Fiona Dutriaux : « Une place dans les six premières »

Par Adrien MATHIEU
Jeudi 25 mars 2010 - 17:17
Velochrono s’est entretenu avec Fiona Dutriaux, engagée dans l’épreuve de poursuite par équipe aux championnats du monde de cyclisme sur piste de Copenhague. A 21 ans, la jeune cycliste de Vienne Futuroscope, championne de france en individuelle devant l’éternelle Jeannie Longo, se montre ambitieuse pour les mois et années à venir.
Fiona, Comment es tu arrivée dans le monde du vélo ?
Depuis toute petite, j’ai toujours fait beaucoup de sport. J’ai commencé par la gymnastique à 3 ans, j’ai fait par la suite du tennis et de l’athlétisme, tout en continuant la gym. Mon père s’occupait de coureurs au comité Nord Pas-de-Calais, il faisait du vélo et j’ai grandi dans un environnement vélo. Depuis mon plus jeune âge, je suis sur les courses et un jour, à l’âge de 12 ans j’ai voulu essayer …
« Je dois m’arranger pour rattraper les cours »
Tu prépares actuellement un DUT Génie Biologique, option diététique. Comment arrives-tu à gérer les études et le sport de haut-niveau? As-tu un calendrier scolaire aménagé pour l’occasion ?
Pour l’instant ça se passe plutôt bien, je prépare mon DUT en trois ans au lieu de deux. J’ai beaucoup été absente cet hiver, ayant participé à trois Coupes du Monde : je dois m’arranger pour rattraper les cours, ce qui n’est pas toujours évident. Cela demande une certaine organisation et ce n’est pas facile tous les jours. Je n’ai pas de calendrier scolaire aménagé en fonction du vélo. Ce serait même plutôt l’inverse. J’adapte mon calendrier de course et mes entraîsnement en fonction de mon calendrier scolaire .
Que t’apporte le programme Cycle Formation de la Française des jeux, auquel tu es rattachée ?
Le cycle formation de la FDJ m’apporte une aide matérielle et financière qui me permet de continuer le sport de haut niveau et mes études. C’est une aide importante pour moi, ils me suivent aussi bien dans mes résultats sportifs que scolaires. Carlos Da Cruz et Yvon Madiot sont très proches et à l’écoute des coureurs retenus par le cycle formation de la FDJ. Je travaille aussi avec Jacques Decrion, l’entraineur de la FDJ. C’est aussi une reconnaissance pour le cyclisme féminin et pour moi, car c’est la première fois qu’une féminine est intégrée à ce cycle. J’en profite pour remercier la FDJ, Marc Madiot et tous ses collaborateurs.
« Je n’ai pas de préférence entre la piste et la route »
Tu as disputé en quelques semaines le Tour du Qatar et Het Niewsblad, deux courses radicalement opposées par leur météo …
Oui en effet, ce sont deux courses très différentes ! Ce sont deux grandes courses du calendrier international. Je suis plutôt rouleuse, sprinteuse, puncheuse. Je cours souvent en Belgique, habitant à la frontière, et ces courses me conviennent bien. J’adore courir là-bas. J’aime la mentalité, le niveau, l’ambiance de ces courses. Je pense que celles-ci me font progresser !
Sur quel type de courses de sens tu le plus à l’aise ? Préfères tu la piste ou la route ?
Je n’ai pas de préférence entre la piste et la route, j’ai pour l’instant plus de résultats sur piste, mais je pense que les deux se complètent : pour exceller sur piste il faut un gros travail foncier qu’apporte la route, et la piste apporte beaucoup pour la route. Je prends plaisir dans les deux disciplines !
Tu avais fini le Het Niewsblad hors délais, en souffrant d’une douleur au genou. Dans quel état de forme te trouvais-tu à quelques jours des mondiaux ?
Oui, en effet je souffrais d’une douleur au genou depuis le stage avec l’équipe de France à Palma, j’avais une inflammation des ligaments. Je me suis reposé ces derniers jours, suivant les conseils de mon entraineur et de ma kiné. Nous avons soigné le problème à temps et aujourd’hui ça va beaucoup mieux. Je pense que ces quelques jours de repos m’ont fait du bien, je suis rentrée d’un stage avec l’équipe de France le 25 février, et je ne pense pas être en retard dans ma préparation. J’ai entamé le gros du travail à deux semaines de l’objectif !
« Une place dans les six premières »
La poursuite par équipe est une épreuve où l’alchimie doit avoir lieu entre les différents coureurs. A Copenhague, tu seras alignée aux cotés d’Aude Biannic, de Sophie Creux et de Pascale Jeuland. Quelles sont tes relations avec les filles de l’équipe de France ?
Avec les filles, on s’entend très bien. Avec Pascale et Sophie, ces quelques mois ensemble – 3 Coupes du Monde – ont permis de nous connaitre d’avantage, puisque nous ne sommes pas toutes dans la même équipe sur route. Aujourd’hui, on connait les forces et les faiblesses de chacune. On est une équipe homogène et c’est important en poursuite par équipe . Cela ne fait que 4 mois que l’on s’entraine ensemble, contrairement à certains pays où les filles s’entrainent déjà depuis plusieurs années. Sur ce point je pense que l’on a un peu de retard mais avec du temps et du travail on peut vite le rattraper. Aude n’a participé qu’à un stage avec nous, à Palma, et je pense que ses qualités peuvent apporter aussi un plus à l’équipe.
Quelles sont vos ambitions et qui vois-tu sur le podium de l’épreuve ?
Une place dans les six premières. C’est ambitieux mais nous savons que nous avons les capacités pour le faire au vu des temps que nous réalisons à l’entrainement . C’est une course d’équipe et il faut que l’on soit bien toutes les trois le jour J. Comme je l’ai dit, on est une équipe homogène, et lorsque l’une d’entre nous n’est pas bien, ça se ressent tout de suite sur le chrono. On manque aussi d’expérience mais je pense qu’on est capable d’y arriver. Sur le podium, je vois la Grande-Bretagne, la Nouvelle Zélande et l’Australie !
Quelles sont pour toi les chances de médailles de l’équipe de France pour les mondiaux ?
Comme les autres années les sprinteurs, femmes et hommes, ont de grandes chances de médailles mais la concurrence est de plus en plus forte (Les hommes ont décroché l’argent, NDLR). En endurance Morgan Kneisky défend son titre en scratch. Christophe Riblon, très en forme sur la route, peux viser le titre en course aux points (Il a terminé 6e, NDLR) et en américaine associé à Morgan Kneisky. En poursuites par équipe, le groupe est en reconstruction mais ils réalisent déjà de très bon temps. Mais il y a des nations intouchables pour l’instant. Pascale Jeuland se rapproche des podiumsen coupe du monde de scratch et peut envisager une médaille, et pourquoi pas le titre.
« Les Jeux de 2012, c’est un rêve ! »
Quel est ton programme de la saison et quels sont tes objectifs pour 2010 ?
Après les mondiaux sur piste, ce sera trois mois complets sur route avec mon équipe Vienne Futuroscope : les Coupes de France, Coupes du Monde avec en particulier le Tour des Flandres, et fin juin les Championnats de France sur route et en chrono. Puis cet été, il y aura les Championnats de France sur piste ainsi que les Championnats d’Europe, sur piste, et sur route espoirs, si je suis qualifié en équipe de France. Mes objectifs sont les championnats de France et d’Europe.
Dans un coin de ta tête, tu dois penser aux Jeux Olympiques de 2012 ? Dans quelle discipline pouvons-nous espérer te voir briller ?
Oui c’est certain que je pense beaucoup aux Jeux de 2012 ! C’est un rêve … Deux nouvelles disciplines verront le jour en 2012 pour les filles : la poursuite par equipe et l’omnium. J’y pense pour la poursuite par équipe, mais pour l’omnium aussi. Je crois que c’est une épreuve qui pourrait me convenir. J’ai été championne de France de vitesse étant plus jeune, plusieurs fois championne de france de poursuite et de courses aux points. Cette épreuve demande une préparation spéciale mais elle me plairait beaucoup et ça trotte dans un coin de ma tête …
Un petit mot pour conclure ?
Je tenais simplement à vous remercier pour votre intérêt pour le cyclisme féminin qui a vraiment besoin de reconnaissance et de médiatisation en France.
Nous remercions Fiona Dutriaux pour sa gentillesse et sa disponibilité






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