134 kilomètres à tenir pour Scarponi

Par Alexandre Philippon
Lundi 15 mars 2010 - 7:30
Si les coureurs de Tirreno-Adriatico veulent encore en découdre, c’est maintenant. Cette sixième étape est à nouveau propice aux écarts, mais la septième et dernière sera elle une procession. Le juge de paix, c’est donc Macerata. Une nouvelle fois, le parcours sera un classique de la Course des Deux Mers, à ceci près que l’étape est ici vraiment très courte, avec 134 km au programme, ce qui devrait rendre la course encore plus nerveuse. Après 75 kilomètres de plat puis un premier passage sur la ligne d’arrivée, les coureurs entameront un circuit de 19,1 km parcouru à trois reprises. Avec deux bosses, dont la montée finale vers Macerata, il parait bien difficile ; et la montée finale devrait encore une fois plaire aux puncheurs.
Un circuit décisif
Bien que long, ce circuit est intéressant parce que les difficultés y sont concentrées. Les 12 premiers kilomètres sont en descente puis plats, avant sept derniers kilomètres bien compliqués : d’abord une première bosse de 1 500 mètres à 9,4 % de pente moyenne, puis un faux-plat descendant de 2,5 km avant la montée finale vers Macerata. Cette bosse n’est d’abord qu’un difficile faux-plat montant, autour de 5 % sur deux kilomètres. Puis la route s’élève brusquement dans le dernier kilomètre, la pente dépassant les 10 %. Pour le dernier tour de circuit, au moment de l’arrivée donc, les coureurs poursuivront 300 mètres de plus, à 6 %, jusqu’à la Piazza della Libertà. C’est là que l’on saura qui va remporter ce Tirreno-Adriatico.
Scarponi et Garzelli aux prises, comme l’an passé
Actuellement leader de l’épreuve, Michele Scarponi dispose d’une faible avance, mais qui pourrait s’avérer suffisante, la course italienne se jouant toujours à un rien. Mais dimanche, on a vu le coureur d’Androni Giocatolli coincer dans le mur final, diminué par une chute, quand il a fallu réagir aux offensives de Stefano Garzelli, Maxim Iglinskiy et Cadel Evans. Trois coureurs qui sont désormais ses trois poursuivants au classement général, à 10, 15 et 18 secondes. Tant de menaces pour le tenant du titre, qui va devoir répondre aux attaques s’il souhaite faire le doublé, malgré les douleurs. Stefano Garzelli est sans doute le plus dangereux du lot, car Tirreno-Adriatico, c’est son objectif de la saison, à côté d’un Tour d’Italie où il peut surtout chasser les étapes. Deuxième l’an passé, derrière… Scarponi, il est plus rapide que l’actuel leader, et peut gagner à Macerata, lundi, si personne n’arrive à se faire la belle.
Evans, trop grosse pancarte ?
Maxim Iglinskiy, c’est la régularité même. Il n’a encore jamais déçu depuis le début de saison, et reste sur deux places consécutives qui l’ont amené sur le podium provisoire. Lui aussi est bon au sprint, et puissant dans un dernier kilomètre, comme il l’a montré, il y a une bonne semaine, sur la Montepaschi. En revanche, Cadel Evans va devoir user ses adversaires pour espérer s’imposer. La répétition des efforts sur un circuit, il connait : il est champion du monde. Il n’est pas à 100% mais en battant qu’il est, il ne voudra pas prendre le départ mardi en considérant qu’il n’a pas assez tenté la veille. Car depuis quelques mois maintenant, l’Australien sait se montrer offensif, et cela lui réussit beaucoup. Sauf qu’avec son maillot arc-en-ciel, on le repère dans un peloton, et lundi, on n’hésitera pas à prendre sa roue et à y rester, comme s’il était l’homme à suivre. Sera-ce la tactique de Michele Scarponi ?

crédit infographie : gazzetta – crédit photo : sky







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