Taillefer : « Retrouver le plaisir »

Par Jeremy Proux
Samedi 20 mars 2010 - 15:15
A 20 ans, Fabien Taillefer appartient à la génération des Johan Le Bon, Arthur Vichot ou Arnaud Jouffroy. Une génération dorée, promise aux plus belles gloires, et autour de laquelle tant d’espoirs sont permis. Pourtant, à l’intersaison, le Normand a décidé de réviser ses gammes dans une structure amateur, après un an passée chez les professionnels. Surprenant ? Pas tant que cela. Miné par des blessures (opéré d’un kyste à la fesse) en 2009, le vice champion d’Europe junior en 2007 entend rebondir dès cette année, au sein d’un Team Véranda Rideau aussi prometteur qu’ambitieux, notamment sur la Classic Loire-Atlantique, vendredi. Une course sur laquelle Fabien Taillefer entend montrer qu’il dispose du niveau pour briller chez les professionnels. Après Arnaud Demare et Loïc Desriac, Velochrono dresse le portrait de l’un des éléments représentant l’avenir du cyclisme français.
Une progression fulgurante
Venu au vélo presque sur le tard, en cadet première année, Fabien Taillefer aura connu une progression impressionnante dès son plus jeune âge. Si bien que dès les rangs juniors, on le prédit à la plus brillante des carrières. Patrick Lefèvère, un as parmi d’autres dans la détection des futurs grands du cyclisme professionnel, l’invite même à participer à un stage avec les professionnels de l’équipe Quick Step. Un rêve de gosse, presque surnaturel, néanmoins entachée d’une tendinite qui vient nuancer son enthousiasme. La possibilité d’une arrivée dès 2010 dans les rangs belges est même évoquée. Le technicien belge est séduit par un palmarès déjà bien fourni, à un âge encore précoce.
« En 2005, j’ai remporté 16 courses, dont le championnat régional cadet, ainsi que le challenge Madiot. Les deux saisons suivantes, j’obtiens mes premiers résultats au niveau international ». Entendez par là un titre de champion France du contre-la-montre, deux victoires de renom sur Paris-Roubaix et la Classique des Alpes, dans la catégorie junior, sans oublier un succès sur la Route de l’Avenir. Et une victoire sur la Louison Bobet, en Bretagne, qui fait office de tremplin pour le jeune prodige. Tout cela en 2007, sous le maillot de l’USSA Pavilly-Barentin, une structure amateur qui lui offre une première expérience du haut niveau. « J’y ai beaucoup appris sur moi-même et sur le métier de cycliste ». Sans brûler les étapes, et ce malgré les sirènes de la Quick Step, le jeune normand décide de franchir le rubicon, au sein d’une équipe Roubaix-Lille Métropole qui lui permet d’évoluer de manière sereine.
Ranger 2009 au placard
Diverses blessures à répétition le font manquer son entame chez les pros, malgré une belle 18eme place obtenue sur le GP La Marseillaise. La suite ne sera qu’un long chemin de croix, que quelques animosités avec Cyrille Guimard viennent encore compliquer. « Cyrille est quelqu’un de très intelligent. Il a pour lui l’expérience et du vécu. Le seul problème restait notre fort caractère, à tous les deux » ! Fin 2009, sa décision est prise : son retour chez les amateurs est un choix de carrière, qu’il ne considère pas telle une quelconque forme de régression. « Je souhaitais me retrouver et refaire les bases, après tous mes pépins de santé. Je voulais retrouver le plaisir et la joie de gagner », explique-t’il. Une leçon d’humilité, quand on sait qu’il est particulièrement difficile de retrouver les rangs professionnels, après une saison passée au niveau inférieur.
En signant pour le Team Véranda Rideau 72, qui sera cette année encadré par l’ancien d’Agritubel, Denis Robin, et Denis Leproux, ancien manager de l’équipe poitevine, il conjugue la reconstruction personnelle et l’ambition, puisque la formation sarthoise souhaite dès l’an prochain acquérir le statut d’équipe continentale. « L’équipe est jeune, c’est vrai, mais elle apprend vite! Nous sommes tous motivés pour la faire progresser et l’amener à l’échelon supérieur ! Je pense que ce qui différencie cette formation des équipes pros n’est qu’un écart de budget ! »
Plus fort que tout, l’envie de rebondir
En une saison, les espoirs de côtoyer les sommets auraient-ils fondu comme neige au soleil ? « J’ai désormais très peu de contact avec Quick Step. Mais pour moi, elle reste toujours la meilleure équipe professionnelle. J’espère pouvoir passer pro avec Véranda et pourquoi pas, par la suite, me faire remarquer ». Auteur d’un bon hiver dans les sous-bois, Fabien Taillefer peaufine sa rentrée sur route en cette fin de semaine, à l’occasion de la Classic Loire-Atlantique, avec comme point de repère la faculté de pouvoir briller à peu près partout. « Je n’ai pas vraiment de spécialité. Je ne pense pas être capable de battre les spécialiste en montagne ni dans sur les chronos, relativise-t-il, mais le fait d’être correct partout peut me permettre de jouer un rôle sur les courses à étapes ».
Ce vendredi, il aura tout le loisir de se confronter à nouveau au monde professionnel, qu’il entend par conséquent réintégrer un plus vite. La rivalité engendrée par la présence des équipes Bbox Bouygues Telecom, Cofidis ou Saur-Sojasun, qui toutes trois honorent l’épreuve de La Haye-Fouassière, pourrait ainsi pousser le jeune normand à repousser ses limites. L’appât de la réussite et de la reconnaissance a quelque chose de stimulant ! Gagner ici sera néanmoins chose difficile, au regard du plateau très fourni et d’une condition encore perfectible. « Je suis encore loin de la grande forme mais d’ici quelques semaines, je serai en mesure de gagner de belles classiques amateur, je l’espère vraiment » ! L’envie, incontestable, est là, et presque paradoxale. Il lui aura suffit cet hiver de retrouver les pelotons amateurs pour formuler son vœu le plus cher, à l’heure actuelle. « Je n’ai qu’une seule chose en tête : gagner chez les pros ! »
crédit photo : veranda rideau






#1 
C’est interessant de lire ça maintenant…….
Il a salit le cyclisme amateur Normand…. c’est de famille!
Mais ça explique beaucoup de choses à présent…
L’article ne mérite même plus d’être présent, ou alors avec une mention précisant dans quelle affaire il est impliqué!
Merci
C’est clair que pour connaître un copain à qui il a cassé la carrière. En effet je roule avec le second de la classique des Alpes 2007 qui est dans mon club et cette deuxième place lui a fait pas mal de mal car il pouvait gagner mais bon dans son cas ce n’est pas le seul problème il a aussi fréquenté certaines équipes peu recommandable Riom , Ambert pour ne citer qu’eux.
Pour Taillefer ce qu’il a fait c’est un craquage en règle car trop de pression amène à d’énorme conneries style dopage mais c’est vrai qu’il a salit le cyclisme normand.