À la Cav’, à la Bennati, à la Vino ou à la Seigneur ?

Par Alexandre Philippon
Dimanche 25 juillet 2010 - 12:11
Longjumeau – Paris-Champs-Elysées. Dernière étape du Tour, toujours particulière. Dans un premier temps, ce sera l’occasion d’assister à des scènes légères, imprégnées du soulagement de coureurs exténués par trois semaines d’effort surhumain, sous une chaleur accablante. Pourquoi pas Andy Schleck trinquant au champagne avec Alberto Contador avant que celui-ci ne parcoure 10 kilomètres avec un maillot de l’équipe d’Espagne de football ? Puis ce sera l’entrée sur la plus belle avenue du monde : là, la fête est finie – avant de reprendre quelques minutes plus tard – et les équipes de sprinteurs s’attellent à ce qui sera leur dernière mission. Pour un sprint sans histoires ? Cela ne s’est pas toujours passé comme cela…
Le scénario probable : le non-sprint
L’an dernier, l’arrivée des Champs est marquée par deux choses. La première : la réalisation propose un plan de côté qui ne remplit absolument pas les attentes. Les téléspectateurs ne voient rien du sprint et leur spectacle est en quelque sorte gâché. Mais au moment de visionner l’arrivée de face, on se rend compte que de toute façon, il n’y avait pas grand chose à voir : Mark Renshaw mène un sprint absolument parfait et lance sur orbite Mark Cavendish sans que l’échec soit alors possible. Le Manx Express met plusieurs longueurs à ses rivaux et la vraie bataille a lieu un peu plus loin, avec un Thor Hushovd qui assure l’essentiel en terminant 6e. Cette place lui permet de conserver le maillot vert. Ce dimanche, il peut se passer exactement la même chose, à une différence près, Mark Renshaw n’est plus là. Mais Mark Cavendish peut néanmoins survoler le sprint et à distance, Alessandro Petacchi s’assurer le gain du classement par points.
Le scénario espéré : le sprint royal
2007. Une époque où Mark Cavendish ne connaissait pas encore le Tour de France. Les sprints étaient alors véritablement disputés et la hiérarchie jamais clairement dessinée. Lors de cette édition, 6 sprinteurs se présentent sur les Champs avec déjà au moins une victoire d’étape dans la musette : Robbie McEwen, Gert Steegmans, Thor Hushovd, Tom Boonen, Robert Hunter et Daniele Bennati. Sur la ligne, ils se départagent dans un mouchoir de poche. Le vainqueur se nomme Daniele Bennati, celui qui aura terminé l’épreuve avec le plus de fraîcheur. Il dispose ainsi de Thor Hushovd et d’Erik Zabel. Cette année, il est malheureusement presque impossible de vivre pareil scénario : les HTC-Columbia et les Lampre sont tellement supérieurs qu’un match à deux est attendu. Personne ne semble en mesure d’inquiéter Mark Cavendish et Alessandro Petacchi sur ce Tour de France.
Le scénario rêvé : le succès d’un puncheur
C’était en 2005 et c’était énorme. Alexandre Vinokourov sortait du tunnel du Louvre avec Fabian Cancellara et Bradley McGee. Tous trois de solides rouleurs, ils s’offrent une légère marge par rapport au peloton. C’était finalement le Kazakh qui tenait le plus longtemps et s’offrait une lutte magnifique face à des équipes de sprinteurs totalement décontenancées. L’alors coureur de T-Mobile résiste jusqu’au bout et réalise l’un des plus grands exploits de sa carrière. Le plus inattendu, à coup sûr. Et vu sa performance de l’étape de Revel, en deuxième semaine de ce Tour de France 2009, où il avait également surpris les sprinteurs à la faveur d’une attaque sur la côte de Saint-Ferréol, il ne serait pas étonnant que Vino tente à nouveau le coup. Mais sans pouvoir bénéficier de l’effet de surprise.
Le scénario impossible : l’échappée victorieuse
Eddy Seigneur est le dernier lauréat surprise sur les Champs. C’était il y a 16 ans, et aujourd’hui, il est toujours là, mais plus en tant que coureur – cela a fait 5 ans qu’il a rangé son vélo. Le Beauvaisien est désormais le responsable logistique de l’équipe Astana. Il se qualifie comme l’homme de confiance du Pistolero. Mais en pratique, c’est presque un garde du corps : il doit favoriser la progression de l’Espagnol avant les départs et après les arrivées. Veiller au respect de la distance entre les journalistes et le coureur, faire en sorte qu’il puisse être de retour à l’hôtel le plus rapidement possible pour mieux récupérer. Autant dire que ce dimanche, avec un Alberto Contador vainqueur de son 3e Tour, l’ancien champion de France aura du travail. Mais il connait bien les lieux : en 1994, il s’y imposait après être parti dès le deuxième tour du circuit, dépassant sur le fil Frankie Andreu pour signer ce qui restera peut-être le plus gros exploit de l’histoire des étapes du Tour de France disputées sur les Champs.
photo : arno big – flickr






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