Delrot : « La volonté de grandir »

Par Jeremy Proux
Lundi 8 février 2010 - 23:13
A 23 ans, Bastien Delrot fait partie des nombreux français qui ont décider de tenter une aventure à l’étranger. Une volonté de changer d’air qui a conduit cette année l’ancien roubaisien à tenter l’aventure en Allemagne, au sein d’une toute nouvelle formation, le Team NetApp, dans laquelle il retrouve des valeurs qui lui sont chères, comme le sérieux, l’ambition, ou l’audace. S’il entend avant tout continuer à progresser, il n’en oublie pas pour autant l’objectif de tout professionnel : la performance. Avec sa nouvelle équipe, dans laquelle règne la convivialité, le propre des petites formations, il sait que ces deux volontés ne sont pas incompatibles. L’ancien protégé de Cyrille Guimard fournira en exclusivité pour Velochrono ses impressions sur sa première course de la saison, le Challenge de Majorque, qui débutera dimanche.
Le stage de ta nouvelle formation, qui s’est déroulé à Lucca en Italie, a affiché une réelle cohésion entre les coureurs. C’est une valeur que tes dirigeants souhaitent mettre en œuvre pendant toute la saison ?
En effet, lors du premier camp d’entrainement, toute l’équipe a donné un petit coup de main, notamment pour la vaisselle. C’est un bon moyen d’apprendre à se connaitre. En signant pour le Team NetApp, peu de coureurs se connaissaient, si ce n’est en mettant juste un nom sur un visage. Le Team NetApp est composé de 14 coureurs : il est donc important, je pense, d’avoir une bonne cohésion au sein du groupe et c’est en créant un esprit de famille, un esprit d’équipe soudée, que l’on pourra obtenir de bons résultats.
Tes objectifs personnels ont-ils été fixés ? L’équipe te met-elle une certaine pression, voulant de te voir arriver à un pic de forme sur une période bien précise ?
Pour le moment, nous évoluons sans pression. C’est la première saison pour le Team NetApp et le but est de bien figurer. Pour ma part, je débuterai à Majorque. Mon programme passera ensuite par deux courses d’un jour ou par une course par étapes. C’est encore à définir.
Il est étonnant de retrouver une équipe allemande, de surcroît de statut continental, disputer une course en Espagne. Est-ce une volonté du sponsor, ou des dirigeants de l’équipe, que de mettre l’accent sur le volet international ?
Le cyclisme, aujourd’hui, se mondialise de plus en plus. On le voit avec l’apparition de plus en plus d’équipes anglo-saxonnes, et la naissance de courses comme, cette année, le Tour d’Oman. Et il y a aussi l’ouverture de la saison qui se fait en Australie. Pour ce qui est du choix de l’Espagne et plus particulièrement de Majorque, il faut savoir que cette île reçoit une forte colonie d’Allemands tout au long de l’année, aussi bien cyclistes que touristes. Aujourd’hui, pour exister dans le cyclisme, je pense qu’il ne faut pas hésiter à courir à l’étranger. Se cantonner à un calendrier national ouvre probablement moins de portes et de perspectives.
Pourtant, l’équipe a une large connotation bavaroise. Comment, dès lors, associer l’enracinement de l’équipe à l’échelle locale, et lui permettre d’évoluer, dans le même temps, à l’échelle mondiale ?
L’équipe est allemande, c’est un fait, mais la langue avec laquelle nous nous exprimons est l’anglais. Bien entendu, lorsque les germaniques parlent entre eux, ils le font en allemand. Il y a donc deux langues : l’allemand et l’anglais. Nous sommes 14 coureurs venant de 9 nations différentes, la moitié de l’équipe ainsi que le staff étant composés d’Allemands.
La moyenne d’âge de l’effectif 2010 du Team Net App est de 23 ans. Dès lors, l’objectif de l’équipe est-il de lancer ou relancer des jeunes coureurs, ou à l’inverse, a-t-elle vocation à grandir, pour devenir éventuellement une référence allemande, voir internationale ?
L’équipe a la volonté de grandir. Pour que les fondations tiennent, il faut qu’elles prennent dès cette année. Le Team NetApp a la volonté d’acquérir de l’expérience pour ensuite pouvoir s’étoffer. Eric (Baumann, NDLR) est le plus ancien. Il nous fera part de son expérience. Nous avons également nos deux directeurs sportifs (Enrico Poitschke et Jens Heppner, NDLR) qui ont une bonne connaissance du terrain puisqu’ils ont tous deux été coureurs professionnels.
On connaît les difficultés actuelles du cyclisme allemand. L’équipe met-elle en place un programme interne de lutte contre le dopage, qui pourrait permettre à l’équipe de rassurer les organisateurs et le sponsor ?
Aujourd’hui, je pense que le peloton tout entier se mobilise pour un cyclisme sain. Chaque coureur aime le vélo et c’est à lui de savoir ce qu’il faut faire pour que ce sport ne soit pas une fois encore décrié.
Le siège de ta formation se situe près de la frontière belgo-allemande. Est-ce un élément qui permet de dire que l’équipe axera une partie de sa saison sur les épreuves belges, et notamment sur les classiques ?
En effet, le service-course se situe à la frontière belgo-allemande. C’est également là-bas que quelques coureurs de l’équipe vont vivre une partie de la saison. Il sera ainsi plus aisé pour l’équipe de se déplacer. Pour sa première saison dans les pelotons, le Team NetApp dispose à mes yeux d’un joli calendrier, prochainement en ligne sur le site web de l’équipe.
Après les entraînements collectifs, quels sont les coureurs qui te semblent très prometteurs ? Un garçon comme Alexander Gottfried semble être un coureur dont on n’a pas encore saisi le potentiel.
Chaque coureur évoluant au sein du Team NetApp n’est pas là par hasard. Il y a deux coureurs qui sortent des juniors (Tassilo Fricke et Michael Schwarzmann, NDLR) et qui vont devoir apprendre. Pour ce qui est des autres membres de l’équipe, nous avons déjà une connaissance du terrain, que se soit sur des courses de classe 2, de classe 1 ou d’un niveau supérieur.
Ton objectif personnel, malgré l’enthousiasme qui est le tien, est-il néanmoins de retrouver, à plus ou moins long terme, une équipe française ? Ou débuter une seconde carrière en Allemagne est-il au contraire envisageable ?
Pour l’instant, je débute au sein de cette formation et je ne vous cache pas mon envie de réussir. Cette aventure au sein d’un groupe cosmopolite va à coup sûr m’enrichir. Je ne fermerai jamais la porte à un groupe sportif français mais actuellement, il est vrai que je me sens bien dans cette équipe.
Nous remercions Bastien Delrot pour sa disponibilité
Crédits photo : Bastien Delrot






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