Ils se réservaient pour le chrono

Par Alexandre Philippon
Samedi 24 juillet 2010 - 7:00
Cela fait quelques jours qu’ils sont quelques uns à se réserver pour ce rendez-vous. Ce samedi a lieu le seul et unique contre-la-montre individuel de ce Tour de France 2010 entre Bordeaux et Pauillac, et c’est peut être l’occasion pour certains de sauver les meubles … ou d’en rajouter une couche ! Zoom sur quelques coureurs non concernés par le classement général, et qui pourraient faire parler la poudre à travers les vignobles du Haut-Médoc.
Cancellara, le favori
Vainqueur du prologue de Rotterdam, puis longtemps porteur du maillot jaune – deux jours, puis à nouveau quatre -, Fabian Cancellara avait été avec Sylvain Chavanel l’homme de la première semaine du Tour. Puis il s’est effacé. Chez Saxo Bank, c’est Andy Schleck qui est devenu la seule et unique préoccupation et le Suisse s’est fait discret. Ce n’est pas pour autant qu’il s’est mué en coéquipier de luxe : le Suisse a eu beaucoup de mal à s’accrocher dans les montées. Son plus gros travail, cela a été celui qu’il a accompli jeudi en direction du Tourmalet. Grosso modo, de l’étape des Rousses à maintenant, Spartacus n’a pas donné un coup de pédale, et cela en fait plus que jamais le favori de ce chrono girondin. Car le champion du monde de l’exercice ne semble fatigué en cette fin d’épreuve.
Martin, le dauphin de Rotterdam
Lors du prologue, Tony Martin avait longtemps conservé le meilleur temps après être parti parmi les premiers de manière à éviter la pluie. Le coup avait été presque parfait, les espoirs de l’Allemand s’effondrant en fin de journée avec le passage de Fabian Cancellara. Suite à ce semi-échec, terminer 2e derrière le meilleur spécialiste mondial n’étant pas si mal -, le coureur de l’équipe HTC-Columbia a dû mettre de côté ses équipiers et participer au travail de préparation des sprints massifs de Mark Cavendish, comme cela a été également le cas des autres gros moteurs de la formation californienne, à savoir Bert Grabsch et même Michael Rogers, pourtant leader en montagne. Samedi, ce sera le moment pour les serviteurs du Manx Express de penser un peu à eux. Et Tony Martin sera à cette occasion l’opposition direct au favori suisse de l’étape.
Vinokourov, 3 ans après Albi ?
Il a dit qu’il gardait ce chrono dans un coin de la tête. Vino, sur la base de sa performance de Revel il y a une semaine, a certainement une grosse performance dans les jambes. Peu mis à contribution par Alberto Contador dans les Pyrénées, il aura forcément de la fraîcheur pour cette étape contre-la-montre. Longue, roulante mais usante, elle peut lui convenir. Alors qu’il est en reconquête sur cette Grande Boucle, le Kazakh rappellerait bien des mauvais souvenirs s’il venait à triompher à Pauillac. En effet, lorsqu’il avait été annoncé contrôlé positif aux transfusions homologues sur l’édition 2007, c’était après sa victoire sur un chrono, celui d’Albi. Un succès qui lui avait été retiré. À noter que depuis son retour à la compétition, Vino s’est adjugé le contre-la-montre du Tour de l’Ain 2009, du Tour du Trentin 2010, ainsi que le dernier Chrono des Herbiers.
Wiggins, pour sortir en beauté ?
En montagne, il a été invisible. A t-il trop couru cette année ? Le parcours était-il trop difficile pour lui en comparaison à l’année dernière ? En tout cas, le 4e de l’édition 2009 n’a été que l’ombre de lui-même cette année et son Tour de France, comme celui de son équipe Sky, est pour l’instant loin d’être concluant. Il reste une occasion – la dernière – de relever la tête. Ce chrono de samedi peut lui convenir, et il le sait. »On a décidé de tout mettre en place pour essayer de la gagner. Depuis deux ou trois jours, je me sens bien, et je récupère bien, déclarait-il jeudi. C’est trop tard pour sauver quelque chose au général, mais ça peut le faire pour une victoire d’étape. C’est le Tour, donc ça va être difficile. Mais je vais le faire à fond. »
Armstrong, le point d’interrogation
Lance Armstrong est attendu sur ce chrono. Peut-être pas pour la gagne, mais plus pour une place comme lors du prologue. Il s’était classé 4e et laissait deviner que sa condition était très bonne, meilleure encore qu’en 2009. Pourtant, la suite du Tour de France n’a pas confirmé cette tendance, la faute à une chute sur l’étape de Morzine-Avoriaz. Aurait-il, sans cet incident, bataillé avec les meilleurs dans la montagne ? Rien n’est sûr. En tout cas, depuis de nombreuses journées, à part lors de l’étape de Pau, le Texan ne s’est pas beaucoup employé. À la veille de ses vrais adieux au Tour, aura t-il la bonne idée de sortir un gros chrono ? Cela devrait être son ambition, mais il faudra que les jambes soient bonnes. L’an dernier, alors qu’il bataillait pour le podium, Lance Armstrong avait terminé 16e à Annecy sur 40 kilomètres. Avec plus de fraîcheur, qui sait…
photo : sport-phot.com






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