HTC-Columbia a trouvé la bonne formule

Par Alexandre Philippon
Mardi 18 mai 2010 - 11:13
Depuis plusieurs jours, Matthew Goss rongeait son frein : poisson-pilote d’André Greipel chez HTC-Columbia, l’Australien s’arrachait les cheveux de voir l’Allemand ne plus disposer de sa vitesse habituelle pour finir le travail. Il a donc hérité du leadership l’espace d’une journée, et n’a pas manqué l’occasion. La question, maintenant, c’est de savoir si sa victoire de Cava de’ Tirreni en appellera d’autres, car si l’ancien coureur de la Saxo Bank, mardi, peut à nouveau courir pour lui, il pourrait bien faire coup double.
Avant toute chose, il est important de signaler qu’en moins de 24 heures, l’équipe HTC-Columbia a accompli un véritable exploit : victoire sur le Giro avec Matthew Goss, sur le Tour de Californie avec Mark Cavendish, et sur le Tour de l’Aude, chez les féminines, avec Ina-Yoko Teutenberg. Une performance de choix, qui n’est pas le fruit du hasard. La formation californienne s’est fait une spécialité des sprints massifs et sur toutes les épreuves, quel que soit le finisseur ou la finisseuse désignée, elle utilise toujours la même tactique.
Greipel, comme un buteur en panne
Le fameux train Columbia fonctionne donc n’importe où et avec n’importe qui, sauf avec André Greipel en Italie ? Il faut croire. Incapable de s’imposer alors qu’il a autour de lui la meilleure équipe du monde pour préparer un sprint, l’Allemand étonne dans le mauvais sens. Malade en début d’épreuve, il aurait sans doute abandonné si sa situation ne s’était pas améliorée, comme l’a fait Alessandro Petacchi. Il semble tout simplement en dessous de son niveau habituel et c’est assez incompréhensible.
Sur ce Tour d’Italie, l’opposition n’est pas des plus énormes, et l’ancien coureur de l’équipe Wiesenhof aurait dû en profiter. Nous étions les premiers à penser que l’homme le plus prolifique de la saison allait se balader sur les routes transalpines. A l’heure actuelle, le bolide est en panne. Il est comme le buteur, l’homme de pointe d’une équipe de football, que l’on aurait relégué sur le banc de touche car il n’en cadre pas une. Le mal est-il profond – en référence à l’annonce de son départ en fin de saison – ou passager – des sensations à retrouver ?
Hoffmann pourrait insister
Va-t-il, d’un coup d’un seul, retrouver la formule magique et écraser l’épreuve de sa traditionnelle vélocité ? Rien n’est sûr, car pour l’instant, chez HTC-Columbia, la tendance semble être à miser à nouveau sur son coéquipier australien, qui ce lundi a gagné … à la Greipel ! Il y a juste un élément à considérer, c’est que cette arrivée était en faux-plat montant, et qu’en l’état actuel des choses, cela aurait été trop difficile pour le Teuton, alors le choix de Goss était après tout logique. Mardi, le probable sprint massif aura lieu sur une route plane, et Tristan Hoffman pourrait insister et revenir à la configuration de départ. A tort ou à raison, c’est toute la question.
En tout cas, l’armada américaine devrait conserver les clés du peloton. Sur cette neuvième étape, elle a démontré qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait dans les derniers kilomètres d’un tracé de plaine. Après que l’équipe Astana ait fait le show dans les 10 dernières bornes en provoquant quelques cassures, elle a su reprendre les commandes. Puis quand la formation Quick Step est venue lui contester la tête, il n’y a pas eu de panique, et au final, la victoire leur est revenue.
Encore une victoire surprise ?
Mardi, HTC-Columbia va donc certainement devoir se coltiner tout le travail, que ce soit la chasse derrière les échappés ou l’organisation de l’emballage massif. Cela pourrait s’avérer problématique car si la confiance sera de retour après le succès de la veille, la sérénité ne devrait en revanche pas être totale, en raison d’un co-leadership pas facile à gérer. Tyler Farrar pourrait en profiter et remporter une deuxième étape sur ce Tour d’Italie. A moins que l’on assiste à une nouvelle victoire surprise, avec l’émergence d’un autre jeune larron, comme Fabio Sabatini ou Sebastian Haedo, la récompense pour un habitué des places d’honneur, comme Gregory Henderson ou Graeme Brown, ou le retour en grâce d’un ancien, comme Robert Förster, Robbie McEwen ou Danilo Hondo.
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Avelinno – Bitonto, 230 km
Après avoir sans arrêt roulé vers le sud depuis le départ d’Amsterdam, et longé la côte tyrrhénienne depuis le Piémont, voilà le peloton du Giro arrivé tout en bas de l’Italie ou presque. L’occasion de mettre pour la première fois cap à l’est, et de traverse de part en part la pointe de la botte italienne, pour rallier la mer Tyrrhénienne à la mer Adriatique, qu’il va ensuite s’employer à remonter vers le nord et les Dolomites. Ce qui donne une des plus longues étapes de ce Giro, 230 kilomètres entre Avellino et Bitonto, mais vraiment pas une des plus difficiles. Lire la suite …
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Photo : Team Sky







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