Ils misent tout sur Willunga

Par Velochrono
Vendredi 22 janvier 2010 - 14:12
Samedi, c’est un gros morceau qui se dresse face au peloton. L’étape de Willunga est loin d’être montagneuse, mais son final n’a rien à envier à celui d’une classique. L’occasion pour les puncheurs de tout donner pour distancer les sprinteurs, qui occupent les six premières positions du classement général. Plusieurs coureurs, dans le dernier tour de circuit, sont en mesure de basculer en tête au sommet de la difficulté du jour, avec ou sans compagnons de fuite. La rédac’ de Velochrono en a identifié six, qu’ils soient encore concernés par la victoire finale ou non, tous capables d’enflammer l’étape. Et de lever les bras au passage de la ligne si les HTC-Columbia ne parviennent pas à maîtriser leur fougue.
Luis Leon Sanchez – Caisse d’Epargne – Espagne - 20e à 0’30 »
Si le Tour Down Under est encore une épreuve récente, le Murcian Luis Leon Sanchez en est un vieil habitué. Depuis l’édition 2005, sur laquelle il s’était imposé, Sanchez s’y est rendu tous les ans, à l’exception de 2007, l’année de son arrivée à la Caisse d’Epargne. Au cours de ses quatre premières participations, Sanchez n’a pas fait moins bien que 12eme, l’an passé (vainqueur en 2005, second en 2006, 8eme en 2008). A défaut de constituer un objectif prioritaire, le Tour Down Under est pour l’Espagnol un examen de passage obligé, avant de se projeter plus sérieusement encore sur sa première véritable échéance, la « Course au soleil ».
Le Mont Willunga, que les coureurs devront franchir à deux reprises au cours de cette cinquième étape, est une montée sèche mais rapide, sur laquelle le punch et la condition physique, très hétéroclite selon les coureurs à cette période de l’année, seront déterminants. En 2005, Sanchez avait bâti sa victoire sur un coup de force dont le théâtre était, précisément, la désormais célèbre montée de Willunga, bien aidé en cela par Alberto Contador. Sur les dernières pentes du juge de paix de cette petite semaine de course, les deux hommes avaient distancé le reste d’une échappée d’une vingtaine de coureurs, avant de franchir, main dans la main, la ligne d’arrivée.
Sur ce Tour Down Under, l’équipe de la Caisse d’Epargne a fière allure, bien groupée autour de son leader, Alejandro Valverde, très en vue du côté de Stirling. Néanmoins, les échéances sportives du vainqueur de la dernière Vuelta semblent plus lointaines que celles de Sanchez, d’autant qu’il a concédé 17 secondes à Goolwa. Un constat qui pourrait permettre à LLS de jouer les troubles-fête. Deux leaders valent toujours mieux qu’un.
Martin Elmiger – AG2R – Suisse – 18e à 0’30 »
Vainqueur du Tour Down Under 2007, à sa première participation, puis 13e l’année suivante et 4e l’an passé, Martin Elmiger est toujours parvenu à tirer son épingle du jeu au coeur de ce mois de janvier caniculaire. C’est donc logiquement que son nom revient sur le tapis en cette année 2010.
Régulier au général, le coureur d’AG2R l’est également sur l’étape de Willunga avec, à chaque fois, un classement très proche de sa position au général final : 3e en 2007, 11e en 2008 et 3e en 2009. Bon puncher, il passe la bosse sans difficulté et fait ensuite parler sa pointe de vitesse. Classique et efficace.
27e, jeudi, à Stirling, Elmiger n’a pas sprinté mais faisait partie du bon groupe, réglé par Cardoso. Il n’a pas non plus été piégé vendredi. Caché à la 18e place au général, il n’a que 30 secondes de retard sur Greipel. Sa régularité parle pour lui. Il devrait, une nouvelle fois, être au rendez-vous de Willunga.
Mauro Finetto – Liquigas – Italie – 105e à 1’24 »
Parmi les puncheurs, Mauro Finetto sera à surveiller de près : son profil correspond bien à la configuration de l’étape de Willunga. L’étonnant 6è du Tour de Lombardie 2008 s’épanouit lorsque la route s’élève, il rentre dans la tradition des coureurs italiens pleins de « vista » lorsqu’il s’agit de se défaire d’un peloton en côte.
Après une année 2009 en demi-teinte, il semble avoir de l’énergie à revendre, en témoigne sa participation active aux classements des grimpeurs. 5è à Stirling mercredi mais ayant perdu plus d’une minute jeudi, le gain de l’étape devrait constituer son objectif principal. Il lui appartient ainsi de saisir sa chance durant la campagne australienne avant de se mouvoir en grégario le reste de la saison.
Andrei Grivko – Astana – Ukraine – 8e à 0’29 »
Sur le dernier Tour d’Italie, l’Ukrainien a affiché un état d’esprit exemplaire, attaquant aussi souvent que possible avec son coéquipier Giovanni Visconti, sous les couleurs de l’équipe ISD. Désormais de retour en Pro Tour dans les rangs d’Astana, il est prêt à passer un cap et à gagner des courses.
Bon passeur de côtes, rouleur puissant, il a le profil pour casser la baraque à Willunga. En plus, Allan Davis est hors-course pour le général, ce qui laisse du champ pour intervenir. Neuvième du classement, il est d’ailleurs en position intéressante pour briguer un podium. Un possible vainqueur pour cette cinquième étape.
Thomas Rohregger – Milram – Autriche – 35e à 1’20 »
Très en vue depuis le début de l’épreuve, Thomas Rohrreger, sera à suivre sur cette étape de Willunga. Le grimpeur autrichien de la Milram s’est en effet déjà distingué lors de la première étape en attaquant dans le final. Repris par les soins de HTC-Columbia, il a démontré sa motivation pour cette épreuve. Aux avant-postes tous les jours, il a fait partie de l’échappée matinale vendredi.
Il s’était déjà bien comporté sur l’épreuve l’an dernier, avec une 19ème place au général et une bonne 13ème place à Willunga. Bien qu’avant tout attiré par la montagne, lui qui a terminé dans les 30 premiers du Giro 2009 pour son premier GT, il possède également une pointe de vitesse intéressante et possède tous les atouts pour briller ce soir.
A 27 ans, il semble être une des meilleures chances pour la Milram de s’illustrer cette année. Après une saison d’apprentissage dans les grandes courses en 2009, il faut s’attendre à le voir plus entreprenant et performant. A suivre dès ce soir !
Cadel Evans – BMC Racing – Australie – 7e à 0’26 »
L’Australien est dans le peloton l’un de ceux qui savent le mieux briller sur la durée, du premier au dernier mois de course, bien loin d’un Alberto Contador qui ne vit que pour le Tour de France. Récompensé par cette variété des objectifs et s’adjugeant le Championnat du Monde l’an passé, il ne risque pas d’être refroidi quant à cette approche.
Après avoir su gagner tard, il est en mesure de faire de même tôt, s’il parvient à faire craquer André Greipel et les autres sprinteurs à Willunga. Le mieux classé parmi les puncheurs et grimpeurs, il va devoir à la fois participer au durcissement du ton, mais également surveiller ses adversaires pour ne pas se faire griller aux bonifications éventuelles.
Dixième ici en 2003, huitième en 2005, il connaît les lieux et après sa troisième place à Stirling, il est parfaitement en mesure d’être un acteur majeur de cette cinquième étape. Il sera peut-être même l’élément le plus surveillé, sa réputation de coureur frileux semblant derrière lui depuis l’exploit de Mendrisio.
Julien A, Baptiste Bouthier, Alexandre Philippon, Jérémy Proux, Julien Rideau
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Norwood-Goolwa, 148 km
Départ à 1h30, heure française
Notre description du parcours avec tous les détails sur Willunga Hill

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Crédits phot : Flickr cuzz-w






#1 
et victoire de LLS !