Non je ne pense pas, ce genre d’exemple arrive partout. On retrouve ça dans beaucoup de discipline et dans tous les sports en général.
« J’ai suffisamment d’expérience internationale »
Comment t’es-tu préparé pour ces mondiaux ? A quoi ressemble une journée type quelques semaines avant un tel rendez-vous ? Y a-t-il des sacrifices à faire, plus que le reste de l’année?
Au cours d’une carrière, on recherche le titre mondial chaque année, les « sacrifices » sont donc les mêmes. Pour cette année, je me suis vraiment appliqué sur mes entraînements et j’ai constaté des changements sur mes temps ainsi que sur mon état de forme. Une journée type est la suivante : De 9h à 11h, musculation (aussi bien le bas que le haut du corps), puis de 14h à 17h30 : piste (où les séances varient selon les jours).
Vainqueur de la coupe du monde de vitesse individuelle cette saison, tu arrives à Copenhague avec un statut de favori. Peux tu nous présenter tes principaux concurrents Hoy, Baugé, Kenny, Perkins, etc ? Lequel crains-tu le plus ?
Clairement, je ne crains plus personne, j’ai suffisamment d’expérience internationale pour passer cette étape mais les concurrents seront rudes et il faudra faire attention a tout le monde. Les combats commencent dès les 200m.
« Mes partenaires ? Je leur fais confiance »
Avec Gregory et Michael, vous allez tenter de remporter pour la 5e fois de suite (la 3e pour toi) le titre de champion du monde de la vitesse par équipe. Les britanniques vont une nouvelle fois vous donner du fil à retordre. Pars-tu confiant ? Connais-tu l’état de forme de tes partenaires et surtout de tes adversaires ?
Confiant, je le suis maintenant, il ne faut pas se relâcher pour autant. Mes partenaires ? Je leur fais confiance, ils seront aux rendez vous. Pour ce qui est des étrangers, je ne sais ni s’ils sont en forme, ni si ce seront les britanniques qui nous donneront du fil à retordre (bien que je pense que si).
Pourquoi as-tu décidé de faire l’impasse sur le keirin cette année ?
Par rapport au championnat du monde de 2008, en 2009, je régresse d’une marche sur le podium (en vitesse individuelle, NDLR). Je ne pense pas que se soit à cause du keirin mais la semaine est longue quand nous enchaînons la vitesse par équipe, le keirin et la vitesse individuelle, et nous dirons chaque chose en son temps.
Un pronostic sur le nombre de titres et de médailles pour les français ?
Aucune idée, un maximum : toutes ! (sourire). Au moins autant que l’année dernière ! (6, NDLR)
Envisages-tu, dans le futur, de te tourner vers la route ?
Je ne pense pas pour l’instant vu que, quand je suis sur la route, cela me semble si dur. Mais qui sait ? Peut être après avoir perdu un peu de masse musculaire, j’y retournerais. En tous cas, je n’arrêterais pas le vélo si brutalement.
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Nous remercions Kevin Sireau pour sa disponibilité.





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