Fédrigo n’a « pas le mental pour le général »
Pierrick Fédrigo est un coureur qui suscite beaucoup d’attentes. Son palmarès est déjà bien rempli, et l’est encore plus depuis sa victoire de mardi à Pau sur le Tour de France, mais le Marmandais laisse à chaque fois penser qu’il peut faire encore mieux. Le coureur de l’équipe Bbox s’est livré à un chat avec ses supporters sur le site eurosport.fr, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les questions sur son potentiel et ses possibilités ont été nombreuses. D’ordinaire peu bavard, le puncheur de 31 ans s’est cette fois-ci étendu sur bien des sujets.
« Ça ne m’intéresse pas de rouler sans rien au bout »
Jouer le classement général d’un Grand Tour ? L’ancien champion de France n’y pense pas : « C’est trop de pression. Il faut avoir une grosse équipe autour de soi. Nous, nous sommes des baroudeurs. Je n’ai pas le mental pour me battre tous les jours pour le général. » Et viser une grande classique ? Là, il est plus emballé. Déjà vainqueur par le passé du Grand Prix de Plouay, il entend se spécialiser sur les Ardennaises : « Cette année, je me suis mis trop de pression sur la Flèche wallonne et Liège-Bastogne-Liège après le Critérium international. J’essaie d’apprendre chaque année sur ces courses. J’espère qu’un jour, j’aurais l’opportunité d’être dans un grand jour. »
Quant à devenir un équipier de luxe dans une structure de premier plan international, Pierrick Fédrigo envoie un non ferme. Suivi par plusieurs armadas, il était l’une des cibles de Bjarne Riis l’hiver dernier. Mais bucher pour un leader ne le tente pas. « Je ne me vois pas rouler tout le temps sans jamais tenter ma chance, explique t-il. Je cours pour gagner des courses. Ça ne m’intéresse pas de rouler sans rien au bout. » Les courtisans sont donc prévenus : il ne quittera pas Bbox si c’est pour faire le larbin, et même pour un rôle de leader, il n’est pas chaud : « Il faut faire ce genre d’expérience quand on a 26, 27 ans. Je ne me vois pas changer de méthode d’entraînement à mon âge.«
« Armstrong n’a pas changé au niveau du comportement«
Mais avant de parler de son avenir, auquel il confiait mardi associer un gros point d’interrogation, Pierrick Fédrigo entend aider ses coéquipiers à remplir le dernier objectif du Tour de France. « C’est tout pour le maillot à pois« , expose t-il. Les coureurs à surveiller ? Christophe Moreau, ou encore Damiano Cunego. Un Petit Prince qu’il ne tient pas en haute estime depuis l’étape de Pau : « On s’est fâché. Il désorganisait le groupe. Il ne voulait pas rouler. Il en fait toujours à sa tête. C’est pénible son attitude. »
Après la Grande Boucle, il participera au Tour du Limousin et au Grand Prix de Plouay, qu’il essayera de remporter pour la deuxième fois de sa carrière. Ensuite, il ne se rendra pas au Tour d’Espagne, ni aux Championnats du Monde de Melbourne. De toute façon, pour Pierrick Fédrigo, la saison 2010 est déjà réussie, avec le succès du Critérium international en mars – le plus beau de sa carrière, de son propre aveu – et donc, cette victoire à Pau mardi, obtenue en réglant au sprint une échappée où figurait Lance Armstrong. Qu’en pense t-il, justement, du Texan ? « Il semble plus humain. On voit un coureur qui n’a pas le même coup de pédale, explique t-il. Il travaille bien sa communication mais au fond, il n’a pas changé au niveau du comportement. »






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