Selon toute vraisemblance, la première étape en ligne de ce Paris-Nice 2010, qui débutera ce matin de Saint-Arnoult-en-Yvelines, s’achèvera par un sprint. Derrière André Greipel (HTC-Columbia), qui part logiquement favori au regard des résultats obtenus depuis deux mois, les prétendants sont nombreux. Parmi eux, Francesco Chicchi apparaît comme le plus apte à contrecarrer les plans du valet forcé de Mark Cavendish, bien discret en ce début d’exercice 2010. A l’aise depuis sa rentrée, et forts de ses trois succès conquis au Tour de San Luis puis au Qatar, l’Italien de la Liquigas a de quoi faire valoir quelques arguments susceptibles de faire trembler l’Allemand. D’autres, qui partent moins favoris, entendent néanmoins satisfaire le même objectif. Gros plan sur les têtes d’affiche qui devraient truster les premières places, cet après-midi.
Greipel-Chicchi : opposition collective, et de style
Aussi surprenant que cela puisse paraître, André Greipel et Francesco Chicchi honorent cette année leur première participation à Paris-Nice. Réflexion faite, ce constat n’est pas si étonnant que cela, puisque la Course au Soleil dispose d’une particularité, celle de ne pas présenter un plateau de sprinteurs renversant. La « concurrence » représentée par Tirreno-Adriatico, qui débutera mercredi, suffit à elle-seule à justifier l’attrait relatif de Paris-Nice pour les sprinteurs, qui en majorité préparent Milan-San Remo. Ainsi, aucun des deux rivaux ne pourra jouir d’une quelconque supériorité qu’aurait pu représenter une participation antérieure. Pour départager les deux hommes, il faudra ainsi trouver d’autres éléments. La progression qu’a connue l’Italien depuis ses premiers tours de roue chez les professionnels est évidente, et contribue une nouvelle fois à niveler l’écart entre les deux. Au Qatar, il s’est ainsi permis de devancer quelques seigneurs de la discipline, parmi lesquels Tom Boonen et Heinrich Haussler.
La configuration de l’arrivée, jugée en plein centre de Contres, petite ville du Loir-et-Cher au passé cycliste qui réjouira les nostalgiques (la ville accueillait au début du XXeme siècle l’arrivée d’une course partant de Paris), présente t-elle des caractéristiques susceptibles d’avantager l’un des deux protagonistes ? A priori, rien à chercher de côté-là . Les derniers hectomètres, somme toute très classique, bien que légèrement en faux-plat montant, pourraient cela dit faire la part belle à l’Allemand, très entouré dans la préparation de ce premier emballage final. Les différents étages de la fusée HTC-Columbia se nomment Adam Hansen, Craig Lewis, Marcel Sieberg, Matt Goss, avant que Hayden Roulston, habitué à préparer le terrain pour les sprinteurs en tant que dernier étage, ne finisse le travail. De son côté, Francesco Chicchi ne peut guère compter que sur le soutien certes sincère mais très relatif du belge Frederik Willems, voir de son compatriote Mauro Finetto.
Une petite dizaine d’aspirants à la victoire
Sur le papier, difficile par conséquent de comparer les atouts collectifs, tant la supériorité de l’Allemand sur son adversaire semble évidente. Ce serait cependant oublier que Francesco Chicchi est un sprinteur relativement autonome, qui lance ses sprints de loin pour mieux surprendre ses opposants, mais sait aussi surgir, dans un dernier effort, et sauter un adversaire sur la ligne. Pour vaincre, AndréGreipel devra ainsi compter sur des équipiers infaillibles, afin de maintenir un rythme élevé jusque dans les dernières encablures d’une première étape en ligne assez longue (201,5km), mais sans grande difficulté. Quelque peu amputé à l’intersaison, le « train » de la Columbia est encore perfectible. Au sprinteur de la Liquigas d’en profiter.
Ce match en prévision ne doit pas occulter la présence de certaines valeurs sûres du sprint. Greg Henderson, malgré une formation Sky assez orientée vers la moyenne-montagne, laisse augurer par sa présence d’une belle empoignade entre les deux trains, en vue de la préparation du sprint final. Ajoutez-y Koldo Fernandez (Euskaltel), Danilo Napolitano (Katusha), excellent rival de Francesco Chicchi sur le Tour de San Luis (deux étapes remportées), et Heinrich Haussler (Cervelo), et le quinté de tête le plus probable de cette première étape semble constitué. Jimmy Casper (Saur-Sojasun), Juan José Haedo (Team Saxo Bank), Mirco Lorenzetto (Lampre), un habitué de Paris-Nice, et Borut Bozic (Vacansoleil), qu’il sera intéressant de voir évoluer au plus haut niveau après un début de saison qui est venu confirmer une victoire d’étape sur la Vuelta 2009, ne se satisferont pas non plus des accessits. Demain à Contres, au une ligne droite de 600 mètres devrait sacrer un costaud.

Le tracé détaillé par Velochrono

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