Anton et Mosquera : l’atout fraîcheur

Par Alexandre Philippon
Lundi 23 août 2010 - 14:00
Denis Menchov, Joaquin Rodriguez, Roman Kreuziger et les Schleck ont fait le Tour de France. David Arroyo et Vincenzo Nibali le Tour d’Italie. Carlos Sastre les deux ! Tous seront exposés à une possible fatigue sur le Tour d’Espagne, qui débute samedi. En revanche, aucun risque pour Igor Anton et Ezequiel Mosquera. Réservés pour cet objectif, ils se présenteront au départ de Séville en condition optimale. Ce qui pourrait être très utile au moment d’aborder les principales difficultés de cette édition 2010, lesquelles seront situées en deuxième partie de course.
Une saison à l’économie
« Vincenzo Nibali et Denis Menchov sont deux prétendants clairs pour la victoire finale, mais je crois aussi que Igor Anton, dont peu de gens parlent, peut aussi être dans cette lutte. Il est l’un des coureurs que je respecterai le plus parce que quand la route monte, il est très fort. » La déclaration est signée Ezequiel Mosquera, le 12 août dernier dans Marca. Le leader de la formation Xacobeo sait de quoi il parle quand il évoque son rival basque. L’atout majeur du coureur de la formation Euskaltel-Euskadi résidera en la planification de sa saison, laquelle ressemble assez à celle de son compatriote. Depuis trois ans, Ezequiel Mosquera termine dans le top 5 de la Vuelta, en se focalisant totalement sur cette échéance. Son équipe n’étant pas invitée à la plupart des épreuves majeures du calendrier international, il n’a pas vraiment le choix. Mais du coup, il arrive toujours très frais pour le troisième grand tour de l’année et se montre à chaque fois à la hauteur.
C’est ainsi que l’an dernier, Alejandro Valverde avait remporté l’épreuve : privé de Tour de France, absent du Tour d’Italie, il s’était aligné sur son tour national dans la meilleure des formes. Son premier pic de forme avait été placé à la période des classiques printanières et il avait amplement eu le temps de récupérer depuis. Une organisation qui aura également été celle d’Igor Anton cette année : quatrième de la Flèche wallonne et sixième de Liège-Bastogne-Liège, il remportait dans la foulée une étape de montagne du Tour de Romandie, mais depuis, c’est la discrétion qui l’a caractérisé. Il n’a participé qu’à des épreuves de second plan – neuvième du Tour de Bavière, quatrième du Tour de Madrid, neuvième du Tour de Burgos – et va courir la Vuelta avec des jambes loin d’avoir été usées. C’est le point commun qui permet d’opérer ce parallèle entre Ezequiel Mosquera et Igor Anton : ils ont globalement eu la même approche tout au long de la saison, vouée à les aider à finir l’exercice en trombe.
La Vuelta des hommes frais ?
Ce qui nous pousse à les voir comme des candidats au podium final à Madrid, c’est qu’en 2010, les Grands Tours ont été exigeants. Sur la Grande Boucle, les coureurs qui sont passés par la case Giro ont souffert. Entre le Tour et la Vuelta, la période de récupération est encore moindre et pousse les éléments concernés à ne pas prendre part à la moindre compétition dans ce laps de temps. Igor Anton a par contre pu monter en puissance et prendre progressivement la température. Même chose pour Ezequiel Mosquera, qui vient de terminer deuxième du Tour de Burgos et semble parfaitement maîtriser sa condition. Un facteur important car au contraire du Tour de France et à l’image du Tour d’Italie, le Tour d’Espagne est une épreuve où les difficultés sont relativement éparpillées, ce qui la rend généralement sujette à des changements de hiérarchie en cours de route. Être capable d’afficher une certaine régularité peut beaucoup jouer dans la quête d’un excellent classement final.
Quand il y a quelques jours, Ezequiel Mosquera avait évoqué ses principaux adversaires pour cette Vuelta, celui-ci n’avait donc pas introduit les frères Schleck dans sa short list. Il faut dire que l’an dernier, les Luxembourgeois avaient abandonné à la mi-course. Fin connaisseur de l’épreuve, le Galicien sait très bien que les coureurs à la plus forte valeur intrinsèque ne seront pas forcément sur le podium au bout des trois longues semaines de compétition. Le seul souci avec lequel il devra composer, c’est la faiblesse de son équipe. Il fait avec depuis trois ans, et ne semble aucunement disposé à changer d’air à l’avenir, mais cela pourrait bien l’empêcher de briguer une place dans les trois. Par contre, Igor Anton aura bien du soutien chez Euskaltel-Euskadi, avec Beñat Intxausti, Egoi Martinez, Gorka Verdugo ou encore Amets Txurruka. Et si le Basque, profitant de l’absence de Samuel Sanchez pour enfin occuper un statut de leader sur un Grand Tour, faisait beaucoup mieux que sa 8e place de 2007 ?
Photo : Euskaltel & Xacobeo

Les favoris de la Vuelta
Le défi des frères Schleck
Nibali, Kreuziger, un fauteuil pour deux
Sastre y croit encore
Revoilà Rodriguez
Arroyo devra jouer des coudes
Anton et Mosquera : l’atout fraîcheur
Menchov, le dernier des Mohicans







