Arroyo devra jouer des coudes

Par Jeremy Proux
Mardi 24 août 2010 - 8:30
A 30 ans, David Arroyo participera à son troisième Tour d’Espagne, dès samedi. Souvent confiné dans le rôle de lieutenant de luxe d’un certain Alejandro Valverde, le Madrilène dispose cette année d’une opportunité non négligeable : fort d’une deuxième place sur le dernier Tour d’Italie, il aurait pu prendre le départ de son tour national en la qualité de leader. Mais la dimension « dream-teamesque » de la composition de la formation Caisse d’Epargne laisse place à une nouvelle donnée : avant de pouvoir prétendre rivaliser avec ses adversaires, David Arroyo devra convaincre et démontrer à la pédale qu’un statut de leader de la formation espagnole n’est pas forcément chose usurpée.
Douce montée en puissance
Après le Giro, sur lequel il a pu bénéficier de circonstances de course très favorables du côté de L’Aquila – le jour de la fameuse échappée d’une cinquantaine de coureurs – David Arroyo avait reçu de la part d’Euzebio Unzue, manager général de la formation Caisse d’Epargne, l’assurance de démarrer la Vuelta dans la peau d’un chef de file. Si l’actualité récente tend à nuancer cette « promotion » du coureur espagnol, ce dernier a pu jouir de la confiance accordée par ses dirigeants depuis le mois de mai et ainsi préparer dans des conditions optimales l’objectif de cette fin de saison. Peu habitué à revêtir le costume de chef d’orchestre, le Madrilène fera-t-il l’unanimité face aux Luis Leon Sanchez, Marzio Bruseghin, David Lopez ou Rigoberto Uran ?
Depuis le printemps, le parcours sportif de David Arroyo n’est guère impressionnant. Une modeste douzième place sur le Tour de Burgos ne saurait à elle seule justifier un statut de leader. La combativité affichée sur les routes du Giro, l’expérience des grands tours, sont à l’inverse des gages de réussite sur une course de trois semaines. Sa 17e place obtenue en 2008, après s’être mis au service d’Alejandro Valverde et Joaquin Rodriguez, témoigne d’une vraie capacité de récupération, si prisée en troisième semaine.
Quelle réelle place dans le collectif ?
L’annonce des neuf heureux élus au sein de la formation Caisse d’Epargne s’inscrit dans un contexte particulier. Le sponsor, amené à cesser toute activité dans le cyclisme, laissera place à la société de téléphonie mobile Movistar. Eusebio Unzue s’est d’ores-et-déjà attaché à prolonger David Arroyo, avant d’en faire éventuellement de même avec Luis Leon Sanchez. Le premier nommé évoluera par conséquent dans un contexte psychologique très favorable. L’arrivée de Movistar en tant que sponsor principal aurait convaincu le récent vainqueur de la Clasica San Sebastian de rester et donc de faire la Vuelta. Mais il se pourrait à l’inverse que la présence de LLS sur les routes espagnoles se justifie par une possible méforme de David Arroyo. Un argument d’autant plus valable qu’il viendrait confirmer l’approche timide de la Vuelta décrite plus haut.
Au regard du parcours, le Madrilène garde pourtant toutes ses chances de garder la confiance de ses dirigeants et de ses coéquipiers : un seul contre-la-montre individuel, placé en troisième semaine, handicapera davantage un coureur comme Marzio Bruseghin, un solide rouleur, qui, bien souvent, profite de l’exercice chronométré pour grappiller quelques places. Pour Arroyo, la principale difficulté devrait résider dans l’enchaînement à trois volets des étapes de Pena Cabarga, de celle du Lac de Covadonga et enfin, de celle de Cotobello, là même où Rigoberto Uran ou Luis Leon Sanchez pourraient justifier leur supériorité.
Photo : @Javier Segovia – flickr

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