Boucles du Sud-Ardèche, la course qui monte

Certaines épreuves plus historiques et plus ancrées dans le paysage cycliste doivent faire grise mine : les Boucles du Sud Ardèche qui auront lieu dimanche et qui accèdent cette année au calendrier élite, ne doivent la présence de quelques grands noms qu’à la motivation de leurs organisateurs, qui ont su convaincre partenaires, équipes et suiveurs. Dans une conjoncture actuelle où la disparition des courses est devenue bien plus courante que leur création, le microcosme incarné par le cyclisme français ne peut que se réjouir de la présence d’une épreuve supplémentaire. Velochrono a cherché à savoir quels étaient ces irréductibles ardéchois qui résistent face à une situation économique qui sacrifie à elles-seules bon nombre de courses. Parmi eux se trouve Christophe Marcoux, ancien directeur sportif au VC La Pomme-Marseille et grand acteur du développement d’une épreuve, qui en l’espace d’une petite dizaine d’années est passée d’un niveau régional à celui de professionnel.

« La solidarité entre les organisateurs et les équipes françaises »

La course chère à Guillaume Delpech ne fait pas (encore) partie du calendrier de la Coupe de France. Cela ne l’empêche pas de se vanter de la présence des huit formations professionnelles françaises. Une véritable performance, au regard de la concurrence engendrée par le week-end de reprise en Belgique, le Grand Prix de Lugano en Suisse, la Classica de Almeria en Espagne, ou la Classique Sarde en Italie. « C’était une partie de mon rôle d’essayer de monter le plus beau plateau possible et je pense que pour une première et par rapport à la concurrence, on s’en sort très bien », confirme Christophe Marcoux, aujourd’hui directeur de l’épreuve, qui explique avoir dû miser sur « la solidarité entre les organisateurs et les équipes françaises », qui explique la présence de la totalité des écuries hexagonales.

De ce point de vue, rien ne distinguera une épreuve classique de Coupe de France et la course de dimanche. En guise de récompense, le comité d’organisation a même obtenu la venue de la Saxo Bank, en partie en raison du fait que Specialized, l’entreprise qui fournit les cycles de la formation danoise, est également l’un des partenaires de l’épreuve. Un plateau quasi-inespéré sillonnera par conséquent les routes escarpées de l’Ardèche, bien complété par la présence de deux autres formations continentales professionnelles que sont CarmioOro-NGC (Eric Berthou, Emmanuelle Sella) et Skil-Shimano (Dominique Cornu, Alexandre Geniez). « En tant qu’ancien directeur sportif du VC La Pomme-Marseille, j’ai eu la chance de diriger pas mal de coureurs qui sont aujourd’hui chez les professionnels et qui ont tout fait pour venir sur notre épreuve avec leurs équipes » explique le dirigeant.

Des exigences financières surpassées

La tenue de cette première édition des Boucles du Sud Ardèche, dont la titulature exacte se prolonge en « souvenir Francis Delpech », du nom du défunt père du Président de la course, est en grande partie à mettre à l’actif de l’ensemble des bénévoles. Des garanties financières difficiles à obtenir ? La détermination de chacun a permis de boucler le budget, afin « de poursuivre cette belle aventure humaine. Car il s’agit bien de cela, une équipe forte de bénévoles qui Å“uvre pour le cyclisme ». Une aventure collective qui pourrait ne pas s’arrêter là, au regard des ambitions de Christophe Marcoux, lequel souhaite ancrer son épreuve dans le paysage cycliste français, à travers des concepts en vogue : « pourquoi ne pas passer à 2 jours de courses entre Ardèche et Drôme ? Une course de deux jours nous permettrait d’avoir un encore meilleur plateau ». Le Tour du Haut-Var bénéficie d’un regain d’intérêt depuis l’an passé et son passage à deux jours de course, plus attrayants, y compris médiatiquement. Sa petite sÅ“ur ardéchoise entend ainsi marcher sur ses traces, pour poursuivre une croissance des plus rapides, mais en aucun cas démesurée.

Un parcours sélectif et spectaculaire

202,6 km, c’est la distance que devront parcourir les protagonistes, sur un parcours qui ne laissera pas le temps de souffler. « Le parcours a légèrement évolué par rapport à l’an dernier. La premier grande boucle (115 kilomètres, NDLR) a été rallongée d’une vingtaine de kilomètres pour emprunter deux bosses supplémentaires ». Toujours en prise, secoués par les toboggans incessants qui rythmeront le circuit final emprunté à quatre reprises, les 112 engagés n’auront guère le temps d’admirer les paysages d’un département pittoresque, mais à la population non dénuée de culture cycliste. « La population ardéchoise adore le vélo. L’arrivée du Tour de France à Aubenas l’an dernier à beaucoup fait parler. Le public aura envie de revivre ces moments la lors des Boucles du Sud Ardèche 2010. En ce qui concerne le succès populaire, on y croit ». Quelques anciens professionnels, parmi lesquels Eric Caritoux, Christophe Edaleine ou Stéphane Bergès, réquisitionnés par l’organisation, devraient y contribuer. La côte de la Vignasse, et surtout la quadruple ascension du Rocher de Sampzon, pourraient être favorables aux Français Pierrick Fédrigo (Bbox Bouygues Telecom), Jonathan Hivert (Saur-Sojasun), ou Rémi Pauriol (Cofidis), bien connu de l’organisateur pour avoir couru au VC La Pomme-Marseille. Pour eux, c’est « une très bonne préparation pour Paris-Nice », se réjouit Christophe Marcoux. A Jussi Veikkanen (Française des Jeux), Jakob Fuglsang ou Chris Anker Sorensen (Team Saxo Bank), également à l’aise sur ce type de parcours, de leur tenir la dragée haute.

Crédit photo : Tim de Waele


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