Il leur faut un Valverde épargné

Par Julien A
Mardi 12 janvier 2010 - 19:00
En ce début d’année, la plupart des équipes a déjà bouclé son intersaison et ciblé ses objectifs. Il en va autrement de la Caisse d’Epargne. Evidemment l’effectif n’a pas connu de grand bouleversement : Alberto Contador n’est pas arrivé et sa possible venue est repoussée à l’an prochain. Le trio espagnol Daniel Moreno-Oscar Pereiro-Joaquin Rodriguez, fidèles équipiers, est remplacé par Juan José Cobo, Juan Mauricio Soler et Marzio Bruseghin. Si Purito Rodriguez manquera sur les classiques, l’équipe semble en revanche encore plus solide pour les GT, avec en parallèle l’arrivée de Christophe Moreau – en remplacement d’Anthony Charteau et Nicolas Portal – pour satisfaire le sponsor français. Mais le principal évènement de cette trêve pour l’équipe franco-espagnole aura lieu du 12 au 14 janvier. Dates du jugement du TAS dans l’affaire qui oppose le CONI à la tête d’affiche et leader incontestable de l’effectif, Alejandro Valverde, ces jours seront capitaux dans l’optique de la saison à venir.
Evidemment, la Caisse d’Epargne est la dernière équipe espagnole de top niveau, et elle possède à ce titre un effectif d’une impressionnante densité. Luis Leon Sanchez sera une nouvelle fois à surveiller dès le début de saison, que ce soit au Tour Down Under ou à Paris-Nice, dont il est le vainqueur sortant (bien qu’il ne soit pas prévu pour la Course au Soleil, il souhaite la disputer). Des coureurs du calibre de David Arroyo, Marzio Bruseghin, Juan José Cobo ou Juan Mauricio Soler seraient leader dans bien d’autres équipes, et peuvent postuler à des places d’honneur dans n’importe quel GT. On retrouve également nombre d’équipiers exemplaires : les Lopez, Perez, Lastras, Garcia Acosta, Zandio, Losada, Gutierrez, Perget et autres Coyot… Mais si l’équipe fait partie des équipes références pour ce qui concerne les épreuves de trois semaines, elle apparaît bien faible par ailleurs. Seul coureur de classique confirmé en dehors de Valverde, Rodriguez s’en est allé. Les classiques du nord n’intéressent quasiment personne dans l’effectif. Et le seul sprinteur digne de ce nom, José Joaquin Rojas, possède un profil atypique et a des difficultés à s’affirmer lors des arrivées massives. Voilà donc pourquoi la décision du TAS sera si importante (1). Valverde, enfin vainqueur d’une course de trois semaines lors de la dernière Vuelta, est la seule carte majeure pour les classiques ardennaises du printemps, et il est prévu pour être le leader unique d’une formation construite pour lui sur le prochain Tour. Qui pourrait réellement se passer d’un des meilleurs coureurs de ces 10 dernières années ?
L’équipe possède cependant plusieurs jeunes prometteurs. Et conformément à ce qu’il a toujours fait, Eusebio Unzue les laisse grandir tranquillement à l’ombre des leaders. C’est le cas de Rigoberto Uran, qui pourrait d’ores et déjà franchir un palier, après avoir très souvent aidé Valverde cette saison. Il a déjà affiché à de nombreuses reprises un potentiel plus qu’intéressant. Il faudra également suivre les deux jeunes prodiges Andrei Amador et Rui Costa pour leur seconde saison pro. Si le premier a encore beaucoup à prouver à cet échelon, le portugais a lui déjà remporté les 4 jours de Dunkerque, et impressionné son monde que ce soit sur le Tour de Suisse ou en Lombardie. On suivra également attentivement Arnold Jeannesson après son très beau Giro l’an dernier, et Angel Madrazo pour sa première année pro après une bonne saison en catégories de jeunes. Mais en attendant, tout ce petit monde va gentiment croiser les doigts pour leur très remué leader.
L’effectif 2010 de la Caisse d’Epargne
(1) De mardi à jeudi, Valverde va donc voir jugé son appel interjeté contre le comité nationale olympique italien (CONI), qui l’avait condamné à une suspension sur le territoire italien de deux ans, en mai dernier. Puis, en mars, le TAS se prononcera sur l’extension de cette suspension du CONI à l’ensemble de la planète, requise par l’UCI et l’agence mondiale antidopage (AMA). Cela signifierait une interdiction totale de courir de deux ans pour le lauréat de la Vuelta 2009.






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