Greipel a rendez-vous à Goolwa
Depuis sa création, le Tour Down Under s’aventurait toujours jusqu’au port de Victor Harbor, au sud d’Adelaïde. Située sur la péninsule de Fleurieu, cette ville nécessitait, pour arriver jusqu’à elle, l’ascension de la Crows Next Road, une légère aspérité dans l’arrière-pays. En dépit de cette présence – quoi, une route qui monte sur le Down Under ? -, le sprint était la règle une fois arrivé à bon port. Mais cette année, on en change, et on passe même à la plage puisque l’arrivée sera jugée dès Goolwa, célèbre pour son sable à perte de vue. La station balnéaire faisait partie de l’itinéraire habituel mais n’était qu’une étape, un cap à franchir avant de grimper la Crows Next Road. Cette année donc, fini la grimpette. Si le début de cette 4e étape propose des routes légèrement accidentées, les 70 derniers kilomètres sont d’une platitude remarquable et ne laissent pas la place très longtemps à une quelconque incertitude, à moins d’avoir une imagination particulièrement fertile.
Le scénario devrait être des plus subtils. Une échappée matinale de cinq coureurs maximum lancée par Unisa-Australia, une chasse rapide dans les 40 derniers kilomètres et un sprint massif. Ca vous rappelle quelque chose ? Normal. C’est la règle depuis le début de la semaine. La formation locale met le feu dès le kilomètre zero pour faire la course à l’avant, histoire qu’on voit ses couleurs. Derrière, le peloton laisse filer l’échappée ainsi lancée, mais veille à ce qu’elle ne soit pas trop volumineuse, histoire de ne pas trop galérer au moment de la rattraper. Quand l’écart dépasse les 10 minutes, on le stabilise, puis dans le dernier tiers de l’étape, on se rappelle qu’il y a un bouquet à aller chercher, alors on roule comme des tarés, on reprend les fuyards qui ont un peu moins de jus que le matin, on lance nos sprinters et on les laisse se tirer la bourre.
Le problème, c’est que si la chasse à l’échappée est un sport d’équipe, la victoire ne se partage pas. Et à ce petit jeu là, il n’y en a qu’un qui a souri les deux premiers jours : André Greipel. L’Allemand domine de la tête et les épaules les sprints de ce Tour Down Under, comme il y a deux ans, et a priori, rien n’indique que cela doive changer. L’étape de ce jeudi, avec la victoire de Manuel Cardoso, est venue mettre fin à son hégémonie, mais le circuit final présentait des difficultés que le parcours de vendredi ne partage pas. Aucune chance donc de voir un durcissement de la course par les Caisse d’Epargne comme cette nuit. Les sprinters devraient reprendre le pouvoir et Greipel, si tout va bien, sa domination.
Ses challengers sont légion, mais aucun ne semble capable de rivaliser. Gregory Henderson, qui, avec Chris Sutton, avait réalisé un doublé si impressionnant lors du critérium ante Down Under, peut compter sur un train Sky a priori efficace mais peut-être pas encore bien réglé. Gert Steegmans, Allan Davis, Robert Hunter, Graeme Brown, Robbie McEwen et tous les autres ne peuvent pour leur part compter que sur eux-mêmes et semblent donc condamnés à un véritable exploit pour espérer contrecarrer le coureur de la formation HTC-Columbia. Si l’on y ajoute l’ascendant psychologique évident que l’Allemand a pris sur les autres sprinters, la voie semble royale. Mais Greipel doit en profiter : la 5e étape, vers Willunga, a beaucoup moins de chances de lui sourire.
![]()

Norwood-Goolwa, 149.5 km
Départ à 1h30, heure française

| En marge de cette analyse de la quatrième étape, nous vous invitions à lire nos articles sur les thèmes suivants : |






#1 