A chacun son Morzine


A chacun son Morzine

Par Baptiste Bouthier
Dimanche 11 juillet 2010 - 11:01







Après un round d’observation sur les pentes de la Station des Rousses, les favoris du Tour de France devraient passer à la première phase de la bagarre dimanche, à l’occasion de la première étape de haute montagne et surtout de la première vraie arrivée au sommet, à Morzine-Avoriaz. Comme toujours, après une semaine de course, impossible de deviner qui sera le plus en jambes sur ces cols alpins. En revanche, on sait déjà que les favoris devraient avoir des approches tactiques très différentes. Velochrono les détaille.

Contador, pour voir

Très bien placé au général au matin de cette première étape de haute montagne, Alberto Contador a bien négocié la première semaine de course, et notamment l’étape des pavés. L’Espagnol, toujours grandissime favori à sa propre succession, pourrait faire un grand numéro dès cette première étape de montagne. Mais il n’est pas du genre à prendre le maillot jaune d’entrée, puis à le défendre, ce qui était plutôt la tactique préférée de Lance Armstrong.

On devrait plutôt voir Contador accélérer dans les derniers kilomètres de l’ascension, histoire de tester ses jambes et ses adversaires. Un coup pour voir, comme vers Andorre-Arcalis, l’an passé. De quoi déjà gagner quelques secondes, peut-être, mais même s’il est repris par plusieurs coureurs, ce n’est pas grave : il y aura encore beaucoup d’occasions de briller. La principale inconnue, en fait, du côté d’Astana, c’est de savoir jusqu’où Alexandre Vinokourov sera capable de suivre le rythme des meilleurs, et donc à quel point Contador est isolé ou non dans la haute montagne.

Armstrong, se rassurer avant tout

Contrarié depuis le départ, que ce soit par les faits de course (sa crevaison sur les pavés) ou d’autres affaires un peu embêtantes (l’affaire Landis), Lance Armstrong s’attaque dans une position affaiblie aux Alpes. Même si le coureur de Radio Shack s’est sans doute rassuré dans la montée des Rousses, le vrai test s’appelle Morzine-Avoriaz. D’autant que son équipe n’a pas forcément rassuré, Popovych et Klöden lâchant assez tôt, ce samedi, dans la montée finale.

Pour entourer l’Américain, il y aura quand même Janez Brajkovic et Levi Leipheimer, au moins. Une belle garde rapprochée, encore faut-il avoir un leader à la hauteur, et ce n’est pas forcément gagné d’avance. Deuxième du Tour de Suisse, Armstrong s’y était montré à un bon niveau en montagne, mais pas exceptionnel, se contentant de suivre. Une tactique qui sera encore la sienne vers Avoriaz : défendre, pour se rassurer, avant d’attaquer, s’il le peut, plus tard.

Andy doit oublier Frank

Andy Schleck est orphelin de son frère aîné Frank, avec qui il voulait tant mettre le feu à ce Tour de France. Mais cela fait déjà plusieurs jours, et le Luxembourgeois a eu le temps de se faire à cette idée. Idem, du côté de Saxo Bank, on a eu le temps de se réorganiser tactiquement. Débarrassée du maillot jaune, la formation danoise a placé Andy en leader unique, et l’excellent Jakob Fuglsang, qui va se faire un nom dans le grand public, dans le rôle du lieutenant de luxe.

Ce duo pourrait faire mal, avec bien sûr Schleck dans le rôle du killer. C’est sans doute l’un des seuls favoris qui pourrait opter pour l’offensive dès cette première étape alpestre, même si lui aussi est sorti en excellente position des pavés du Nord, en meilleure même que Contador. Mais on imagine mal le Luxembourgeois rester sagement dans le sillage de Contador jusqu’au sommet, alors…

Wiggins, Evans, la bonne vieille tactique

Depuis qu’il est devenu champion du monde, Cadel Evans a appris à gagner, mais aussi à attaquer, en tout cas plus souvent que par le passé. Bradley Wiggins a lui placé une accélération dans le Monte Grappa, sur le Giro, avant de se faire avaler par le peloton quelques kilomètres plus loin. Mais d’habitude, ces deux-là sont plutôt des adeptes du suçage de roues. Je suis, je suis, jusqu’à ce que je n’en puisse plus. Evans a usé et abusé de cette tactique, ce qui explique sans doute pourquoi il n’a jamais gagné un grand tour ; quant à Wiggins, c’est en se comportant ainsi qu’il a terminé quatrième de la grande boucle l’an passé.

Il n’y a aucune raison pour que le Britannique et l’Australien ne se comportent différemment sur les pentes de Morzine-Avoriaz. Le champion du monde a, qui plus est, deux bonnes excuses : il est d’abord très isolé au sein de son équipe BMC, dont il ne devrait assez vite rester plus personne à part lui ; et surtout, deuxième du général, il peut défendre un maillot jaune virtuel, qu’il n’aura pas trop de mal à ôter des épaules de Sylvain Chavanel. Pour l’Anglais, c’est encore plus simple : pas du tout grimpeur à la base, il ne peut espérer survivre qu’en suivant. Le voir passer à l’offensive serait une immense surprise.

Les inconnues Menchov et Basso

Denis Menchov et Ivan Basso sont deux inconnues pour ce Tour de France, mais pour des raisons diamétralement opposées. Le Russe n’a que très peu couru depuis le début de la saison, ce qui ne permet donc pas de l’évaluer. Double vainqueur de la Vuelta, et lauréat du Giro l’an passé, le coureur de la Rabobank n’a plus qu’un objectif : gagner le Tour. Mais avec si peu de courses dans les jambes, que vaudra-t-il vers Avoriaz ? Depuis le début du Tour, il y a quelques signes positifs : à l’aise sur les pavés, jamais piégé par les chutes, Menchov arrive frais et bien placé. Et bien entouré, avec Robert Gesink, impérial sur le Tour de Suisse. Méfiance.

Ivan Basso, c’est tout le contraire. Vainqueur du Giro, l’Italien participe à son premier Tour depuis 2005. Avec beaucoup d’appétit et d’ambitions, mais qu’en sera-t-il véritablement, lui qui n’a jamais affronté ni Contador, ni Schleck ? L’opposition avec le Russe se poursuit quand on regarde la première semaine du leader de la Liquigas : pas ménagé par les incidents, pas à l’aise sur les pavés, Basso est assez mal placé au matin de cette entrée dans les Alpes. Seul lui sait s’il en sortira bien plus haut. Ou s’il devra abandonner le leadership à son lieutenant Roman Kreuziger, qui n’attend que ça.

Sans oublier…

Carlos Sastre, Jurgen van den Broeck, Samuel Sanchez, Luis Leon Sanchez, Christophe Le Mével, Joaquin Rodriguez, Sandy Casar, Nicolas Roche, John Gadret, Rein Taaramae ou Michael Rogers.

Photo : Brad2021hk Flickr









Agenda Cyclisme

actu cyclisme  Tour Med : La liste des partants
actu cyclisme  Le soleil, la mer et 17 men in black
actu cyclisme à ne pas louper  Feillu : « Pas évident de faire aussi bien ! »
actu cyclisme  Vidéo - Boonen remet ça au Qatar
actu cyclisme à ne pas louper  Le mari de Jeannie Longo en garde-à-vue
actu cyclisme  Coppel : « Je ne m’enflamme pas »
actu cyclisme à ne pas louper  Laengen : « Je sais ce que je veux »
actu cyclisme  Vidéo - Cavendish débloque le compteur au Qatar
actu cyclisme  Vidéo - Fenn s’offre le Trophée Migjorn
actu cyclisme à ne pas louper  Cavendish, l’arc-en-ciel victorieux
actu cyclisme  « Que Pierre se sente bien dans sa tête »
actu cyclisme à ne pas louper  Roux : « Il faut prendre sur soi »
actu cyclisme  Velochrono vous répond
actu cyclisme  Vidéo - Garmin, droit devant au Qatar
actu cyclisme à ne pas louper  Qui est Andrew Fenn ?

Agenda Cyclisme

  Étoile de Bessèges - 1e au 5 février
    www start-list vidéos
   #1 N. Bouhanni - #2 M. Kittel - #3 P. Rolland
   #4 M. Marcato - #5a S. Poulhiès - #5b J. Coppel
   J. Coppel


  Tour du Qatar - 5 au 10 février
    www start-list vidéos
   #1 T. Boonen - #2 Garmin-Barracuda - #3 M. Cavendish
   #4 T. Boonen

  Challenge de Majorque - 5 au 8 février
    www vidéos
   #Palma A. Fenn - #Migjorn A. Fenn
   #Deia L. P. Nordhaug


  Tour Med - 9 au 12 février
    www start-list

calendrier du mois


Tous les maillots des équipes cyclistes 2012



Transferts cyclisme

forum cyclisme

 Le mari de Jeannie Longo en garde-à-vue (20)
 Feillu : « Pas évident de faire aussi bien ! » (6)
 Boonen remet ça au Qatar (14)
 Le soleil, la mer et 17 men in black (2)
 Tour Med : La liste des partants (12)
 « Que Pierre se sente bien dans sa tête » (42)